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L’ESA estime à 10 milliards d’euros le coût de son indépendance spatiale

Posté le par AFP

Le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, a chiffré mercredi à 10 milliards d’euros sur 10 ans l’investissement nécessaire à l’Europe pour obtenir son indépendance spatiale.

« Serons-nous des passagers ou des pilotes ? », a interrogé le dirigeant, dans un discours aux ministres européens de l’espace présents au sommet spatial de Paris.

Si l’Europe s’engage plus avant dans la voie de l’exploration spatiale, l’ESA chiffre l’investissement nécessaire à « environ un milliard d’euros par an pendant dix ans ».

Mais si l’Europe refuse de s’engager, cela aurait également un coût, que l’ESA estime à environ 5 milliards d’euros.

« La dépendance a un coût. L’achat de vols (…) auprès de prestataires étrangers coûterait 5 milliards d’euros sur dix ans, la majeure partie de cette somme allant à l’industrie étrangère, et nécessiterait l’autorisation de voler hors du contrôle de l’Europe », ajoute le responsable.

« Nous ne partons pas de zéro (…) mais l’écart entre l’Europe et les leaders mondiaux de l’espace s’agrandit, à la fois financièrement et technologiquement », a souligné le directeur général Josef Aschbacher.

« L’Europe doit déterminer précautionneusement la marche qu’elle entend suivre », a-t-il déclaré.

Le directeur général a ensuite imaginé les deux options possibles: d’un côté, des astronautes de l’ESA, à bord d’un vaisseau européen lancé depuis le territoire européen, qui partent rejoindre une station spatiale construite grâce aux technologies européennes.

« Là, des Européens travaillent aux côtés de collègues du monde entier pour mener des recherches qui ouvrent de nouvelles perspectives ici sur Terre, grâce aux capacités européennes en matière de transport, de navigation et de communication. Le vaisseau spatial revient sur Terre avec des découvertes scientifiques et des opportunités commerciales qui attirent les talents dont l’Europe a besoin pour assurer sa compétitivité future ».

De l’autre, des « astronautes européens (qui) ne peuvent voler que lorsque d’autres leur cèdent une place et – si tant est qu’il y en ait une – à des tarifs fixés par des prestataires étrangers. Les scientifiques européens attendent qu’on leur accorde l’accès à des laboratoires orbitaux étrangers. Les chercheurs et les astronautes européens dépendent des infrastructures, des moyens de transport et des priorités étrangères pour mener à bien leurs travaux », détaille-t-il.

Le directeur général de l’ESA a rappelé que de nombreux pays dans le monde se sont lancés à un rythme effréné dans des projets d’exploration (Japon, Corée du Sud, Australie, Emirats Arabes Unis, Inde), citant l’objectif américain de procéder à 1000 lancements et réentrées atmosphériques par an à l’aune de 2030, soit trois à quatre par jour.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »


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