Avec plus de 300 opérations pour un total de 70 milliards de dollars levés, les introductions en Bourse (IPO) ont repris un rythme élevé l’an dernier aux Etats-Unis.
Mais 2026 pourrait pulvériser tous les records, avec l’arrivée attendue des mastodontes SpaceX, OpenAI et Anthropic.
Voici les principales étapes d’un processus qui prend généralement des mois ou des années, et peut coûter des millions de dollars.
Définir les contours de l’opération
« L’une des décisions les plus importantes qu’un émetteur aura à prendre au cours du processus d’introduction en Bourse est le choix de l’endroit où coter les titres de la société », souligne l’opérateur boursier américain NYSE, dans un guide d’une centaine de pages.
Aux Etats-Unis, deux mastodontes se font concurrence: l’historique Bourse de New York (NYSE), fondée il y a plus de deux siècles et dont les images de la salle de marché ont fait le tour du monde, et le Nasdaq, une cotation entièrement en ligne qui regroupe entre autres les géants du numérique.
A eux deux, ils représentent la moitié de la capitalisation boursière mondiale.
Charge aussi aux entreprises de définir leur future structure capitalistique et de choisir leur « ticker », symbole de quelques lettres qui va les représenter.
Certains optent pour une contraction de leur nom (MSFT pour Microsoft), d’autres pour un symbole plus imagé (CAR pour le loueur de voitures Avis, DNUT pour les donuts Krispy Kreme).
S’enregistrer auprès du gendarme financier
Etape réglementaire indispensable, le formulaire S-1 (ou F-1 pour les internationaux) remis à l’Autorité américaine de régulation des marchés financiers (SEC) acte la volonté d’une entreprise d’intégrer Wall Street.
Il a « pour double objectif d’enregistrer les titres auprès de la SEC et d’informer les investisseurs sur l’opportunité qui leur est offerte », souligne la banque d’investissement JPMorgan, citée par le NYSE.
Le procédé n’est pas direct et « il arrive parfois que le personnel (de la SEC, ndlr) formule plusieurs séries de commentaires, ce qui peut prendre des mois », a mis en avant en avril Paul Atkins, le patron du gendarme boursier américain.
S’exprimant à l’occasion de sa première année à la tête de l’institution, ce fidèle de Donald Trump a assuré travailler à « rationaliser ce processus afin de permettre aux entreprises d’entrer plus rapidement sur le marché ».
Le S-1 de SpaceX, l’une des sociétés du milliardaire Elon Musk, va être publié la semaine, a indiqué jeudi à l’AFP une source proche du dossier.
Prendre le pouls du marché
En parallèle, « les entreprises vont aussi à la rencontre d’investisseurs potentiels », souligne auprès de l’AFP Matthew Kenney, spécialiste des IPO pour le cabinet Renaissance Capital.
Des rendez-vous confidentiels puis une tournée de présentation (« roadshow ») sont organisés, en physique et virtuellement, pour convaincre à la fois les organismes financiers et les petits porteurs.
SpaceX compte ainsi organiser une journée dédiée à 1.500 de ces particuliers en juin, selon le média américain CNBC. L’entreprise cherche à capitaliser sur l’engouement des boursicoteurs pour les sociétés liées à Elon Musk.
C’est aussi à cette étape que l’aventure s’arrête pour nombre d’entreprises désireuses de faire leur entrée en Bourse, leur dossier ne suscitant pas les réactions espérées.
La fintech (services financiers en ligne) Clear Street qui cherchait à lever plus d’un milliard de dollars a jeté l’éponge mi-février, évoquant la volatilité du marché et un contexte peu favorable, en pleine déroute du secteur des logiciels.
Choisir un prix
« La fixation du prix d’une introduction en Bourse relève sans doute davantage d’un savoir-faire que d’une méthode scientifique », prévient Matthew Kenney.
Les banques missionnées à ce sujet cherchent à maximiser l’argent récolté par les entreprises.
Mais dans le même temps, « elles veulent offrir une marge de hausse » au prix de l’action, selon M. Kennedy.
« Personne ne veut sonner la cloche d’ouverture (à Wall Street, ndlr) pour ensuite voir le cours de son titre chuter » parce que la demande ne suit pas, ajoute l’expert.
Loin d’être infaillible, la méthode requiert parfois des ajustements.
La start-up américaine de puces électroniques Cerebras a relevé par deux fois le prix visé pour sa cotation. Elle a finalement choisi 185 dollars pour une action.
Jeudi, les investisseurs ont estimé qu’elle en valait bien plus, propulsant le titre de 68% pour son premier jour en Bourse.
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