Un projet de centrale marémotrice géante dévoilé au Royaume-Uni

Ce projet consiste à ériger près de Cardiff un lagon artificiel, dans l’estuaire de la Severn, ce fleuve qui sépare le Pays de Galles du sud-ouest de l’Angleterre.

Ce lagon serait équipé de 90 turbines exploitant les marées pour produire de l’électricité, a expliqué dans un communiqué Tidal Lagoon Power, la société à l’origine du projet.

Par son ampleur, ce projet dépasse a priori toutes les installations marémotrices existantes ou en projet. L’usine marémotrice de Cardiff aurait une capacité énorme, qui pourrait aller de 1.800 à 2.800 mégawatts selon le schéma retenu, soit l’équivalent de deux ou trois réacteurs nucléaires de taille moyenne.

De quoi alimenter en électricité 1,5 million de foyers, soit plus que la totalité des habitants du Pays de Galles, et ce pendant 120 ans, selon Tidal Lagoon Power.

En comparaison, la célèbre centrale marémotrice de la Rance, en Bretagne (ouest de la France), mise en service dans les années 1960, dispose d’une capacité de 240 mégawatts seulement.

Longtemps la plus grande installation du genre, l’usine de la Rance a été supplantée en 2011 par la centrale de Sihwa, en Corée du Sud, pays où une autre usine marémotrice de plus de 1.000 mégawatts devrait être inaugurée cette année, à Incheon.

Le projet de Cardiff n’en est toutefois qu’à ses débuts. Tidal Lagoon Power espère soumettre une demande de permis de construire en 2017, en vue d’une mise en service potentielle en 2022.

Le coût total du projet n’est pas chiffré mais l’entreprise estime que pour être rentable, l’électricité produite devrait vendue entre 90 et 95 livres par mégawattheure, un prix de revient proche des nouveaux réacteurs nucléaires projetés au Royaume-Uni.

Si la taille du projet donne le tournis, l’entreprise n’en est pas à son coup d’essai : Tidal Lagoon Power est déjà derrière un projet de centrale du même type dans la baie de Swansea, toujours au Pays de Galles, d’une capacité plus modeste de 320 mégawatts, qui lui permettrait de démontrer la faisabilité de sa technologie, et constituerait une première mondiale.

La remise éventuelle d’un permis de construire pour ce projet pilote, qui suscite l’intérêt officiel du gouvernement britannique, est attendue en juin.

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Nouvelle sortie orbitale de deux astronautes pour préparer l’ISS aux futurs vaisseaux habités

Les Américains Barry Wilmore, commandant de l’équipage de l’ISS et Terry Virts, ingénieur de vol, ont émergé de la chambre de décompression de la Station à 11H52 GMT, une vingtaine de minutes plus tôt que prévu.

La Nasa a donné son feu vert à cette troisième sortie après avoir discuté d’une infiltration d’eau mineure dans le casque de Terry Virts à la fin de la précédente expédition orbitale le 25 février.

Les responsables de la mission ont conclu vendredi que « les systèmes de refroidissement du scaphandre étaient en bon état de fonctionnement ».

La craindre de la réapparition de ce dysfonctionnement récurrent avait retardé de 24 heures la première sortie orbitale il y a une semaine pour examiner davantage le fonctionnement des deux scaphandres spatiaux.

Ce problème avait contraint en 2013 l’astronaute italien Luca Parmitano de l’Agence spatiale européenne (ESA) de regagner la Station en urgence alors que son casque s’était rempli d’eau à moitié.

Pendant cette excursion de près de sept heures ils doivent installer plus de cent mètres de câblage et des antennes pour que les futurs équipages de ces vaisseaux puissent communiquer avec l’ISS.

Pour Barry Wilmore (52 ans), il s’agit de la quatrième sortie dans l’epace de sa carrière et la troisième pour Terry Virts (47 ans).

C’est également la 187e expédition consacrée à l’assemblage et à l’entretien de l’ISS depuis le début de sa construction en 1998.

Comme elle l’avait fait pour les deux premières sorties dans l’espace, l’astronaute italienne de l’ESA, Samantha Cristoforetti, assiste dimanche les deux réparateurs de l’espace en coordonnant cette chorégraphie orbitale. Elle est aussi aux commandes du bras télémanipulateur, Canadarm2.

Les travaux effectués au cours de ces trois sorties dans l’espace permettront notamment d’installer ultérieurement des adaptateurs pour l’amarrage des deux futurs vaisseaux construits par les sociétés privées SpaceX et Boeing.

Ces capsules achemineront des astronautes à la Station à partir de 2017 dans le cadre de contrats avec la Nasa.

Les Etats-Unis mettront ainsi fin à leur dépendance vis-à-vis des vaisseaux Soyouz russes pour transporter leurs astronautes jusqu’à l’ISS depuis la fin des vols de la navette spatiale. La Nasa paye actuellement plus de 70 millions de dollars le siège à l’agence spatiale russe.

Les deux installateurs de l’espace avaient également longuement lubrifié mercredi dernier un grand nombre de mécanismes du bras télémanipulateur de la Station, Canadarm2.

Les deux adaptateurs d’amarrage eux-mêmes seront livrés plus tard cette année à l’ISS par la capsule Dragon de SpaceX. Ils seront alors attachés robotiquement.

