Le nouveau patron d’ArianeGroup a assuré que la fusée Ariane 6 serait disponible pour lancer les satellites militaires allemands et mis en garde les Européens contre le choix de SpaceX d’Elon Musk qui pourrait menacer « l’accès souverain à l’espace », dans une interview publiée jeudi.
Interrogé pour savoir si Ariane pouvait assurer la capacité européenne alors que l’armée allemande compte envoyer à elle seule 47 satellites d’ici à 2029, Christophe Bruneau a qualifié ces craintes de « fake news » dans un entretien conjoint aux quotidiens économiques français les Echos et allemand Handelsblat.
« Il y aura de la disponibilité à partir de 2028. Ariane 6 a été créé pour garder une autonomie d’accès à l’espace des Européens, donc aussi des Allemands », a-t-il déclaré.
Alors que l’équipe d’Ariane prévoit de doubler ses lancements en 2026 à « 7 à 8 » pour arriver ensuite à une dizaine par an, Ariane 6 peut « mettre avec un tir, plus de 30 satellites pour une constellation en orbite basse. C’est ce que nous faisons actuellement pour la constellation d’Amazon », a-t-il détaillé.
Face à des « prix cassés » proposé par Elon Musk en Europe, « nous demandons une préférence européenne pour les lancements institutionnels en Europe », a-t-il ajouté.
« Demain, si notre concurrent américain décide de ne pas lancer untel ou untel, il fermera le robinet! C’est ce que représente la valeur d’Ariane 6: une voie indépendante pour lancer des satellites pour la recherche, les télécoms mais aussi le militaire. L’accès souverain à l’espace vaut de l’or », a martelé le patron d’ArianeGroup.
Tout en déclarant que réduire les coûts était « une de ses priorités », il a souligné la capacité d’Ariane de mettre des satellites sur orbite « avec une précision d’horloger suisse » ce qui permet d’économiser du carburant et de prolonger la durée de vie du satellite.
Christophe Bruneau qui a la double nationalité française et allemande, et a fait une bonne partie de sa carrière en Allemagne, a également souligné qu’il souhaitait « renforcer l’adhésion allemande » à ArianeGroup, coentreprise entre Airbus et Safran, jugée « trop française ».
Une participation de l’Etat allemand dans son capital n’est toutefois « pas sur la table », a-t-il dit.
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