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Fiches d’exposition des salariés : les conseils d’un médecin du travail

Posté le par La rédaction dans Environnement

[Interview] Christian Guenzi - Total Petrochemicals

Médecin du travail chez Total Petrochemicals, Christian Guenzi coordonne les programmes d’hygiène industrielle. Il insiste sur la nécessité de bien respecter les règles de statistique pour réaliser les prélèvements des différents groupes homogènes d’exposition.

Comment bien remplir une fiche d’exposition des salariés et assurer un suivi dans le temps de chaque poste ? Christian Guenzi, médecin du travail chez Total Petrochemicals et coordonnateur des programmes d’hygiène industrielle revient sur son expérience et apporte quelques conseils clés. Il insiste notamment sur la nécessité de bien respecter les règles de statistique pour réaliser les prélèvements des différents groupes homogènes d’exposition. Autant d’éléments qu’ils détaillera, le 30 juin à Paris, dans le cadre du rendez-vous du risque chimique intitulé  » Risque chimique 2010 : comment s’organiser pour tenir les délais ? « , organisé par Techniques de l’Ingénieur en partenariat avec Quick-FDS (voir l’encadré). 
Techniques de l’Ingénieur : Quels sont vos conseils pour bien remplir une fiche d’exposition des salariés ?
Christian Guenzi : Il faut s’assurer d’une certaine validité statistique de la métrologie faite. On ne peut pas se contenter d’un ou deux prélèvements tous les deux ou trois ans. C’est le sens du décret du 15 décembre 2009. Dans mon établissement, nous effectuons environ 500 prélèvements par an sur le site. Pour un groupe homogène d’exposition, c’est-à-dire un ensemble de salariés dans des conditions d’exposition similaires, cela revient à 7 valeurs par an. Chaque prélèvement se fait auprès d’un échantillon de salariés.

Quels sont les écueils à éviter ?
Le premier écueil est de ne pas avoir un nombre de prélèvements suffisant. Ensuite il faut veiller à la validité de la méthode déployée pour le prélèvement et l’analyse. Les prélèvements sont effectués en interne ou en externe mais ils doivent toujours être validés par un organisme extérieur pour tous les produits à valeur limite contraignante. Par ailleurs, il est souvent difficile d’avoir une évaluation très fine pour un produit avec un seuil de détection et une valeur limite proches. Par exemple, si le seuil de détection est à 0,1 ppm (parties par million) et que la valeur limite est à 0,5, la marge d’erreur est forte. Si la valeur limite est à 100, on pourra plus facilement tirer des conclusions en termes de probabilité de dépassement de la VLEP (valeurs limites d’exposition professionnelle). Il faut veiller également à couvrir les activités non récurrentes de maintenance en particulier et associer les sous-traitants et entreprises extérieures à la démarche d’évaluation des risques.

Comment les résultats sont-ils diffusés ?
Le CHSCT a accès au résultat. Au niveau médical, le service de santé envoie aux salariés concernés leur résultat personnel. Lorsqu’on constate des dépassements, on est amené à remettre en perspective les résultats avec le salarié. On échange avec le responsable d’atelier pour comprendre ce qui s’est passé et chercher à éviter les dépassements. Le service HSE et le service de santé assurent l’archivage et la traçabilité des résultats. Un logiciel spécifique d’hygiène industrielle permet de réaliser les calculs statistiques et d’éditer les fiches individuelles d’exposition. Enfin, le bilan annuel est largement diffusé au niveau de l’établissement.

Comment est assuré le suivi au cours de la carrière du salarié ?
Les fiches individuelles d’exposition apparaissent dans le dossier médical. Si un salarié change d’établissement, le dossier le suit avec son accord. S’il quitte l’entreprise, le médecin du travail est tenu de remettre une fiche médicale de liaison à son nouveau médecin du travail. En cas de fin de carrière ou de fin d’activité, on remet une attestation d’exposition au salarié pour son suivi médical et pour faire valoir ses droits en cas de problème.

Comment le médecin du travail se positionne-t-il par rapport au responsable HSE (hygiène, sécurité et environnement) ?
Le médecin du travail et le responsable HSE travaillent en tandem au cours des différentes étapes : évaluation du risque, établissement du plan de contrôle, interprétation et diffusion des résultats. Pour que cela se passe au mieux, il faut bien se connaître. Chez Total Petrochemicals, je suis dans une situation privilégiée car toujours sur le même site avec les mêmes interlocuteurs et une certaine constance dans l’organisation. C’est plus difficile pour un médecin intervenant dans plusieurs entreprises avec des cultures et des pratiques propres.

Vous êtes chargé de coordonner les programmes d’hygiène industrielle. Est-ce un rôle courant pour un médecin du travail ?
C’est une évolution de notre métier, qui n’est plus uniquement basé sur un rôle médical mais qui comporte aussi une dimension d’animation d’une équipe pluridisciplinaire. Pour un médecin, il s’agit d’une compétence particulière à acquérir qui n’est pas ou peu développée dans sa formation médicale. Son degré d’intervention sur la partie prévention primaire dépendra de sa disponibilité, des compétences qu’il aura acquises et de sa motivation. Cela dépendra également du type d’activité des entreprises dont il a la charge, il pourra être nécessaire d’avoir une orientation plus ergonomique ou de se spécialiser dans le risque radiologique, on ne peut évidemment pas tout faire. Pour le risque chimique il faut au moins être capable d’interpréter et de critiquer, au besoin, les résultats d’évaluation des risques qui nous seront présentés.Propos recueillis par Corentine Gasquet Formation Techniques de l’IngénieurChristian Guenzi reviendra sur toutes ces questions dans le cadre du rendez-vous du risque chimique qui aura lieu le 30 juin à Paris intitulé « Risque chimique 2010 : comment s’organiser pour tenir les délais ? », proposé par Techniques de l’Ingénieur. Pour plus d’information, cliquez ici. Pour aller plus loinDans IT online :
  • Comment établir une fiche d’exposition des salariés
  • Comment Safran adapte sa gestion des FDS aux exigences de REACH
  • Gestion du risque chimique : comment mettre en oeuvre vos obligations ?
  • Le rôle primordial des FDS
  • Gestion du risque chimique : quelles sont les exigences incontournables ?
Dans les bases documentaires :
  • Toxicologie industrielle – Détection et surveillance
  • Prévention des risques professionnels – Acteurs de la prévention
 

Posté le par La rédaction


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