Dans le cadre de cette reconfiguration, un module de stockage de fret, actuellement attaché sur le module américain Unity, sera aussi déplacé pour laisser la place pour un des deux nouveaux ports d’amarrage. Il sera fixé sur Tranquility, un module d’habitation américain.

Le nouveau vaisseau de Boeing, le CST-100, d’une capacité de sept places, sera la première capsule privée habitée à s’amarrer à la Station en 2017. La capsule Dragon V2 de SpaceX, également capable de transporter sept astronautes, suivra peu après.

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La Pérovskite dope le rendement des cellules solaires en silicium

17%. C’est le rendement d’une cellule solaire obtenu par l’équipe de Michael McGehee. Nettement mieux que les 11.4% de rendement de la cellule en silicium d’origine. Leurs travaux publiés dans Energy & Environmental Sciences révèlent l’utilisation d’un deuxième matériau, la pérovskite. Seule, la pérovskite n’offre pas de performances spectaculaires.

Lors de sa première utilisation en tant que cellule solaire, le minéral n’affichait qu’un petit 3.8% de rendement. Mais en seulement 5 ans, les acteurs du monde de la recherche ont nettement amélioré sa performance qui atteint désormais environ 12%.  Un gain rapide qui fait de la pérovskite un matériau prometteur et attractif, d’autant qu’il ne coûte pas cher : une cellule en pérovskite est 5 fois moins chère que son homologue en silicium. Mais la cellule solaire en silicium conserve une avance notable avec un rendement moyen de 15%, et un maximum en laboratoire de près de 25%.

Si des scientifiques coréens ont réussi à obtenir un rendement record de 20% pour une cellule en pérovskite, cela reste très inférieur aux performances obtenues avec le silicium.

Habités par l’adage « L’union fait la force », les chercheurs de l’université de Stanford ont décidé d’empiler une cellule en silicium avec une cellule en pérovskite. Bingo ! La cellule en silicium avait un rendement de 11.4%, celle en pérovskite de 12.7%, mais l’ensemble permet un rendement de 17%. Pour comprendre d’où vient l’amélioration, il faut regarder du côté du spectre d’absorption. Le silicium capte les photons des domaines du visible et de l’infrarouge, tandis que la pérovskite absorbe uniquement ceux du visible, mais dans la partie haute énergie. Une complémentarité exploitée avec succès par les chercheurs de Stanford.

Si l’évolution du rendement des cellules solaires à base du couple silicium/pérovskite suit celle des cellules en pérovskite, les panneaux solaires vont devenir ultra-rentables !

Par Audrey Loubens

Ces matériaux utilisent la photocalyse pour purifier l’environnement

Cela se passe au fond d’une vallée de l’Isère : Des riverains excédés des mauvaises odeurs provenant de l’usine de papier du coin se révoltent à grand coup de pétitions ou encore de création d’associations. Disons-le, ça sent le roussi ! Pour tenter de régler ces querelles de voisinage, la société finlandaise Ahlstrom essaie de couvrir les émanations de sa papeterie par des pulvérisations d’odeur de rose. Peine perdue, non seulement cela sent toujours mauvais, mais en plus cela attire les mouches et autres insectes. La société n’est plus du tout en odeur de sainteté !

Heureusement, en partenariat avec Locabri, elle met au point un système innovant et écologique pour soulager le nez des habitants : le bâtiment anti-odeur. Breveté en 2005, celui-ci repose sur le couplage entre un filtre actif avec de la photocatalyse. Du charbon actif, capable d’adsorber 20% de son poids, est pris en sandwich entre des grilles de matelas fibreux. Sur l’une des faces, on dépose du dioxyde de titane qui jouera, grâce aux UV du soleil, le rôle de photocatalyseur. Un système de flux d’air apporte les molécules sur le filtre pour y être adsorbées. La photocatalyse permet de nettoyer le filtre en dégradant les polluants capturés dans le charbon actif. En pratique, le bâtiment anti-odeur consiste en une tente souple dans laquelle on a découpé des panneaux pour y encastrer les fenêtres contenant le système anti-odeur.

Dans ce cas, le système de dépollution permet d’assainir un bâtiment précis, mais il est possible d’envisager de dépolluer des surfaces plus étendues, comme des routes ou des murs. C’est le cas avec le revêtement routier NOxer®, mis au point par Eurovia, filiale de Vinci. Il s’agit d’un enrobé drainant recouvert d’un coulis à base de ciment contenant du dioxyde de titane. Grâce aux UV et au dioxygène de l’air, le TiO2 agit sur les oxydes d’azote pour les transformer en nitrates. Ceux-ci seront ensuite balayés par l’eau de pluie. En laboratoire, le revêtement dépollue 90 % de l’air mis en contact.

Toutefois, en pratique la dépollution est plus difficilement quantifiable puisqu’elle dépend de nombreux facteurs environnementaux comme l’ensoleillement, le vent ou encore les poussières. Ce revêtement a été utilisé la première fois à Dinan en 2006, si depuis d’autres villes ont choisi d’opter pour la chaussée dépolluante, d’autres l’ont utilisé pour recouvrir des murs anti-bruit. D’autres matériaux efficaces grâce à al photocatalyse existent, comme les plaques de plâtre ActivAir de la société Placo capables de réduire la concentration de composés organiques volatils (COV) ou encore les dalles EcoGranic d’UrbaTP qui revendique 75% de dépollution de l’air en termes de COV et jusqu’à 80% pour les oxydes d’azote.

