Le Venezuela a autorisé la commercialisation des services d’internet par satellite de Starlink sur son territoire, près de dix mois après la capture par l’armée américaine du président Nicolas Maduro, qui critiquait régulièrement le propriétaire de la société Elon Musk.
Bien que Starlink se soit jusqu’à présent abstenue de commercialiser ses services au Venezuela, 3,6 % des internautes du pays utilisent déjà ces équipements de manière irrégulière, selon l’Apnic, un organisme international d’enregistrement des adresses internet.
La Commission nationale des télécommunications du Venezuela (Conatel) a indiqué ce vendredi qu’elle avait accordé sept concessions à la société SPACEX VZ pour opérer avec cette technologie sur son territoire.
« Avec cette mesure, la prestation du service d’internet par satellite de la marque Starlink est légalement autorisée sur l’ensemble du territoire national », a indiqué Conatel dans un message sur Instagram.
Avant sa capture lors d’une opération militaire des États-Unis en janvier, Maduro s’en prenait régulièrement à Musk dans ses discours et un dessin animé de propagande représentait le magnat sud-africain comme un être démoniaque.
Lors de la répression post-électorale de la présidentielle de 2024 dont Maduro avait été déclaré vainqueur malgré les protestations de l’opposition, les autorités avaient arrêté des personnes qui commercialisaient des antennes Starlink.
La société satellitaire avait annoncé de façon inattendue, le 4 janvier, qu’elle offrait un mois de service au Venezuela, après la capture de Maduro.
Elle a de nouveau offert ses services gratuitement après le double séisme qui a frappé le nord du Venezuela le 24 juin, afin de permettre les communications à La Guaira, la zone la plus touchée. La Guaira, située à 40 km de Caracas, s’est retrouvée sans internet ni communication téléphonique après les tremblements de terre.
L’absence de Starlink dans le pays s’expliquait par les sanctions de Washington contre le Venezuela et « la nécessité pour (Starlink) de se protéger face à la réglementation américaine », selon Andrés Azpurua, directeur de VE Sin Filtro, une ONG dédiée à la défense des droits numériques.
Après la chute de Maduro, les dirigeants de Starlink « ont estimé qu’ils n’auraient plus de problèmes du côté des États-Unis et ont commencé à avancer plus ouvertement au Venezuela. Mais le problème réglementaire local persistait », a expliqué Azpurua.
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