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AlphaGo, l’I.A Deep Mind de Google, gagne son premier match de go

Posté le par Pierre Thouverez dans Informatique et Numérique

Le champion coréen de jeu de go Lee Sedol a abandonné dans la première des cinq manches qui l’opposent jusqu’au 15 mars au programme AlphaGo de l’intelligence artificielle DeepMind de Google.

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Lee Sedol à l’entame de la partie décisive du match : la pierre « d’invasion » blanche située au milieu du bord droit du damier a décidé de la victoire d’AlphaGo.
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Lee Sedol à la fin du match, forcé de constater sa défaite.

Le match, organisé à Séoul en Corée du Sud, s’est déroulé cette nuit et s’est achevé un peu avant 8h, heure française, au bout de 3 heures et 20 minutes. Cette défaite dès la première manche a surpris tous les spécialistes qui estimaient AlphaGo encore incapable de rivaliser avec les meilleurs joueurs mondiaux. Myungwan Kim, joueur du top niveau, commentant en direct la partie pour le compte de l’Association américaine de go [1], a fini par avouer : « AlphaGo est plus fort que moi ». La partie a été serrée, et Lee Sedol choisissant un déroulement calme, n’est pas parvenu à mettre la machine en défaut, malgré quelques coups questionnables de celle-ci. AlphaGo a prouvé la sûreté et la justesse de ses procédures d’analyse et d’évaluation des coups et des positions de jeu inscrites dans sa programmation. Cette première partie pourrait servir de coup d’essai à Lee Sedol, préparé à complexifier son jeu dans les parties à venir et à ferrailler plus durement. Mais elle pourrait au contraire annoncer un effondrement du champion, déjà dépassé et déstabilisé par ce premier match.

Par Etienne Monin

[1] https://www.youtube.com/user/USGOWeb/live

Pour aller plus loin

Posté le par Pierre Thouverez

Les derniers commentaires

  • Logique ou intelligence artificielles ?
    La confrontation homme-machine au jeu de go relatée ici amène à approfondir le sens de notre humanité. Depuis plusieurs décennies, le terme ‘Intelligence Artificielle’ (I.A.) est communément utilisé. Il recouvre la simulation de ‘réseaux neuronaux’ par des logiciels d’apprentissage autour d’un référentiel de départ. Il s’agit bien ici de ‘logique de calcul’ développée dans l’abstraction de la technique : ne peut-on alors voir un risque d’oubli du réel de notre intelligence ?
    Sur ce fond de philosophie matérialiste, comment ne pas faire le parallèle avec l’esprit humain identifié au seul cerveau comme l’induit l’ « homme neuronal » de J.P. Changeux ? Or combien cette réduction au seul discours technologique – dont il ne s’agit aucunement de minimiser les apports spécifiques de méthode – invite a contrario à revisiter la richesse de l’être humain dans sa constitution et sa réalisation : la philosophie réaliste nous ouvre à l’intuition, à la conscience de soi, à la perception des qualités, aux affects qui sont autant d’éléments relatifs à l’intelligence humaine.
    Alors un dialogue fécond entre la science et la philosophie peut prendre place : fondé sur une unité au service du réel et vers une finalité au-delà du processus cognitif comme nous le suggère la pensée de M. Blondel.
    Avec cette ouverture, s’estompe aussi comme une honte de l’homme devant la machine à l’efficacité de calcul vertigineuse : sur fond d’une fatigue d’être soi et d’un refus de notre finitude, la technologie deviendrait la cible d’une anthropologie de déconstruction et conduirait à dissoudre la particularité de l’être vivant – et spécifiquement de l’être humain – pour une ère du trans- (voire du post-) humanisme.


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