De son côté, Saint Gobain Glass a appliqué le principe au verre, de façon à créer Bioclean, un verre cumulant les propriétés auto-nettoyantes et hydrophiles. Le TiO2 permet de dégrader les polluants grâce aux UV puis la propriété hydrophile permet de les éliminer très efficacement lors du rinçage qui ne laisse aucune trace après évaporation.

Les matériaux autonettoyants/dépolluants se retrouvent sur des supports de plus en plus variés comme des toiles, des plastiques ou encore des aciers comme ceux développés par Arval, filiale d’Arcelor Mittal subissant un traitement de surface à base de TiO2. Le succès de ces matériaux « verts » n’est pas près de s’essouffler, avec les utilisations urbaines mais aussi des applications dans le médical comme bactéricide et antiviral.

Par Audrey Loubens

Un nouveau matériau simule la cape d’invisibilité

Cette sorte de cape d’invisibilité mécanique est constituée d’un méta-matériau polymère présentant une microstructure spéciale. La clé du développement a été la précision de la microstructure réalisée. Le matériau cristallin a été créé avec une précision inférieure au micromètre, de manière à atteindre les propriétés mécaniques souhaitées.

Lors des premiers tests effectués, un demi-cylindre dur a été inséré dans le matériau. La structure du méta-matériau redirige les forces exercées par le doigt ou l’instrument de mesure de manière à dissimuler le demi-cylindre. A l’inverse, si une mousse légère ou plusieurs couches de coton étaient placées au-dessus du demi-cylindre, celui-ci serait difficile à ressentir en surface mais toujours détectable.

Le développement de ce matériau, complexe, a été permis par une méthode d’écriture laser directe mise au point par une spin-off du KIT, Nanoscribe. Le polymère artificiel a été choisi pour ses caractéristiques mécaniques spécifiques : dur à la pression, élastique au cisaillement. Des applications seront possibles d’ici quelques années, afin de produire des matériaux dont on maîtrisera parfaitement les caractéristiques mécaniques.

Source : Bulletins electroniques

Les quasi-cristaux, au service de l’impression 3D

Rangez trompettes et tocsins, ce n’est plus une surprise pour personne : la révolution initiée par les imprimantes 3D est bien en marche, avec une nette accélération depuis le début du XXIe siècle. Elle connaît une expansion telle que sa croissance mondiale est à deux chiffres depuis plus de dix ans.

Ses nombreuses applications – notamment dans l’industrie – et sa rapide démocratisation laisse penser que l’impression tridimensionnelle pourrait être l’un des éléments essentiels de ce que l’essayiste américain Jeremy Rifkin appelle « la troisième révolution industrielle ».

L’un des freins à l’avènement de cette nouvelle ère réside pourtant dans le choix des matériaux à disposition. Les industries automobile, aérospatiale et aéronautique ont, à titre d’exemple, de plus en plus recours à l’impression 3D pour fabriquer certains de leurs composants, mais le choix actuel des matériaux utilisés satisfait de moins en moins les exigences des géants de ces secteurs. Ils réclament avec insistance de nouveaux composites pour produire des pièces plus solides, encore plus légères, et dont les propriétés fonctionnelles seraient plus adaptées à leurs besoins.

Et si la solution venait… des quasi-cristaux ? Découverts en 1982 par le scientifique israélien Dan Shechtman – découverte qui lui valut le prix Nobel de chimie en 2011 – les quasi-cristaux sont en tout cas l’une des pistes étudiées par les chercheurs de l’institut Jean Lamour (université de Lorraine / CNRS), qui travaillent depuis plusieurs années sur la possible utilisation de matériaux composites à base de ces alliages métalliques dans les processus de fabrication additive.

Les quasi-cristaux sont des alliages métalliques complexes possédant certaines propriétés des cristaux – un spectre de diffraction essentiellement discret – mais dont la structure n’est pas périodique.

Le faible coefficient de friction (pour un alliage métallique) de ces composites, combiné à une assez bonne résistance à la corrosion ainsi qu’à l’usure font que ces matériaux semblent très prometteurs, notamment dans le domaine de l’impression 3D. Ils resteraient néanmoins intrinsèquement cassants, ce qui éliminerait d’emblée leur utilisation comme matériaux de base. Deux alternatives subsistent : utiliser ces alliages dans des composites à renfort particulaire, ou les utiliser comme revêtement.

Les composites en question, combinant alliages métalliques complexes et métaux, ont des propriétés mécaniques équivalentes à l’acier cuivré, mais… en moins dense.

Des pièces moins denses représentent du pain béni pour les industriels du transport, car elles permettent de diminuer la consommation de carburant en diminuant le poids d’un véhicule. L’un des coauteurs, Samuel Kenzari, rappelle qu’il est également possible de renforcer les composites à matrice polymère avec ces quasi-cristaux, et que des pièces utilisant ces technologies sont déjà disponibles dans le commerce.

Par Rahman Moonzur

Ce matériau est capable de se refroidir en plein soleil

La problématique du réchauffement climatique pourrait bien avoir trouvé sa solution. Un nouveau matériau vient d’être créé par les chercheurs de l’Université de Stanford. Sa propriété ? Evacuer de la chaleur directement dans l’espace !

Pour réussir une telle prouesse, les scientifiques ont empilés 7 couches  de dioxyde de silicium et d’oxydes d’hafnium sur du silicium. Ils ont ainsi façonné un disque de 20 cm de diamètre et de 1.8 mm d’épaisseur.

