Logo ETI Quitter la lecture facile

En ce moment

En 2014, le PIB mondial a augmenté de 3%. Pas les émissions de CO2 du secteur énergétique (AIE)

Posté le par La rédaction dans Énergie

Toute croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) s’accompagne-t-elle forcément d’une hausse des émissions de CO2 ? L’Humanité a démontré que non en 2014 selon l’Agence Internationale de l’énergie (AIE).

Les données révélées par l’AIE le 13 mars 2015 indiquent que les émissions de CO2 ont stagné entre 2013 et 2014, ceci alors que le PIB mondial a progressé de +3%. Les émissions sont restées à 32,3 milliards de tonnes, soit le même niveau que l’année antérieure.

Les efforts effectués à l’échelle mondiale pour réduire le recours aux combustibles fossiles semblent donc commencer à porter leurs fruits. Selon l’AIE ces progrès résultent de changements de modèles énergétique en Chine et dans les pays de l’OCDE.

La Chine, un puissant moteur de la croissance des énergies renouvelables

En 2014 la production électrique Chinoise à partir de sources renouvelables a augmenté, principalement dans les domaines éolien, solaire et hydroélectrique. La Chine a installé 10,5 GW (10.500 MW) de solaire photovoltaïque en 2014, parvenant ainsi à une puissance cumulée de 28 GW. Ces 10,5 GW de PV permettent de produire autant d’électricité que deux réacteurs nucléaires. Installées en seulement un an ces nouvelles puissances correspondent au double de la puissance photovoltaïque totale installée en France en une décennie. Comme le souligne le chercheur Mark Jacobson(Stanford) installer 6 GW de solaire PV est bien plus rapide que construire 1 GW de nucléaire.

Par ailleurs la Chine, qui, visionnaire, a fortement investi dans de grandes usines de production de panneaux solaires, est parvenue à conquérir 90% du marché mondial. Sa puissance industrielle permettant de fournir des produits bon marché est ainsi mise au service du reste du monde. Des barrières douanières imposées par l’Union européenne, notamment à la demande de la France, ont cependant freiné cette progression au niveau du vieux continent.

Selon l’AIE « dans les pays de l’OCDE les efforts récents pour promouvoir une croissance soutenable – incluant une plus grande efficacité énergétique et davantage d’énergies renouvelables – sont en train de produire les effets espérés de découplage de la croissance économique des émissions de gaz à effet de serre ». Aux USA le solaire PV représente le tiers des nouvelles capacités électriques installées en 2014. 

Découplage

L’AIE souligne que durant les 40 dernières années il y a eu seulement à trois reprises une stagnation ou une baisse des émissions comparativement à l’année antérieure, et toutes étaient associées à une stagnation ou une baisse de l’activité économique. Au début des années 80, en 1992 et en 2009.

Mais en 2014 la croissance du PIB a été de +3%. Le dogme « croissance du PIB = obligatoirement croissance du CO2 » est aujourd’hui cassé. Ce qui constitue une excellente nouvelle : la décroissance n’est pas indispensable dans la perspective de réduire les émissions de CO2. La sobriété constitue néanmoins un levier permettant d’accélérer la transition énergétique, aux côtés de l’efficacité énergétique et des EnR. « L’énergie la plus facile à remplacer est celle que l’on ne consomme pas. »

Une intensification des efforts en matière d’efficacité et d’EnR, dont l’avion Solar Impulse constitue un symbole, permettra de poursuivre le découplage qui a commencé en 2014. L’AIE va publier en juin 2015 un rapport spécial sur cette thématique d’importance planétaire. L’organisme proposera aux décideurs des mesures politiques « pragmatiques. »

Pour Maria van der Hoeven, directrice de l’AIE, « Les dernières données en matière d’émissions sont encourageantes, mais ce ne est pas le temps de la complaisance, et certainement pas le temps d’utiliser ces nouvelles positives comme une excuse pour bloquer de nouvelles mesures ».

Selon les travaux de réanalyse du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), rapportées par Le Journal de l’Energie, les deux années les plus chaudes du siècle qui commence ont été 2005 et 2010, 2014 se trouvant en troisième position.

Olivier Daniélo

Et aussi dans les
ressources documentaires :

Posté le par La rédaction


Réagissez à cet article

Commentaire sans connexion

Pour déposer un commentaire en mode invité (sans créer de compte ou sans vous connecter), c’est ici.

Captcha

Connectez-vous

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.

INSCRIVEZ-VOUS
AUX NEWSLETTERS GRATUITES !