Quatre anciens employés de Southern Water, une compagnie des eaux britannique, dont son ex-directeur général Matthew Wright, ont été inculpés au Royaume-Uni, et risquent la prison, accusés d’avoir manipulé certains contrôles pour faire apparaître leur entreprise moins polluante qu’elle ne l’était en réalité.
Pointées du doigt pour avoir trop peu investi dans un système d’égouts obsolète, les compagnies des eaux britanniques, privatisées depuis 1989, sont sous le feu des critiques depuis des années en raison du déversement d’importantes quantités d’eaux usées dans les cours d’eau et en mer.
Les enquêteurs reprochent aux mis en cause d’avoir truqué entre 2012 et 2017 les contrôles de certaines stations d’épuration pour tromper les régulateurs sur leur conformité environnementale, selon un communiqué de l’Agence pour l’environnement (Environment Agency).
« Le complot en vue de frauder est une infraction passible d’une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement », précise le communiqué de cet organisme public. L’affaire sera jugée par le tribunal de première instance de Medway (est de l’Angleterre).
A l’issue d’une enquête complexe et d’un contentieux devant la Haute Cour de Londres, les autorités britanniques ont finalement obtenu mercredi le feu vert de la justice pour poursuivre les ex-employés.
Le système d’auto-surveillance par les compagnies des eaux, que Southern Water est accusée d’avoir manipulé, impose aux entreprises de prélever des échantillons dans leurs stations de traitement des eaux usées et d’en communiquer les résultats à l’Environment Agency.
Southern Water fera elle aussi l’objet de poursuites séparées pour violation de permis environnementaux, liés aux mêmes faits.
Trois autres personnes seront également poursuivies pour des infractions liées au non-respect de permis environnementaux, précise l’agence publique.
La majorité travailliste au pouvoir a amorcé une vaste réforme du secteur. Elle a notamment légiféré pour durcir les sanctions contre les dirigeants de compagnies des eaux qui ne respecteraient pas la loi.
« Le public a raison d’en avoir assez de la pollution de l’environnement – et tenter de la dissimuler est scandaleux », a réagi dans un communiqué séparé Angela Eagle, ministre de l’Environnement du nouveau gouvernement d’Andy Burnham.
« Ce gouvernement soutiendra toujours des mesures de contrôle strictes pour protéger nos rivières, nos lacs et nos mers », a-t-elle assuré, ajoutant que l’exécutif s’était « déjà engagé à mettre fin à la pratique de l’auto?surveillance par les exploitants afin de garantir que cela ne puisse plus se reproduire ».
Contactée par l’AFP, Southern Water a déclaré que l’entreprise était désormais « totalement différente de ce qu’elle était il y a dix ans », mentionnant une nouvelle direction, de nouveaux actionnaires, et « une culture transformée en profondeur ».
La société a déjà « présenté ses excuses les plus sincères à l’époque et les réitèrent aujourd’hui », a ajouté un porte-parole de l’entreprise.
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