Le chimiste belge Syensqo a annoncé mercredi, dans le cadre de son « engagement en matière de PFAS », des polluants éternels, cesser la production d’une substance chimique controversée dans son usine de Spinetta Marengo, dans le Piémont en Italie, le cC6O4.
Syensqo « annonce la fin de sa production de cC604 (…) sur son site de Spinetta Marengo » en Italie, selon un communiqué. Le cC604 est un tensioactif fluoré servant à fabriquer des fluoropolymères, couramment utilisés dans des dispositifs allant des instruments médicaux aux batteries de voitures électriques.
L’entreprise explique mercredi qu’un nouveau procédé industriel a été mis en place permettant de se dispenser d’utiliser du cC604, « tout en maintenant le niveau de performance et de fiabilité attendu par les clients ».
« Les fluoropolymères demeurent essentiels pour des technologies nécessaires à la transition énergétique, l’innovation médicale, la purification de l’eau et les infrastructures numériques », a déclaré le directeur général de l’entreprise, l’Américain Mike Radossich, cité dans le communiqué de Syensqo.
Certains fluoropolymères, notamment destinés aux secteurs de l’hydrogène et des semiconducteurs, ne peuvent pas encore se passer du cC604 et Syensqo utilisera dans ces situations ses stocks existants, précise l’entreprise.
Ces composants « ont fait l’objet d’une attention particulière des autorités de régulation et du public dans le cadre de la discussion plus générale sur les PFAS », observe encore le chimiste belge.
Les PFAS sont des substances chimiques synthétiques dont l’utilisation fait l’objet de restrictions de plus en plus strictes à travers le monde en raison de leurs effets néfastes sur la santé après une exposition chronique.
Les habitants vivant près du site Syensqo, à Spinetta Marengo, présentent dans leur sang des taux significatifs de ce que l’on appelle des « polluants éternels », détectés à la fois dans l’air et dans les nappes phréatiques locales.
Après des années de mobilisations, deux anciens directeurs de l’usine située dans la région du Piémont doivent comparaître en justice pour désastre environnemental involontaire.
Syensqo évoque une pollution historique de l’usine, fondée en 1905.
Mais les autorités locales ont détecté dans les eaux souterraines et dans l’air la présence de substances chimiques produites par Syensqo.
L’arrêt de la production de cC604 était « réclamé depuis un moment », a réagi auprès de l’AFP Egio Spineto, enseignant et militant local au sein de l’association « Ce l’ho nel sangue » (« C’est dans mon sang »). « Il est maintenant temps de décontaminer et de suspendre tous les procédés de production toxiques ».
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