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RÉSUMÉ
Pourquoi externaliser ? Le progrès technologique est aujourd’hui à un tel niveau de sophistication qu’il est impossible pour une entreprise d’avoir la maîtrise globale de la chaîne de valeur de ses produits, depuis les matériaux qui les composent jusqu’aux circuits complexes de distribution qui empruntent de multiples canaux pour toucher le consommateur final.
Si cette stratégie est souvent considérée comme un facteur de compétitivité, de flexibilité et de meilleure réactivité pour répondre aux défis économiques, il est important d’en maîtriser les enjeux et de connaître les risques auxquels s’exposent les entreprises qui la mettent en œuvre.
Cet article propose également de passer en revue les principales étapes du processus d’externalisation.
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Karine SAMUEL : Professeur des Universités - CERAG, Université Grenoble Alpes, Grenoble, France
INTRODUCTION
Pourquoi externaliser ? Le progrès technologique est aujourd’hui à un tel niveau de sophistication qu’il est impossible pour une entreprise d’avoir la maîtrise globale de la chaîne de valeur de ses produits, depuis les matériaux qui les composent jusqu’aux circuits complexes de distribution qui empruntent de multiples canaux pour toucher le consommateur final.
La mondialisation des échanges et l’ouverture des frontières ont, par ailleurs, amené les entreprises à évoluer sur des marchés de plus en plus concurrentiels et régionalisés. L’accroissement des échanges internationaux dans un contexte géopolitique et économique très incertain les oblige à devoir s’adapter rapidement aux mouvances des marchés et à faire preuve d’agilité pour, en permanence, ajuster leurs ressources en fonction de la demande. Les réorganisations deviennent, dès lors, quasi-permanentes et les choix d’externalisation s’imposent lorsqu’il s’agit de créer des solutions avec des ressources internes réduites.
Externaliser, c’est-à-dire confier certaines activités à des prestataires externes, alors qu’elles étaient assurées en interne jusqu’alors, est souvent la seule issue pour permettre à une entreprise de libérer des moyens, pour les recentrer sur d’autres activités qu’elle juge plus centrales, plus en lien avec ce qu’elle considère être son cœur de métier. Cette stratégie est considérée comme un facteur important de compétitivité, de flexibilité et de meilleure réactivité pour répondre aux nouveaux défis économiques (adaptabilité des offres, automatisation des chaînes et sophistication croissante des produits), et concerne aussi bien les activités industrielles que les activités tertiaires.
À la fin des années 1980, les entreprises ont commencé à externaliser des activités périphériques comme l’informatique, la reprographie ou la gestion de la paie. La raison de cette première vague d’externalisation était alors principalement économique, basée sur des critères de coûts. D’autres facteurs sont ensuite venus accélérer ce phénomène, notamment le manque de capacités propres pour réaliser ces prestations. Cette externalisation se manifestait par un transfert de personnels et d’actifs vers le prestataire choisi. Cette stratégie s’est par la suite étendue aux services fonctionnels de l’entreprise, comme les ressources humaines, la comptabilité, la gestion du parc informatique, avant de concerner les fonctions de base de l’entreprise. Plus ces fonctions externalisées se sont retrouvées proches du cœur de l’activité de l’entreprise, plus le processus d’externalisation est devenu complexe, coûteux et long. Les prestataires de services ont ainsi dû s’adapter et proposer des offres de plus en plus poussées et élaborées.
L’externalisation d’activités à forte valeur ajoutée, pouvant aller jusqu’aux activités de recherche, de développement et de conception, implique des relations de plus en plus intégrées avec les industriels ou les distributeurs.
Cet article propose d’explorer les enjeux des stratégies d’externalisation, à l’heure où les contraintes environnementales et sociétales pèsent de plus en plus lourd sur la gestion des entreprises et de leurs prestataires. Que recouvre cette notion d’externalisation, quelle analyse stratégique conduit au choix d’externaliser, et quelles sont les étapes pour établir un cahier des charges, choisir un prestataire et piloter l’activité ? Telles sont les problématiques qui seront successivement traitées. Une partie sera également consacrée à l’étude des risques inhérents aux stratégies d’externalisation, en les analysant en miroir avec les stratégies d’internalisation.
VERSIONS
- Version archivée 1 de oct. 2003 par Victor YZERD
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4. Étapes du processus d’externalisation
4.1 À quel moment externaliser ?
Dans la démarche d’externalisation, le dirigeant doit se positionner dans une perspective stratégique. En effet, les nouveaux facteurs de compétitivité (capacité d’innovation, de réactivité) sont liés à ses capacités de coopération et de fonctionnement en réseau, et donc à l’externalisation.
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Ainsi, il s’agit de faire une analyse stratégique de l’entreprise en définissant ses compétences clés, avantages concurrentiels, activités créatrices de valeur, sources de différenciation…
Cette analyse se découpe en quatre grandes étapes qui sont :
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l’identification du périmètre des activités concernées par l’externalisation ;
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l’analyse de la coordination organisationnelle et les interfaces à construire entre l’activité externalisable et celles maintenues en interne ;
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l’étude de la faisabilité (juridique, technique, fiscale, etc.) de l’opération ;
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l’évaluation de la décision sur la base d’une étude multicritères.
À l’issue de cette analyse, le dirigeant doit être en mesure de redéfinir le cœur de métier, et les objectifs stratégiques de l’entreprise.
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Ensuite, dans le prolongement de cette analyse, il faut repérer les activités clés dans la chaîne de production de valeur et « déconstruire » l’organisation et la repenser (articulation interne/externe) pour augmenter la performance globale.
Ce raisonnement doit alors aboutir à repérer les externalisations qui peuvent augmenter les capacités stratégiques, en distinguer les activités stratégiques des activités critiques pour lesquelles l’entreprise ne bénéficie pas d’un avantage concurrentiel.
Une fois le cadre de l’externalisation circonscrit, la mise en place de celle-ci demande d’être rigoureux dans la définition de ce qui doit être externalisé.
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Il s’agira ensuite d’expliciter clairement quelle est la valeur ajoutée attendue de l’externalisation. Pour ce faire, il est nécessaire de faire l’analyse de l’existant et de définir le niveau de service attendu.
Dans le même temps, le dirigeant doit évaluer les risques, notamment sociaux et distinguer les facteurs clés...
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BIBLIOGRAPHIE
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