Le président de la région Centre-Val de Loire François Bonneau (PS) a critiqué lundi le projet d’implantation d’un grand centre de données Google près de Châteauroux qui suscite l’opposition de riverains, dénonçant en particulier son impact environnemental.
En l’état, le projet « je ne le soutiens pas », a déclaré à l’AFP M. Bonneau, tout en assurant « être très respectueux » de la concertation préalable qui se tiendra en novembre et décembre sous l’égide de la Commission nationale du débat public, avec Google et le gestionnaire du réseau électrique RTE.
Dans une zone d’activités à Étrechet (Indre), le géant américain des technologies souhaite faire construire sur 195 hectares huit à dix bâtiments remplis de serveurs informatiques pour stocker des données numériques. A la clé, la perspective de créer plus d’un millier d’emplois.
Défendu par plusieurs élus, le projet rencontre des oppositions: récemment, la maire d’Étrechet Florence Laurent, et quatre membres de son équipe, ont démissionné en signe de protestation.
M. Bonneau critique en particulier l’emprise foncière du projet alors que les terrains disponibles pour l’activité industrielle sont « limités », ainsi que la consommation d’électricité d’un centre de données de cette taille. Il générera « un besoin d’énergie électrique extrêmement important », souligne-t-il, en évoquant aussi la construction de nouvelles infrastructures.
Le président de la région Centre-Val de Loire pointe également « les enjeux de souveraineté » s’inquiétant que les données soient stockées à grande échelle « dans des silos à la main des États-Unis ».
Pour François Bonneau, « il est impératif de prendre en compte l’avis des populations concernées et de leurs élus ». Il assure d’ailleurs que « la Région « entend participer au débat ».
Un collectif de citoyens « Ozans dire non » a recueilli près de 16.000 signatures pour réclamer l’abandon du projet.
La mise en service d’un premier bâtiment avec un raccordement au réseau électrique est envisagée à partir de 2028-2029, selon les éléments présentés par la Commission nationale du débat public (CNDP).
L’alimentation électrique du centre de données nécessitera d’importants travaux, avec des liaisons souterraines à 225.000 volts et, à terme, une seconde ligne aérienne de 400.000 volts sur plus de dix kilomètres.
Le maire de Châteauroux, Gil Avérous (LR), défend lui l’implantation du centre de données qu’il considère notamment comme une opportunité économique. « Il y a des interrogations et il faut qu’on y apporte des réponses claires, fermes et engageantes », a cependant aussi reconnu Gil Avérous.
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