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RÉSUMÉ
La valorisation de la biomasse est au cœur des interrogations sur les ressources énergétiques au cours du xxie siècle. Pour les biomasses humides, un procédé intéressant de valorisation est la gazéification en eau supercritique, qui permet la production d'un gaz énergétique très intéressant de par son origine non fossile. La gazéification en eau supercritique s'adresse plus particulièrement à des biomasses très humides. L'influence des conditions opératoires principales sur la nature et les rendements de conversion de ce procédé sont détaillés et les pilotes de laboratoire les plus importants sont présentés.
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Olivier BOUTIN : Ingénieur École nationale supérieure des industries chimiques, docteur en génie des procédés - Professeur, Aix Marseille Université, France
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Jean-Christophe RUIZ : Ingénieur-chercheur au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA Marcoule) - Responsable du projet eau supercritique au sein du laboratoire des Procédés supercritiques et de Décontamination, Bagnols-sur-Cèze, France
INTRODUCTION
La valorisation de la biomasse est au cœur des interrogations sur les ressources énergétiques du XXIe siècle. Elle en est un des enjeux majeurs. Le terme « biomasse » regroupe des significations très diverses, depuis une biomasse noble destinée à l’alimentation, comme les céréales, jusqu’à des biomasses assimilables à des déchets, comme les vinasses issues de betterave ou les boues biologiques de station d’épuration. Principalement dans le cas des biomasses humides, un procédé de valorisation d’intérêt est la gazéification en eau supercritique. Ce procédé permet d’éviter une étape de séchage et, moyennant des conditions de pression et de température adéquates, la production d’un gaz énergétique dit « bas carbone » pouvant contenir de l’hydrogène, du méthane, du monoxyde de carbone et/ou des hydrocarbures légers. L’intérêt suscité par ce procédé est donc à situer dans la problématique globale de l’accès à une énergie d’origine non fossile ainsi que dans la problématique des gaz à effet de serre, l’utilisation de biomasse s’insérant dans un cycle court du carbone, générant ainsi une approche circulaire vertueuse. La gazéification en eau supercritique s’adresse plus particulièrement à des biomasses très humides (plus de 70 % d’humidité) qu’il n’est donc pas nécessaire de sécher au préalable. Les températures de réaction sont relativement basses (maximum de 700 °C), comparées aux procédés de gazéification en voie classique ou sèche (typiquement 900 °C). Cela limite la production de gaz polluants, du type dioxines ou NOx. De même, le milieu aqueux de solvatation permet de limiter la formation de solides et de goudrons. Les gaz visés sont l’hydrogène principalement, mais également un mélange hydrogène et monoxyde de carbone (mélange pour la synthèse Fischer-Tropsch), ou la production de méthane. L’influence des conditions opératoires principales sur la nature et les rendements de conversion sera détaillée dans cet article (pression, température, concentration initiale de la biomasse, présence ou non de catalyseurs). Les pilotes de laboratoire les plus importants (jusqu’à 100 kg.h−1) seront présentés, ainsi que les premiers développements industriels commençant à fonctionner en 2025.
VERSIONS
- Version archivée 1 de mai 2013 par Olivier BOUTIN, Jean-Christophe RUIZ
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3. Gazéification en eau supercritique : valorisation des biomasses et des déchets
3.1 Différentes biomasses concernées
Compte tenu du fonctionnement du procédé en eau sous pression, celui-ci s’adresse principalement aux biomasses déjà fortement humides, qu’il faut parfois diluer pour atteindre des concentrations massiques acceptables en entrée de procédé. Certaines des biomasses peuvent être considérées comme « nobles », c’est-à-dire une source de matière première directe, et d’autres peuvent être des déchets de l’agriculture ou de certaines industries. Parmi les biomasses nobles, celles contenant un taux d’humidité important et suscitant un grand intérêt sont les microalgues.
Par exemple, une étude englobant plusieurs données expérimentales sur différentes microalgues présente des résultats sur la production d’hydrogène à partir de microalgues ayant capté une quantité significative de
pour leur croissance. Les conditions optimales ont été déterminées à une température de 600 °C. L’utilisation de deux catalyseurs, un hétérogène (Ru/C) et l’autre homogène (KOH), est apparue très pertinente.
En ce qui concerne les biomasses lignocellulosiques, certaines peuvent contenir des taux d’humidité élevés, rendant leur séchage avant une gazéification classique non intéressant. Dans le cadre d’études plus fondamentales et de recherche sur les mécanismes de dégradation, il est en général admis que le glucose est un composé modèle pour la cellulose, les composés aromatiques pour la lignine et la glycine pour les protéines ...
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