Stellantis a poursuivi son lent redressement au troisième trimestre, restant dans le rouge malgré la franche résorption des pertes colossales de 2025 mais le groupe doit encore rassurer sur sa capacité à faire rentrer de l’argent dans ses caisses, surtout en Europe.
Avec une perte nette de 453 millions d’euros, la maison mère de Peugeot, Fiat et Chrysler, a été « à la hauteur des attentes » d’une situation « difficile », jugent les analystes de Jefferies dans une note.
Au troisième trimestre 2025, Stellantis avait accusé une perte nette de 4,5 milliards, lesté par de lourdes charges exceptionnelles liées au freinage de l’électrification des véhicules, notamment aux Etats-Unis.
Un an plus tard, il fait état dans un communiqué d’une « amélioration de tous les indicateurs financiers » qu’il attribue à l’application du plan de redressement et d’économies dévoilé en mai dernier par le patron du groupe Antonio Filosa, un an après son arrivée aux commandes dans la foulée de la sortie précipitée de Carlos Tavares.
« Au cours de ce trimestre, nous avons continué à progresser dans la mise en oeuvre initiale de notre plan FaSTLAne 2030 », le plan stratégique du groupe à horizon 2030, s’est félicité le directeur général du groupe, Antonio Filosa, cité dans le communiqué.
« Nous sommes en bonne voie pour mettre en oeuvre au moins 40 % des gains d’efficacité annuels, d’un montant total de 6 milliards d’euros, d’ici la fin de l’année. En conséquence, nous réaffirmons nos perspectives financières », a-t-il ajouté.
– L’Europe, toujours un point faible –
Au cours du troisième trimestre, le groupe automobile aux 14 marques a redressé ses ventes (en hausse de 1%, à 37,6 milliards d’euros) et a amélioré sa marge opérationnelle à 0,7%.
Cette amélioration du chiffre d’affaires a été soutenue par une hausse des volumes en Europe élargie (UE, Norvège, Royaume-Uni et Suisse), où la marge opérationnelle reste cependant négative, à -2,2%, ce qui signifie que le constructeur y perd de l’argent.
« L’Europe reste le maillon faible », observent les analystes d’Oddo BHF dans une note.
Malgré sa politique de baisse des prix, le groupe continue d’y perdre des des parts de marché.
A l’inverse, en Amérique du Nord, l’un de ses marchés clé, Stellantis a vu son chiffre d’affaires reculer de 3 %, des arrêts de production programmés ayant pesé sur les volumes de ventes. Le groupe n’y perd cependant pas d’argent, et conserve une marge opérationnelle de 0,4%.
Le géant aux 14 marques a confirmé ses objectifs financiers d’un retour cette année à une marge légèrement positive, avec une amélioration du chiffre d’affaires et du flux de trésorerie sur l’exercice, avant un retour dans le vert de ce dernier indicateur financier attendu en 2027.
C’est justement le fait que Stellantis perde encore de l’argent qui retient l’attention des investisseurs, dans l’attente d’un « redressement marqué de la trésorerie nécessaire au quatrième trimestre », soulignent les analystes d’Oddo BHF dans une note.
M. Filosa avait prévenu cet été, lors de la présentation des résultats semestriels de Stellantis, que le rétablissement du groupe prendrait du temps.
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