Les opposants à la ligne aérienne à très haute tension entre Gard et Bouches-du-Rhône ont écrit au président Emmanuel Macron, lui demandant d’envisager une « solution alternative » au projet et revendiquant le soutien de plus de 140 élus du territoire, selon une copie du courrier transmise samedi à l’AFP.
Dans cette lettre, datée du 8 octobre, le collectif THT 13/30 demande de pouvoir présenter « personnellement » au chef de l’Etat la « solution alternative » qu’il défend, et qui passe par un enfouissement partiel de la ligne prévue entre Jonquières (Gard) et la zone industrio-portuaire de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Le projet actuel, défendu par RTE, prévoit l’implantation sur 65 km de 145 pylônes de 40 à 60 m de haut à travers notamment le parc naturel de Camargue.
Cette « solution gagnant-gagnant, construite avec le territoire, ses acteurs et ses élus » doit « permettre à l’État d’atteindre ses objectifs de décarbonation et de réindustrialisation de la zone Fos-Berre-Provence, tout en préservant les équilibres environnementaux, agricoles et touristiques qui font la richesse et la singularité de nos territoires », écrivent les opposants à la ligne aérienne.
À contrario, « un rapport de force, déclenché par une procédure de Déclaration d’Utilité Publique (DUP) conduirait inévitablement à une logique perdant/perdant: contentieux durables, images de charges des forces de police contre les citoyens, montée des extrêmes et politisation accrue du débat à l’approche de l’élection présidentielle », estiment-ils.
Ils adressent également au président Emmanuel Macron le « serment des élus pour l’avenir de la Camargue, de la Crau et de la Terre d’Argence », par lequel plus de 140 élus, maires, députés, sénateurs, conseillers départementaux et municipaux, anciens ministres, et les représentants des présidents des régions Sud et Occitanie appellent l’État à « ouvrir un dialogue (…) » pour « concilier décarbonation, réindustrialisation, souveraineté énergétique, agriculture, préservation de l’environnement et protection des patrimoines ».
Ce « serment des élus » avait été signé le 19 septembre dernier par des politiques de tous bords lors d’un rassemblement au théâtre antique d’Arles qui avait réuni plus de 2.500 personnes.
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