Cet empilement procure au matériau la propriété de réfléchir 97% de la lumière provenant du soleil mais aussi de se refroidir naturellement en émettant des ondes capables de traverser le ciel jusqu’à atteindre l’espace, c’est le refroidissement radiatif.

Aussi appelé effet de serre inversé, il s’agit de la propriété de rayonner certaines longueurs d’onde dans l’espace, au-delà de  l’atmosphère. Cela permet d’évacuer de la chaleur, et donc de se refroidir. Mais pour que cela marche, il faut que l’atmosphère soit transparente aux ondes de chaleur. Cette fenêtre de transparence concerne des longueurs d’onde comprises entre 8 et 13 m. Le matériau fabriqué émet exactement à l’intérieur de cette fenêtre thermique, ce qui lui permet d’abaisser sa température naturellement, sans recourir à aucune source d’énergie extérieure.

Parus dans Nature, ces travaux décrivent comment ce nouveau matériau exploite ses propriétés originales même en pleine journée, exposé au soleil. Les expériences menées par les auteurs de l’étude montrent que le matériau possède une puissance de refroidissement de 40.1W et peut se refroidir de 4.9°C par rapport à la température ambiante lors d’une exposition directe au soleil.

Ce matériau pourrait avoir plusieurs applications, de la climatisation de bâtiments à la lutte contre le réchauffement climatique. Toutefois, cela implique que le coût de fabrication en grande série est acceptable, d’un point de vue économique mais aussi en terme d’empreinte CO2.

Par Audrey Loubens

L’avenir de la super-hydrophobie

Il y a quelques années, une équipe de chercheurs de l’institut d’optique de l’université de Rochester, dans l’État de New-York, est parvenue à développer un procédé permettant de rendre super-hydrophile différents matériaux. Leur succès fut si grand, et la super-hydrophilie si forte que, dans certains cas, l’eau pouvait jusqu’à défier la gravité en remontant doucement le long d’une surface traitée. Non-contents de leur découverte et conscients des parallèles à effectuer, les chercheurs se sont lancés un défi, en travaillant d’arrache-pied… sur le pendant hydrophobe de cette technologie.

Et leur approche a le mérite d’être pour le moins innovante. En lieu et place des habituels revêtements chimiques (que l’on peut retrouver, par exemple, sous forme de spray), l’équipe menée par le professeur Chunlei Guo a décidé d’appuyer sur un autre levier, en modifiant la surface-même des matériaux à traiter via une technique particulière de micro-gravure au laser. Le motif, unique, change la structure de la surface à la fois à l’échelle micro et à l’échelle nano.

La technique présente quelques sérieux avantages si on la compare aux revêtements super-hydrophobes traditionnels : une hydrophobie maximale, sans plus avoir besoin de se soucier de la dégradation des couches sur la surface traitée. D’après le professeur Chunlei Guo, il faudrait incliner la surface d’une poêle en Téflon de 70° pour qu’une goutte d’eau se mette à glisser, alors qu’il suffit d’une inclinaison presque négligeable pour se débarrasser des gouttelettes sur la nouvelle surface gravée au laser.

Pour rappel, l’hydrophobie se définit assez simplement : l’angle de contact d’une goutte d’eau, lorsqu’elle est sur une surface plane (localement), doit dépasser les 90 degrés. Au-delà de 150°, la surface est alors considérée comme étant super-hydrophobe. Un angle de contact égal à 180° signifie que la goutte d’eau est complètement sphérique, repoussant la zone de contact jusqu’à un simple point. À titre d’exemple, le Téflon d’une poêle n’est qu’hydrophobe, l’angle de contact moyen étant de 95°.

La super-hydrophobie présente de nombreux intérêts : outre ses évidentes qualités d’imperméabilisation, elle permet de lutter assez efficacement contre le gel, souvent fatal pour les isolants électriques, les lignes à haute-tension, ou le revêtement des ailes d’un avion. Elle est également efficace pour lutter contre la corrosion, et fournirait une option intéressante dans les domaines de la santé et de l’hygiène.

Par Rahman Moonzur

Crédit photo Rochester University / Chunlei Guo

Un gel contractile qui stocke l’énergie lumineuse

Afin de reproduire ce phénomène, une équipe de l’Institut Charles Sadron du CNRS menée par Nicolas Giuseppone, professeur à l’université de Strasbourg, a créé un gel de polymères capable de se contracter grâce à des moteurs moléculaires artificiels. Activés par la lumière, ces moteurs nanométriques enroulent les chaînes de polymères du gel qui se contracte alors sur plusieurs centimètres. Autre atout : ce nouveau matériau parvient à stocker l’énergie lumineuse absorbée. Cette étude est publiée dans Nature Nanotechnology le 19 janvier 2015.

En biologie, les moteurs moléculaires sont des assemblages protéiques très complexes capables de fournir un travail en consommant de l’énergie : ils participent aux fonctions essentielles du vivant comme la copie de l’ADN, la synthèse des protéines, et sont à l’origine de tous les processus de mouvement. Pris individuellement, ces moteurs ne fonctionnent que sur des distances de l’ordre du nanomètre. Mais en s’associant par millions, ils peuvent travailler de manière parfaitement coordonnée et leur action peut se répercuter à l’échelle macroscopique.

