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Les éoliennes en mer transforment l’environnement marin, selon un rapport

Posté le par AFP

Les éoliennes en mer transforment l’environnement marin mais les connaissances restent encore limitées sur de nombreux aspects de leurs effets sur la biodiversité, selon une expertise scientifique collective présentée lundi.

Menée par l’Ifremer et le CNRS, cette constitue « l’état des lieux le plus complet à ce jour » sur le sujet, a assuré Thierry Dauxois, PDG du CNRS au cours d’une conférence de presse.

Vingt-cinq experts ont planché sur ce rapport de plus de 1.000 pages en analysant un corpus de 411 articles scientifiques. « On n’a rien laissé de côté », a assuré Cédric Bacher, chercheur à l’Ifremer.

Les scientifiques ont listé dix « pressions » exercées par les éoliennes en mer, du bruit, aux collisions avec les oiseaux en passant par la modification de l’habitat des poissons et autres crustacés.

Les fondations d’éoliennes créent par exemple un « effet récif », bien documenté, en attirant de nombreuses espèces marines qui viennent les coloniser. L’un des articles analysé fait état d’une à deux tonnes de moules agglutinées sur la base immergée d’une seule éolienne dans un parc belge.

« Ces moules sont entourées par tout un ensemble d’espèces, ce qui forme une nouvelle communauté, avec des anémones, des crabes, mais aussi des poissons qui viennent s’en nourrir », a décrit Nathalie Niquil, directrice de recherche en écologie marine au CNRS. « Tout ceci nous laisse penser qu’il y a un changement à l’échelle de l’ensemble de l’écosystème ».

Autres pressions aux effets bien documentés: le risque de collision avec les oiseaux marins ou la modification du comportement des marsouins et des poissons, à cause du bruit émis lors de la construction des éoliennes.

« La biodiversité se transforme du fait des parcs éoliens, mais aussi du fait que les parcs éoliens sont dans un paysage déjà transformé », a souligné M. Bacher. « Les transformations sont durables, elles sont vraisemblables dans l’hypothèse d’un déploiement massif à long terme de l’éolien en mer. »

À horizon 2050, la France s’est fixée pour objectif d’atteindre 45 gigawatts (GW) d’éolien en mer, contre 2 GW actuellement.

Les scientifiques ont adopté une position neutre sur les effets documentés, refusant de les qualifier de positifs ou négatifs, un même effet pouvant « être interprété différemment selon le contexte », selon Mme Niquil.

Ils ont en outre pointé les nombreuses lacunes de la littérature scientifique sur certains domaines peu étudiés (émissions chimiques, la lumière artificielle, etc.) et quant aux effets cumulés, à long terme et à grande échelle des éoliennes.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »


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