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Lhyfe : une production modulaire d’hydrogène grâce aux ENR

Posté le par Matthieu Combe dans Énergie

L’entreprise Lhyfe, pure player de l’hydrogène, annonce l’implantation d’un premier site industriel en Vendée. Il sera directement branché sur un champ éolien. Entretien avec son fondateur et PDG Matthieu Guesné.

Techniques de l’ingénieur : Pouvez-vous nous présenter votre solution ?

Matthieu Guesné : Notre solution se connecte directement aux énergies renouvelables intermittentes, en particulier les éoliennes et les panneaux solaires. L’idée est bien d’exploiter directement l’électricité produite par les parcs et non pas d’aller chercher l’électricité sur le réseau, pour garantir un hydrogène propre et des électrons totalement verts (sans recourir au réseau et à l’achat de certificats verts). Nous n’entrons pas en concurrence avec le développement des énergies renouvelables dans le mix électrique, mais en complément. En effet, nous pouvons utiliser des éoliennes dites de réforme ou utiliser des énergies renouvelables de projets qui ne se seraient pas faits sans nous. Souvent, la taille des parcs éolien est conditionnée par les données du réseau électrique. Nous offrons la possibilité de rajouter d’autres éoliennes pour produire de l’hydrogène local.

En quoi consiste votre premier site industriel en Vendée ?

La construction de notre premier site industriel débutera en Vendée au cours du premier semestre 2020, à proximité du parc éolien de Bouin. Nous avons levé 8 millions d’euros et avons 3 millions d’euros de financements supplémentaires amenés par la Communauté de Commune de Challans Gois sur laquelle nous nous implantons, de la région Pays de la Loire et de BPI France. Cela permettra de financer l’équipe et le premier site en Vendée. Nous aurons 4 000 m2 de bâtiments : 1 500 m² dédiés à la production, le reste à notre centre de R&D. Grâce à ce parc éolien, nous avons un important potentiel de production d’hydrogène. Notre système est évolutif et modulaire, de 300 kg d’hydrogène par jour jusqu’à plusieurs tonnes, sachant qu’une éolienne suffira à produire l’hydrogène au départ. Alors que notre premier site ouvrira en 2021, nous avons déjà plusieurs demandes en France de la part de régions dotées de plans hydrogène et de pays du nord de l’Europe.

À quoi servira l’hydrogène produit ?

Notre solution est compétitive pour la mobilité par rapport au diesel et à l’essence. Faire un plein pour parcourir 700 km reviendra à 70 euros pour 3 minutes de temps de recharge. Pour cette application, nous produisons donc de l’hydrogène à prix compétitif sans aide particulière au développement des énergies renouvelables. Pour certaines collectivités, il peut toutefois être intéressant d’avoir des aides de l’Ademe ou de la région à l’achat de véhicules hydrogène, comme les bus, car les solutions hydrogène sont encore plus chères que les solutions carburant au gasoil.

Vous développez aussi une solution offshore…

Nous croyons beaucoup au développement de petits champs éolien offshore à plusieurs dizaines de km des côtes. Notre site de Vendée intégrera un pôle R&D qui développera le cœur de technologie, avec un démonstrateur à l’échelle 1/50e. La construction du premier site offshore devrait débuter en 2025. Au lieu de ramener l’électricité des éoliennes avec de gros câbles très chers, nous produirons de l’hydrogène par électrolyse d’eau de mer. Un bateau se chargera de ramener à terre l’hydrogène produit.

Le développement de l’hydrogène par électrolyse de l’eau ne pourrait-il pas poser des problèmes de ressources en eau ?

Pour produire 300 kg d’hydrogène, il faut entre 10 et 20 mètres cubes d’eau par jour. Pour éviter d’impacter les ressources en eau potable, nous faisons le choix d’utiliser de l’eau de mer dans nos sites proches des côtes. Cela sera le cas en Vendée. Mais il est vrai que si l’on développe l’hydrogène à très large échelle, on peut imaginer des problèmes sur les ressources en eau potable. En particulier, Alain Leboeuf président du SyDEV, le syndicat d’énergie de Vendée, martèle que dans certains départements, le développement de l’hydrogène obtenu par électrolyse de l’eau pourrait entraîner des tensions sur les ressources en eau au niveau local, d’où a nécessité d’envisager des solutions qui s’approvisionnent autrement qu’avec de l’eau du réseau.

Propos recueillis par Matthieu Combe.

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