Depuis des dizaines d’années, les chimistes cherchent à produire ce type de mouvements à partir de moteurs artificiels. Pour y parvenir, les chercheurs de l’Institut Charles Sadron ont remplacé les points de réticulation d’un gel, qui raccordent les chaînes de polymères entre elles, par des moteurs moléculaires rotatifs, constitués de deux parties qui peuvent tourner l’une par rapport à l’autre si on leur fournit de l’énergie. Pour la première fois, ils ont réussi à faire fonctionner ces moteurs de façon coordonnée et pérenne dans le temps, jusqu’à l’échelle macroscopique : dès que les moteurs sont activés par la lumière, ils enroulent les chaînes de polymères du gel sur elles-mêmes ce qui a pour effet de le contracter.

De la même façon que les systèmes vivants, ces moteurs consomment de l’énergie pour produire un mouvement continu. Cette énergie lumineuse n’est cependant pas totalement dissipée : elle est transformée en énergie mécanique, par l’intermédiaire de l’enroulement des chaînes de polymères, et stockée dans le gel. Si le matériau est exposé de manière prolongée à la lumière, la quantité d’énergie contenue dans la contraction des chaînes de polymères devient très importante, allant jusqu’à provoquer une violente rupture du gel. Les chercheurs de l’Institut Charles Sadron cherchent donc, désormais, à tirer parti de cette nouvelle forme de stockage de l’énergie lumineuse, et à la réutiliser de façon contrôlée.

Source : CNRS

Du béton photovoltaïque

Ce nouveau matériau, appelé « DysCrete », est constitué d’un béton conducteur, d’une couche d’oxyde de titane capturant l’énergie solaire, d’un colorant (actuellement du jus de groseille) jouant le rôle d’électrolyte de la réaction, et d’une fine couche de graphite remplissant la fonction de seconde électrode. Enfin, l’intégralité du système est protégée par une couche supérieure transparente. L’innovation des chercheurs Hessois se situe dans leur capacité à intégrer le béton comme électrode (les systèmes existants disposent d’une couche supplémentaire jouant le rôle d’électrode).

L’objectif à terme est d’atteindre un rendement énergie électrique produite / énergie solaire reçue de 2%. Chiffre faible en apparence, mais à relativiser en prenant en compte les surfaces en jeu, bien plus importantes que dans le cas de panneaux photovoltaïques en silicium. D’autant que le système réagit aussi avec de la lumière diffusée, ce qui signifie qu’il aurait un rendement correct sur des façades orientées vers le nord (ou sud pour l’hémisphère sud).

Si un prototype a déjà été réalisé, le système doit encore faire ses preuves avant de passer à la phase industrielle : le Ministère fédéral pour l’environnement (BMUB) soutient ainsi le projet à hauteur de 150.000 euros jusqu’à mi-2015. Si le principe est posé, des évolutions sont donc encore à attendre quant à la composition des différentes couches du système.

5 matériaux de construction aussi design que performants

Bétons translucides

  • Litracon,  LiTraCon

La société hongroise LiTraCon (Light Transmitting Concrete)  a créé un béton translucide dès 2001. Comment ? En insérant 4% de fibres optiques entre les grains du béton. Sans lumière, ce béton a l’aspect d’un béton standard, mais dès qu’il est rétroéclairé le Litracon® laisse passer la lumière et permet de jouer sur les ombres d’éléments positionnés derrière. Seul inconvénient, son coût très élevé.

  • I Light, Italcementi

Les scientifique d’ Italcementi Group ont eu choisi d’incorporer de la résine et des adjuvants au ciment. Des inserts en polymères transparents permettent le passage de la lumière,  de quoi obtenir 20% de surface transparente. Un procédé qui permet d’abaisser les coûts par rapport à l’insertion de fibre optique. 

Ciment blanc

  • Bianco TX Millenium, Italcementi

Le cimentier  a breveté son ciment ultra-blanc  à l’occasion de la construction de l’église du Jubilée de Rome par l’architecte Richard Meier.

A base d’agrégats de marbre de Carrare pour la brillance, de métakaolin pour un aspect lisse, de dioxyde de titane comme pigment participant à la dégradation des polluants.

Verres ultra-transparents

  • Clarity, Guardian Industries

Le verre Guardian Clarity™ se veut une solution aux reflets indésirables. Ce vitrage antireflets est obtenu par dépôt d’un nuage de carbone sous vide par pulvérisation cathodique. Ce verre abaisse le facteur de réflexion à moins de 1% (antireflets double face), contre environ 8% pour un verre standard.

Une performance idéale pour les vitrines de magasin par exemple, qui s’assurent ainsi que les clients visualisent parfaitement les objets exposées, même par un fort ensoleillement. 

  • Vision-Lite, Saint-Gobain

Ce produit possède des qualités similaires au Guardian Clarity™ puisque le verre antireflets sgg Vision-Lite présente seulement 1% de réflexion résiduelle. Dans ce cas, une couche interférentielle est déposée sous vide par magnétron.

Avec une telle transparence, le sgg Vision-Lite et le Guardian Clarity™ sont une solution recherchée pour les devantures de magasins bien-sûr mais aussi les vitres de musée, de salles de contrôle mais aussi pour des panneaux publicitaires ou encore des cabines de commande d’engin.

