Le parquet américain a fait état d’échanges fréquents entre un membre de la famille royale saoudienne et l’ingénieur d’OpenAI accusé d’avoir caché un micro dans une salle de réunion, afin d’obtenir son maintien en détention, examiné lundi à San Francisco.
Abdulrahman Alfozan, un Saoudien de 35 ans employé depuis 2025 par le créateur de ChatGPT, n’est poursuivi que pour « interception de communications », un délit passible de cinq ans de prison, et non pour espionnage. Mais le chef du renseignement américain et le directeur du FBI ont présenté l’affaire comme un enjeu de sécurité nationale, et l’enquête « pourrait déboucher sur des chefs d’accusation supplémentaires graves », écrivent les procureurs dans un mémoire rendu public dans la nuit de dimanche à lundi.
Son comportement représente « une source d’inquiétude pour la sécurité nationale des États-Unis », estiment-ils. L’accusation ne tranche pas sur le mobile, évoquant la volonté de « s’enrichir en améliorant ses propres perspectives professionnelles, ou aider un gouvernement étranger, ou les deux ».
Le membre de la famille royale, non nommé, a tenté à plusieurs reprises de recruter l’ingénieur pour une initiative saoudienne d’IA, selon le parquet. « L’Arabie saoudite a plus besoin de toi que les États-Unis ! », lui a-t-il écrit en mai sur WhatsApp. Abdulrahman Alfozan a répondu « 100 » (comme 100%) en signe d’accord, selon l’accusation.
Présenté en septembre dans une vidéo comme le seul employé saoudien d’OpenAI, il est décrit dans un témoignage versé au dossier par la défense comme un pilier de la communauté des étudiants et des professionnels saoudiens de la Silicon Valley.
Il avait aussi postulé au programme « 2030 Leaders » de la fondation Misk, liée au prince héritier Mohammed ben Salmane, et le parquet invoque cette candidature pour illustrer ses projets dans le royaume.
L’ingénieur devait s’envoler le 12 octobre pour Riyad avec un billet aller simple, que l’accusation met en avant pour faire valoir un risque de fuite.
En réponse, son avocat, William Pernik, fait valoir que 70 % des billets achetés par son client depuis 2021 étaient des allers simples. Il mentionne aussi un entretien de naturalisation américaine prévu le 6 novembre.
Sa femme et leur bébé sont partis le 10 octobre, au lendemain de son arrestation, avec des billets payés par un responsable militaire saoudien, affirme encore le parquet, qui souligne l’absence de traité d’extradition entre les deux pays.
La défense, qui demande sa remise en liberté, a produit une lettre du consulat saoudien de Los Angeles, prêt à payer toute la caution et à ne lui délivrer aucun document de voyage, ainsi que 54 lettres de soutien.
L’audience doit se tenir à 11H00 (18H00 GMT) devant un juge fédéral de San Francisco.
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !