Les habitants de Vitry-sur-Seine seront appelés le 6 décembre à répondre à une consultation sur le projet d’une nouvelle usine d’incinération approuvée par le Conseil de Paris, mais ayant suscité des inquiétudes dans cette ville du Val-de-Marne, a annoncé jeudi le maire.
Le projet Thermo-sur-Seine, tel que proposé par Dalkia, filiale d’EDF, prévoit la construction d’un incinérateur devant participer au verdissement du réseau de chauffage urbain de Paris, qui repose encore largement sur l’usage du gaz.
Cette infrastructure, qui doit s’implanter à Vitry-sur-Seine, à 4 km de la capitale, permettrait de produire de la chaleur en brûlant du bois et des combustibles solides de récupération (CSR), des déchets non-recyclables. Le projet a suscité la crainte d’habitants quant à la pollution générée.
La population sera appelée à s’exprimer le 6 décembre, lors d’une consultation ouverte à partir de 16 ans et aux étrangers, a annoncé le maire, Pierre Bell-Lloch (PCF), lors d’une conférence de presse.
Un comité d’experts a été créé pour étudier l’impact sanitaire, environnemental et économique du projet et doit partager ses conclusions avant la consultation, a-t-il précisé, saluant « une expérience de démocratie participative à grande échelle ».
« L’idée n’est pas d’empêcher le projet d’arriver, elle est surtout d’envoyer un message aux industriels, comme à la Ville de Paris, sur le fait qu’on ne peut pas faire n’importe quoi sur les territoires de banlieue », a-t-il déclaré.
Thermo-sur-Seine avait été discrètement validé par le Conseil de Paris le 17 décembre, lors du renouvellement de la concession du chauffage urbain parisien au profit de Dalkia.
Tout en se disant opposé au projet « en l’état actuel de nos connaissances », M. Bell-Loch a noté que l’une des « premières préoccupations » des habitants étant le prix de l’énergie, « on ne peut pas fermer la porte complètement à des projets de production de chaleur ».
« Si on sort du gaz, on fait baisser le prix du chauffage », a-t-il relevé.
Selon lui, le projet, comme toute usine qui voudrait s’implanter sur la commune de près de 100.000 habitants, devrait remplir cinq conditions: ne pas affecter la santé des habitants, assurer « une retombée sur le territoire qui soit positive », créer des emplois, éviter un surplus de camions sur des voies déjà congestionnées et respecter l’histoire ouvrière locale, en évitant de démolir deux anciennes cheminées EDF ou construire un musée à la place.
« Je pense que, peut-être, Paris a été un peu vite dans la construction de ce projet, sans jamais se préoccuper » de ces conditions, a estimé le maire.
Le projet est évalué à 1,2 milliard d’euros, selon la Commission nationale du débat public (CNDP).
cgo/bfa/mpm
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