Par Audrey Loubens

Biomimétisme, lorsque les scientifiques s’inspirent de la nature

Du verre rendu plus résistant par des micro-fissures

La nature est bien faîte et son observation peut se révéler très enrichissante comme le montre l’étude menée par des chercheurs de l’Université McGuill à Montréal et publiée dans la revue Nature Communications dans laquelle les travaux relatés spécifient qu’en s’inspirant des micro-fissures présentes dans la nacre ils ont pu obtenir un verre bio-inspiré 200 fois plus tenace qu’un verre classique.

Le verre est par nature fragile et il ne supporte pas bien les chocs. Pour remédier à ce fait, le chercheur François Barthelat explique avoir tracé des micro-fissures avec un laser dans des lamelles de verre; comme celles observées à l’intérieur de la nacre. Ainsi, en cas d’impact, l’énergie est davantage absorbée. Les fissures se déforment sous la pression mais ne se propagent pas, ce qui se traduit par une ténacité 200 fois plus importante que le verre de départ.

Cette technique devrait bientôt être vérifiée sur d’autres matériaux.

Quand les fenêtres font office de régulateur thermique

En hiver les déperditions de chaleur sont inévitables. Du coup, on chauffe plus que nécessaire. À l’inverse, l’été, on aimerait souvent que la température soit plus douce afin d’éviter de ressortir le ventilateur ou d’activer la climatisation quand on en dispose. Le professeur Ben Hatton de l’Université de Toronto a peut-être trouvé une solution à ce problème en créant un matériau bio-inspiré qui rendrait nos fenêtres moins coûteuses en énergie en les transformant en régulateur thermique.

Comme il l’explique dans un article écrit pour le journal scientifique Solar Energy Material and Solar Cells, le professeur Ben Hatton a utilisé une pellicule d’élastomère flexible et transparent, un polymère à base de polydimethylsiloxane (PDMS), qu’il a intégré aux fenêtres classiques. Or, les PDMS possèdent des vaisseaux à l’intérieur desquels circule de l’eau à température ambiante. À l’instar du réseau vasculaire interne de certains organismes, ces derniers peuvent agir comme un mécanisme de refroidissement. Le professeur prend d’ailleurs en exemple les « vaisseaux sanguins qui se dilatent pour augmenter le flux sanguin au contact de la peau afin d’augmenter le transfert de chaleur par convexion, tandis que la vasoconstriction (diminution du calibre des vaisseaux sanguins) limite le flux lorsque la peau est exposée au froid. »

Quand on sait que pour un bâtiment lambda, la facture est accaparée à 40% par ce problème de fenêtres, son idée s’avère des plus intéressantes. Mais cela en fera-t-il l’outil de contrôle thermique du futur ?

Le matériau céramique inspiré de la nacre

La résistance ne fait pas partie des avantages naturels des céramiques. Aussi il est fréquent de leur adjoindre des matériaux plus tenaces, d’origine métallique ou polymère, pour les renforcer. Malheureusement ce système à ses limites. C’est pourquoi une équipe de chercheurs français s’est inspiré du revêtement intérieur des ormeaux, composé à 95% de carbonate (l’aragonite), pour créer un matériau dix fois plus solide qu’une céramique, qu’elle ait été réalisée traditionnellement ou d’après une méthode plus sophistiquée.

Parue dans la revue Nature Materials, une étude réalisée par les équipes du Laboratoire de synthèse et fonctionnalisation des céramiques (CNRS/Saint Gobain) en collaboration avec le Laboratoire de géologie de Lyon : Terre, planètes et environnement (CNRS/ENS de Lyon/Université Claude Bernard Lyon 1) et le Laboratoire Matériaux : ingénierie et science (CNRS/INSA Lyon Université Claude Bernard Lyon 1) montre en effet comment ils s’y sont pris pour obtenir ce résultat.

Les chercheurs ont mis de l’alumine, une poudre céramique, en suspension dans de l’eau puis l’ont « congelé » progressivement jusqu’à obtenir des cristaux de glace. Cela a entraîné un auto-assemblage de l’alumine sous forme d’un empilement de plaquettes. En phase finale, le matériau a été densifié à haute température.

Voilà, il « suffisait » finalement d’inclure une étape de congélation dans le processus de création pour obtenir une céramique dix fois plus tenace que la moyenne. En bonus, cette méthode est applicable à d’autres poudres céramiques et son industrialisation ne semble pas poser de problèmes.

Des matériaux hydrophobe à l’effet lotus

Les feuilles de lotus ont la particularité de ne pas retenir les gouttes d’eau qui glissent sur leur surface. Des chercheurs de l’Institut de recherche et d’ingénierie des matériaux de Singapour se sont inspirés de cette capacité pour créer un matériau capable de faire la même chose avec de l’huile.

Il leur a fallu reproduire la surface de la feuille de lotus, faîte de micro-ruguosités, pour obtenir un revêtement superhydrophobe.

L’idée est de produire un matériau qui résiste à la pollution ou plutôt qui serait autonettoyant. Dans le cas d’un pare-brise par exemple, le passage de la pluie entraînerait les particules sales grâce à l’effet lotus. Cette faculté d’auto-nettoyage des surfaces hydrophobes a été observée dans les années 1970 bien que les premières utilisations dans le champ biomimétique n’aient eu lieu que vingt ans plus tard. Aujourd’hui, ces recherches intéressent toujours les industriels qui tentent toujours de découvrir de nouveaux matériaux aptes à rester propres.

