On s'intéresse essentiellement aux cavernes utilisées dans le domaine de l'énergie. Deux usages sont classiques par leur ancienneté :
D'autres usages sont évoqués à titre de comparaison, mais qui ont toujours quelque rapport à l'énergie. On sait en effet que la première qualité énergétique du sous-sol est son inertie thermique. L'économie d'énergie de climatisation favorise donc une grande quantité d'usages très variés. On sait aussi que la température du terrain augmente avec la profondeur, ce qui est la base des applications géothermiques. Dans la plupart des cas envisagés ici, ces cavernes sont spécialement creusées par l'homme pour un usage bien défini, mais l'homme préhistorique, justement dit « des cavernes », a su utiliser des cavernes naturelles, auxquelles il a parfois apporté quelques modifications.
Les cavernes creusées par l'homme ont des usages impliquant un haut degré de stabilité pendant une longue durée, alors que les modèles fournis par la Nature, les grottes puis les cavités minières n'offrent une stabilité que pendant une durée limitée. Les mines et carrières souterraines, qui remontent à une antiquité reculée, constituent un capital d'expérience considérable. On passe sans coupure nette des carrières souterraines au troglodytisme bien que les dimensions des espaces consacrés à l'habitat soient très inférieures à celles des cavernes industrielles. Ainsi les vides laissés par les exploitations souterraines ont souvent une deuxième vie (thème en 2013 du Congrès de l'Industrie minérale). On évoque aussi des cavernes calquées sur les cavités minières en vue de buts innombrables dont plusieurs ressortent à l'urbanisme souterrain.
Les caractères des cavernes des centrales hydroélectriques et des cavités de stockage sont examinés en détail, car leur grande variété se justifie non seulement par les matériels et produits qu'elles abritent, mais aussi par des conditions locales (nature et structure du terrain, hydrogéologie, état de contrainte initial) et des méthodes de construction en constante évolution. Une approche analogue s'applique aux stations des voies routières ou ferrées souterraines dont les métros et les cavernes d'aiguillage du Tunnel sous la Manche. Les cavernes non conventionnelles, parmi lesquelles celles souhaitées par les astrophysiciens (étude des neutrinos), par les projets multidisciplinaires (DUSEL et ses suites, par exemple Sadoulet [2005]) et celles que nécessiteraient des centrales nucléaires souterraines, sont les seules capables grâce à leur confinement exceptionnel de garantir la sécurité des environs en cas d'accident très grave comme ceux de Tchernobyl et de Fukushima.
La tentative de synthèse est l'occasion d'évoquer brièvement quelques aspects théoriques et technologiques des projets d'ouvrages souterrains :
Dans cet article, on appelle caverne un espace libre de forme quelconque et de dimension assez grande pour abriter des hommes, entièrement situé au-dessous de la surface du sol. Les dictionnaires proposent six autres termes : trou, qui est très banal ; cavité, encore très ubiquiste ; grotte, un peu plus savant ; antre ou tanière, évoquant des animaux « sauvages » ; refuge, beaucoup trop large ou enfin souterrain, à la fois adjectif, qualifiant très largement tout ce qui est au-dessous de la surface du sol, avec ou sans intervention humaine, et nom commun, adopté en France dès l'origine des chemins de fer pour désigner ce que les anglais avaient appelé tunnel.
Il y a peu de différence entre les mots caverne et cavité, celui-ci préféré des « stockeurs », celui-là des électriciens : toutefois caverne s'applique seulement à des cavités au sein de la croûte terrestre (avec une exception notable puisqu'en anatomie on parle de cavité thoracique, et aussi de cavernes dans les poumons).
Qu'elles soient naturelles ou anthropiques, c'est-à-dire creusées par l'homme, les cavernes se distinguent des puits et tunnels par leur forme d'ensemble à trois dimensions. Les puits et les tunnels sont des cavités à une dimension prépondérante, très allongées par rapport à leur section dans la direction perpendiculaire ; ce sont des tubes, verticaux ou proches de la verticale pour les puits, horizontaux ou à pente loin de la verticale pour les tunnels. Le vocabulaire des mines souterraines comporte des termes supplémentaires. On écarte ici les salles et tunnels obtenus par creusement à partir de la surface, « à ciel ouvert » comme la station Halles du RER parisien, ou « sous dalle » comme beaucoup de parkings souterrains qui ont donc tous une couverture artificielle : les cavernes évoquées ici ont comme les grottes une couverture naturelle, généralement rocheuse.