El Niño a égalé un record d’intensité, a affirmé lundi à l’AFP l’un des spécialistes du sujet en utilisant l’une des deux mesures utilisées par la communauté scientifique, alors que l’influence de ce phénomène météorologique se fait déjà dramatiquement sentir à travers la planète.
L’anomalie de température des eaux de surface dans le Pacifique équatorial atteint désormais 3,07°C, soit autant que le record du phénomène 2015-2016, a affirmé à l’AFP Zeke Hausfather, climatologue à l’institut indépendant Berkeley Earth, aux Etats-Unis.
Si ce chiffre est tiré d’une méthode aujourd’hui délaissée par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), principale institution américaine, il montre l’extrême intensité de ce phénomène 2026-2027, dont le pic est attendu en décembre.
El Niño a déjà provoqué des conditions climatiques extrêmes partout dans le monde. En Amérique centrale, une sécheresse – la pire de mémoire d’habitants – provoque champs arides, récoltes en baisse, pertes de bétail et manque de nourriture pour les populations locales.
Il a aussi perturbé le fonctionnement du Canal de Panama, la pêche d’anchois au Pérou et dopé des incendies en Indonésie.
Le mois de septembre « a de fortes chances d’avoir les plus hautes anomalies jamais enregistrées, à moins qu’il ne se passe quelque chose d’exceptionnel » d’ici la fin du mois, précise Zeke Hausfather.
Son estimation est issue des relevés de balises marines de la NOAA.
Cette dernière utilise depuis le début 2026 une autre méthode de calcul.
L’Old Oceanic Nino Index (ONI), utilisé par Zeke Hausfather, compare la température d’une zone du Pacifique (centre-est) à la moyenne sur 30 ans. Mais, puisque les océans se réchauffent rapidement, cette moyenne sur 30 ans est de moins en moins adaptée.
La nouvelle méthode, le Relative Oceanic Nino Index (RONI), compare l’anomalie de température de la zone au reste des tropiques. Une méthode « plus claire et plus fiable » pour suivre El Niño et La Niña en temps réel, justifie la NOAA.
Selon cette dernière technique, les chiffres sont aujourd’hui plus bas, encore en dessous des records.
Mais début septembre, la NOAA estimait à 75% les chances que le phénomène de cette année devienne le plus puissant jamais enregistré.
Le réchauffement des eaux de surface provoqué par El Niño modifie toute la météo et les vents au-dessus du Pacifique, ce qui, par effet domino, affecte les précipitations et les températures du globe.
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