Light Cocoon, la voiture bio-imprimée en 3D et bio-inspirée

Conçu par la firme allemande EDAG, ce nouveau bijou de technologie s’inspire ici, aussi surprenant que cela puisse paraître, d’un squelette recouvert de peau. Le prototype baptisé Cocoon reprend la structure de l’édition précédente « Genesis » présentée au salon de Genève. Il s’agissait d’un squelette « bionic body structure » imprimé en 3D mais dépourvu de « peau ». Or, c’est précisément à ce niveau que se distingue Light Cocoon puisque le châssis 3D est ici recouvert d’une fine membrane textile imperméable qui le protège des intempéries.

EDAG s’est adjoint les services de Jack Wolfskin, marque allemande de vêtements d’extérieur, pour fabriquer ce matériau ultra-léger et résistant surnommé « Texapore SoftShell 02+ » que l’on pourrait comparer à un K-Way. Environ 25% du poids normal d’une voiture de cet acabit pourrait être économisé de cette manière. En outre, le tissu laisse la lumière le transpercer, ce qui permet de voir la structure, y compris la nuit avec les leds internes et confère à la Light Cocoon un design forcément original. Ce nouveau concept sera dévoilé au prochain salon de Genève en mars.

Par Sébastien tribot

MarkerBot ouvre la voie de l’impression 3D à base de poudre de bois, de métal et de roche

Jusqu’à présent, l‘impression 3D estampillée grand public se cantonne à l’extrusion de plastique et de résine. Les possibilités de création sont certes nombreuses mais, somme toute, limitées par ce matériau. La société américaine (née à Brooklyn en 2009) a donc voulu pousser l’expérience plus loin et faire évoluer l’impression 3D; entendez par-là, au-delà de l’augmentation des dimensions de l’objet imprimable.

En réalité, la méthode ne change pas, il s’agit toujours de fabrication additive. Ce qui change en revanche, c’est le matériau de base. MarkerBot a combiné les filaments à base d’acide polylactique (PLA), un polymère entièrement biodégradable, à de la poudre contenant une faible portion de bois, de pierre ou de métal. Les objets ainsi conçus, plus que de ressembler aux matériaux, en auraient le toucher, le poids et parfois même l’odeur! 

Les filaments-fer auront par exemple la propriété magnétique – permettant notamment l’accrochage de post-it aux portes de réfrigérateurs – tandis que les filaments-bronze donneront aux objets une patine avec le temps. Le filament-bois quant à lui, en partie composé de bois d’érable, ira jusqu’à reproduire l’odeur de cette essence.

Pour chaque type de matériau, une extrudeuse spécifique sera certainement nécessaire. Il faudra donc en acheter au moins trois pour extruder les différents matériaux puis remplacer celle en place sur l’imprimante MakerBot, selon le besoin. L’idée est maligne puisqu’elle rend l’entreprise américaine maîtresse de ce marché – les filaments ne fonctionneront que sur une machine MakerBot – et pousse (force?) le consommateur à l’achat. Il faudra attendre la fin 2015 pour se procurer ces nouveaux filaments dont le prix n’a pas encore été communiqué.

Par Sébastien Tribot

Pirater un réseau Wi-Fi public ? Un jeu d’enfant

Betsy Davies n’a que 7 ans, mais il lui a suffit de 10 minutes pour pirater un hotspot Wi-Fi public, dans un café. L’histoire, qui a créé le buzz au Royaume-Uni, était en réalité une opération de communication montée par Hide my Ass, une société spécialisée dans les VPN et le chiffrement de données.

Mais elle reste révélatrice de l’extrême dangerosité d’un usage sans filet des réseaux Wi-Fi publics. Hide my Ass a fourni à Betsy Davies une vidéo explicative (un tutoriel), qui a permis à la jeune fille d’apprendre à pirater un hotspot, comme s’il s’agissait d’un jeu… “A une époque où les enfants baignent dans les nouvelles technologies et le codage, le piratage est littéralement devenu un jeu d’enfant, et n’importe quel profane peut aujourd’hui pirater un hotspot WiFi”, indique le spécialiste en sécurité, Marcus Dempsey, au site Information Age.

Pour pirater le réseau, Betsy a simplement créé un faux point d’accès, se faisant passer pour celui du café. Les clients se sont ensuite connectés à son hotspot, ce qui a permis à la jeune fille de réaliser une attaque “man in the middle”. Avec un analyseur de réseau sans fil (« packet sniffer »), un logiciel qui permet de “sniffer” les paquets de données, elle était alors en mesure de récupérer des données personnelles (mots de passe, e-mails, documents). Sessions reniflées, comptes détournés Au delà de ce test mené par Hide my Ass, un expert en sécurité (adulte) a fait une expérience similaire, mais plus en profondeur, en 2013. Eric Geier, fondateur de NoWiresSecurity (une société de conseils à destination des entreprises souhaitant sécuriser leur Wi-Fi), s’est lui aussi installé dans un café. Parce que “les réseaux Wi-Fi sont semblables aux ondes publiques, que n’importe qui peut capter”, il a réussi, lui aussi via un « packet sniffer », à “capturer” des signaux Wi-Fi.

