Le TGV de nouvelle génération, inauguré vendredi par le constructeur Alstom et la SNCF, est un « nouveau concept », « plus humain », plus « technologique » et mieux adapté aux changements du climat, selon le PDG de la SNCF Jean Castex.
Pensé pour durer un demi-siècle, le train et ses innovations ne portent pas sur de nouveaux records de vitesse contrairement à ses prédécesseurs (il monte à 320 km/h), mais sur sa sobriété, ses économies d’énergie, son autonomie et son accessibilité.
– Fabriqué en France
Onze usines françaises d’Alstom ont participé à la conception et à la réalisation de ce train, dont le programme a été lancé en 2016.
Les voitures sont fabriquées dans l’usine de La Rochelle, les motrices à Belfort, d’autres moteurs à Ornans, les bogies (chariots sur lesquels sont fixés les essieux) au Creusot, l’électronique à Villeurbanne. Les usines de Tarbes, Saint-Florentin, Petit-Quevilly, Toulouse, Valenciennes et Saint-Ouen ont aussi participé.
– Passagers
Chaque rame peut accueillir jusqu’à 740 passagers (en 2e classe et sans wagon-bar).
Sur Paris-Marseille, chaque rame compte 573 places, contre 509 dans la génération précédente. 22 % sont en première classe.
« Le prix du billet ne sera pas plus élevé » que l’on voyage dans le nouveau TGV ou dans un plus ancien, a assuré la SNCF.
– Commandes, livraisons
La SNCF compte actuellement 360 TGV, Eurostar, société contrôlée à 55 % par la SNCF, 51, et Ouigo Espagne, exploitée par la SNCF, 16.
L’entreprise publique a commandé 160 TGV de nouvelle génération, dont 100 pour le marché domestique. Ils doivent être livrés au rythme de 15 à 20 par an.
Chaque unité coûte « environ 35 millions d’euros », soit quelque 5 milliards au total, « entièrement financés par la SNCF » sans subvention, a souligné M. Castex.
Le nouveau modèle a aussi été acheté par le Maroc et par Velvet, future concurrente de la SNCF dans l’ouest de la France.
– Lignes exploitées
Les six premiers trains livrés seront « déployés progressivement » sur l’axe sud-est, d’abord sur Paris-Marseille puis sur Paris-Nice via Marseille d’ici fin novembre. Ils desserviront également les Alpes à compter de début 2027, a indiqué Jean Castex.
Début 2027, la SNCF exploitera 12 rames.
« Nous remplaçons d’abord les rames les plus anciennes. Les rames Océanes sont les dernières arrivées en 2020 et 2021 et ne seront pas remplacées immédiatement », a-t-il ajouté.
– Energie, CO2
Peint en blanc pour réfléchir les rayons solaires, il consomme 20 % d’énergie de moins (éclairage led automatique, climatisation intelligente…) et émet 32 % de CO2 de moins que les précédentes générations de TGV à deux étages.
Il est composé de 25 % d’éléments recyclés, et est lui-même recyclable à 97 %.
La climatisation peut supporter des températures extérieures supérieures à 50°C.
Le train est équipé de batteries qui lui permettent de voyager en autonomie et de maintenir climatisation ou chauffage en cas de rupture de caténaire.
– Convivialité
Le bar à deux étages propose 28 places assises en balcon, et un self-service au rez-de-chaussée.
Après des essais l’été dernier, la SNCF a changé la signalétique pour tenter d’améliorer la fluidité des déplacements, et ajouté la présence d’un « ambassadeur » chargé de faire réchauffer certains plats.
– Aménagement intérieur
Sièges et couloirs sont recouverts d’une toile en jersey de laine, bleue en seconde classe et rose en première, présentée comme anti-feu, facile d’entretien et confortable.
Les sièges permettent de ranger des bagages dessous, apprécie Zoé Murugasu, parisienne habituée aux TGV vers Marseille.
Mais pas de porte-bagages en hauteur, les valises sont dans un espace bagage à la sortie de chaque voiture.
Chaque train peut accueillir huit vélos, contre deux actuellement.
– Accessibilité
Ce TGV est le premier à avoir été conçu avec des associations de personnes en situation de handicap.
Les voyageurs en fauteuil roulant pourront embarquer sans assistance dans les voitures 3 et 13 grâce à un « comble-lacune », assurant la continuité avec le quai, et une plateforme élévatrice pour franchir les quelques marches menant au couloir.
Pour les familles, l’espace entre les sièges « permet le passage d’une poussette » d’un modèle étroit, et la table à langer est « confortable » avec des « rebords importants », constate Estelle Colon, maman d’Arthur, dix mois, à bord du trajet inaugural.
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