Des salariés d’une usine Micron Technology à Taïwan prévoient de se mettre en grève jeudi, afin de pousser le géant américain des puces électroniques à proposer un « plan concret de participation aux bénéfices », a annoncé lundi un syndicat.
Les fabricants de semi-conducteurs, dont Micron, ont vu leurs bénéfices s’envoler avec l’explosion de la demande liée à l’essor de l’intelligence artificielle (IA). De nombreux salariés demandent à recevoir une part plus importante de ces profits.
Micron, qui produit environ 50 à 60 % de ses puces à Taïwan, est engagé dans des négociations sur les rémunérations avec deux syndicats représentant près de 12.000 des 15.000 employés de ses usines à Taoyuan (nord) et Taichung (est).
Le syndicat représentant les salariés de l’usine de Taoyuan a affirmé que la grève de jeudi se tiendrait en parallèle de discussions avec l’entreprise. Il n’a pas précisé la durée de l’action.
« La grève vise à renforcer la position du syndicat dans la médiation et à exhorter Micron à présenter un plan concret de participation aux bénéfices », a expliqué le syndicat dans un communiqué.
Les salariés avaient voté en faveur de la grève au début du mois d’octobre.
Dans un communiqué, le groupe Micron a déclaré mardi qu’il était « déterminé à instaurer un dialogue constructif avec les syndicats de Taoyuan et Taichung afin de parvenir à une solution qui convienne à toutes les parties ».
Les syndicats réclament une prime exceptionnelle représentant 83 mois de salaire, ainsi qu’un dispositif permanent allouant 15% des bénéfices d’exploitation de l’entreprise aux primes des salariés, distribuées par trimestre plutôt que par an.
Micron a proposé en septembre de verser l’équivalent de jusqu’à 68 mois de salaire à ses employés, mais les salariés ont rejeté cette offre.
Aux côtés des groupes sud-coréens Samsung Electronics et SK hynix, Micron domine le marché mondial des puces mémoire sophistiquées utilisées dans les serveurs d’IA, dont la demande explose.
Le géant américain a réalisé un chiffre d’affaires record d’environ 133 milliards de dollars sur son exercice 2026 décalé (clôturé début septembre), en hausse de 256% par rapport à l’exercice précédent.
Son concurrent sud-coréen Samsung avait évité de justesse une grève en mai dernier en acceptant de distribuer des primes équivalentes à 10,5 % du bénéfice d’exploitation à ses employés du secteur des semi-conducteurs.
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