Sur son écran d’ordinateur, il pouvait ainsi voir les pages web visitées par des internautes connectés au réseau Wi-Fi, mais aussi récupérer les idenfiants d’un compte Webmail, des adresses e-mail, des mots de passe, et même des messages instantanés passant par Yahoo! Messenger (non chiffrés). Eric Geier a aussi utilisé une application Android, DroidSheep, qui lui a permis de « renifler » toutes les sessions ouvertes par d’autres internautes connectés au réseau, et de « se rendre sur ces sessions à leur place : Facebook, Twitter, Yahoo, Live, Flickr”, afin de détourner leurs comptes. DroidSheep cherche et répertorie toutes les connexions non sécurisées à des sites Web populaires, et permet d’ouvrir les sites en utilisant la session de quelqu’un d’autre, en exploitant des vulnérabilités.

Les VPN et Tor à la rescousse Les réseaux Wi-Fi publics sont bel et bien de véritables passoires. D’où la nécessité, soit de s’en passer, soit d’utiliser un VPN. Ce réseau privé virtuel vous permettra de surfer anonymement, et chiffrera votre connexion, en modifiant votre adresse IP via des serveurs proxys situés à l’étranger. Hyde my Ass a fait le buzz, mais il existe d’autres VPN, plus fiables, bien que payants, comme Toonux VPN ou Strong VPN. En matière de VPN gratuits, Freedom-IP s’avère une solide alternative. Enfin, il n’est pas inutile d’utiliser le réseau Tor, qui vous permettra de surfer anonymement, derrière des serveurs relais qui cacheront votre adresse IP. Pour cela, rendez-vous dans notre article sur l’anonymisation en ligne, où des solutions pour PC et smartphones vous serons proposées.

Par Fabien Soyez

La photo de la semaine #4

Bravo à Patrick O qui a trouvé la réponse à La photo de la semaine #2 : Il s’agissait en effet de craie

 

Place donc à la photo de la semaine #4 ! Cette semaine, à vous de découvrir ce qui se cache sur cette image, et sa provenance

  • Mais qu’est-ce donc ?

Vous voulez tenter de découvrir ce que représente cette photo, obtenue à l’aide d’un microscope à lumpière polarisée ?

Publiez vos propositions dans la zone « commentaires » ci-dessous.

Stephen Hawking, une vie extraordinaire

Stephen Hawking, c’est un cerveau parmi les plus performants du siècle et – cruelle ironie – un corps rendu inapte à tout mouvement en raison d’une maladie dégénérative connue sous le nom de maladie de Charcot. Frappé à 21 ans, condamné par les médecins à une paralysie progressive de toutes ses fonctions motrices en un temps record et à deux ans de vie maximum, l’astrophysicien anglais, dans le malheur de son handicap, a la chance que son cerveau soit indemne. Il a contredit les pronostics puisqu’il est aujourd’hui âgé de 73 ans, a eu trois enfants, deux femmes et a produit l’une des théories les plus ingénieuses de son temps, celle des trous noirs.

James Marsh, réalisateur qui alterne fictions et documentaires (Le funambule, soit le voyage de Philippe Petit sur un fil tendu entre les Twin Towers, ou Le projet Nim, chronique de l’échec de l’adoption d’un chimpanzé élevé comme un homme), a une marque de fabrique : dresser le portrait d’hommes extraordinaires. Des héros. Parfois des fous. Des hommes qui se démarquent par leur génie, leur excentricité, leur force de vie, leur propension à relever des défis.

Le temps du titre, c’est celui de vingt-cinq ans de la vie d’Hawking, celui de son mariage, de son combat contre le handicap, mais aussi celui du temps auquel il a consacré toutes ses recherches consignées dans le best-seller Une brève histoire du temps.

Le film s’inspire du livre de Jane Hawking, épouse que Stephen rencontra à l’université de Cambridge. Une femme amoureuse dévouée corps et âme à son mari, et un personnage complexe. Subtilement, le film interroge ce qui peut animer Jane : une amoureuse consciente de vivre aux côtés d’un être exceptionnel, génie dont les travaux allaient faire franchir à l’astrophysique un pas de géant. Une infirmière à temps plein aussi, donnant la becquée, soignant, assistant à chaque instant son mari pour tous les gestes quotidiens.

Tant d’abnégation, tant d’amour pendant vingt ans pour un Stephen Hawking au charme, il est vrai, bien réel, est-ce que c’est une vie ? Surtout que le film, à en croire Jane Hawking, a gommé les sautes d’humeur de Stephen, totalement dépendant et néanmoins orgueilleux (et oui, c’est Hollywood face à l’Histoire). Jane avait-elle trouvé une raison d’être tandis qu’en retour elle offrait au scientifique de quoi mener le plus possible une vie normale, celle-là même qui donna à Hawking le courage de continuer ?

Depuis leur rencontre à Cambridge, c’est au travers du regard de Jane que l’histoire merveilleuse nous est contée. En cela, le film ne colle pas aux codes habituels du biopic, il se concentre sur cette histoire d’amour à part, révélant tant le caractère d’Hawking et l’objet de ses travaux de chercheur que le portrait de Jane, une femme exemplaire à sa façon. Mention spéciale pour le comédien Eddie Redmayne qui prête au personnage sa gueule d’amour – il est un peu trop beau mec quand le vrai Hawking ne l’était pas mais c’est plus agréable pour les yeux !

Sa performance est d’une grande justesse, le défi était pourtant de taille. Drame romantique, le film de James Marsh évoque un amour, un combat qui est une sacrée leçon (à méditer chaque matin où l’on se lèverait du mauvais pied), et parvient à contourner le pathos d’une histoire aussi incroyable que vraie dans une mise en scène élégante. