« L’introduction de la préférence européenne dans les secteurs industriels stratégiques est une rupture majeure », mais « ce n’est qu’un premier pas car le compte n’y est pas » pour la France, a déclaré mercredi le ministère de l’Économie, dans un communiqué adressé à l’AFP.
Les propositions de la Commission européenne en faveur du « Made in Europe », dévoilées mercredi, ne sont « pas encore suffisamment protect[rices] de nos intérêts », a estimé le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, appelant à ce que « les avantages donnés à ceux qui produisent en Europe » soient « clairement renforcés ».
« Nous allons nous battre, avec nos homologues européens pour muscler le texte, et répondre aux attentes de nos industriels et de nos salariés », a encore déclaré le ministre dans un communiqué commun avec le ministre de l’Économie, Roland Lescure.
« Il ne peut y avoir de demi-mesures. Il faut être à la hauteur du moment géopolitique que nous vivons. La France continuera de porter, notamment au sein du Conseil européen et du Parlement européen, une ligne claire, qui assume la souveraineté industrielle du continent », ont estimé les ministres Sébastien Martin et Roland Lescure.
La loi dite d' »accélération industrielle » a été présentée mercredi par la Commission européenne et doit encore être approuvée par les États membres et le Parlement européen.
Portée par le vice-président de la Commission européenne Stéphane Séjourné, elle vise à préserver et décarboner des filières clés de l’industrie européenne qui, à l’image de l’automobile, craignent d’être balayées par la concurrence chinoise, alors qu’elles se débattent déjà avec la transition écologique et les prix élevés de l’énergie.
« C’est plus qu’un simple changement de mode opératoire, c’est un changement de doctrine encore impensable il y a seulement quelques mois », a déclaré M. Séjourné mercredi, qui a pour objectif de « ramener l’industrie à 20% du PIB européen d’ici 2035, contre 14% aujourd’hui ».
cda/ak/LyS
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