L'informatique quantique n'en est qu'à ses débuts, mais son potentiel est énorme. Encore faut-il être capable d’augmenter le nombre de qubits. D’où la nécessité d’investir massivement dans la correction d’erreurs et la tolérance aux fautes. Cependant, les start-up européennes restent sous-financées par rapport à leurs rivales nord-américaines.
Selon Market Research Future, le marché de l’informatique quantique était de 1,02 milliard de dollars en 2024 et devrait passer à 14,2 milliards de dollars en 2035, soit un taux de croissance annuel moyen de 27 %.
Même s’il reste encore deux défis majeurs à lever (la correction d’erreurs et la tolérance aux fautes), les États-Unis, la Chine et l’Europe investissent massivement (42 milliards de dollars en une dizaine d’années).
Plus de 10 milliards de dollars ont été investis l’an dernier, soit trois fois plus que le montant annuel moyen depuis 2021. « Ce qui a changé, c’est l’alignement : matériel, logiciel, chaînes d’approvisionnement et demande industrielle », a expliqué au Figaro Christophe Jurczak, associé chez Quantonation, l’un des principaux fonds de capital-risque d’amorçage dédié aux technologies quantiques.
Les diverses initiatives de levées de fonds témoignent de la détermination de l’Europe à ne pas se laisser distancer par les États-Unis et la Chine. QuantWare, leader des processeurs quantiques industriels, a récemment annoncé avoir réalisé une levée de fonds de 152 millions d’euros. Cette spin-off de QuTech (université de technologie de Delft aux Pays-Bas) a convaincu les investisseurs après avoir présenté VIO-40K, une architecture de processeur quantique de 10 000 qubits.
L’Europe manque de cash
L’entreprise construit actuellement KiloFab, la plus grande usine de fabrication de processeurs quantiques au monde dédiée à une architecture ouverte, ce qui multipliera par vingt sa capacité de production et permettra de répondre à la forte demande mondiale.
En 2022, deux start-up européennes qui utilisent l’informatique quantique pour découvrir des médicaments avaient déjà collecté des fonds : 4 millions de dollars pour AlgorithMIQ, basé en Finlande, et 17 millions de dollars pour Qubit Pharmaceuticals, basé à Paris. La même année, la société suisse Terra Quantum avait décroché 75 millions de dollars pour son modèle quantique en tant que service, qui a des applications pharmaceutiques.
En septembre 2025, IQM Quantum Computers avait fièrement annoncé un tour de table de 274 millions d’euros, la plus importante levée de fonds dans ce domaine en dehors des États-Unis. Fondée en 2019 à Helsinki, IQM s’est spécialisée dans les ordinateurs quantiques supraconducteurs.
Mais, en mars dernier, Pasqal a fait mieux avec une levée de fonds de 340 millions d’euros. « En France, Pasqal prévoit de doubler sa capacité de production en 24 mois, d’augmenter ses effectifs de près de 20 % avec 50 nouvelles embauches lors des 18 prochains mois et d’investir massivement dans la R&D pour développer un ordinateur quantique avancé et tolérant aux pannes d’ici la fin de la décennie », indique cette start-up française du quantique dans un communiqué.
L’Europe ambitionne donc de jouer un rôle majeur avec Quantum Technologies Flagship, une initiative de recherche et d’innovation à long terme. Financée dans le cadre d’Horizon Europe, la phase actuelle dispose d’un budget total de plus de 400 millions d’euros et plus de vingt nouveaux projets.
Mais est-ce suffisant ? Pas sûr. En 2025, IonQ, entreprise américaine spécialisée dans l’informatique quantique et les réseaux quantiques, a obtenu 1 milliard de dollars lors d’une levée de fonds. Quelques mois plus tard, PsiQuantum réalisait la même opération.






Réagissez à cet article
Connectez-vous
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Vous n'avez pas encore de compte ?
Inscrivez-vous !