Le réchauffement climatique va, lors des prochaines décennies, exposer les personnes âgées à une hausse des températures encore plus dangereuse que prévu, avance mardi une étude publiée dans le Lancet Planetary Health.
Les résultats de ces modélisations, réalisées par des chercheurs américains de l’université de Stanford, prennent une actualité particulière alors que l’Europe et l’Amérique du Nord vivent un été exceptionnellement chaud.
La France, notamment, a été l’un des pays les plus frappés par des chaleurs anormales avec plusieurs canicules, dont l’une d’une ampleur sans précédent fin juin pour une surmortalité estimée à plus de 6.000 décès.
Les chercheurs de Stanford ont cherché à établir à quel point le réchauffement climatique allait exposer les personnes âgées à des niveaux intolérables de températures d’ici à 2100.
Ce champ de recherche est déjà bien couvert. Mais, préviennent les chercheurs, les précédentes études semblent avoir nettement sous-estimé les risques encourus par les personnes âgées, car elles se basaient sur des connaissances en partie obsolètes.
En cause, un indicateur crucial: la température humide. Comme son nom l’indique, il prend non seulement en compte le degré de chaleur lui-même mais aussi celui d’humidité, car la même température est nettement plus dangereuse quand elle est associée à un temps plus humide.
Or, les risques liés à un niveau donné de température humide ont, pendant longtemps, été mesurés sur des personnes jeunes et en bonne santé. Des recherches plus récentes, impliquant des personnes plus âgées, montrent que les dangers pour ces dernières avaient été sous-estimés.
En intégrant ces nouvelles connaissances, puis en les croisant avec des modélisations prenant en compte le vieillissement attendu de la population mondiale au cours des prochaines décennies, les auteurs ont conclu qu’une « chaleur intolérable frappera beaucoup plus de gens qu’estimé auparavant, à une échelle bien supérieure et pendant des durées plus longues ».
A titre d’exemple, si d’ici 2100 le monde se réchauffe de 1,5°C par rapport à l’époque pré-industrielle, 22% des personnes de plus de 60 ans seront alors exposées chaque année à une chaleur dangereuse pendant plus d’un mois, selon ces modélisations dont les résultats restent dépendants de divers choix méthodologiques.
Les auteurs soulignent que les pays les plus à risques sont ceux où de larges pans de la population n’ont pas les moyens de se protéger de la chaleur. Ils appellent à la fois à des mesures pour faciliter l’accès à des outils comme la climatisation, et à réduire les émissions de carbone.
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !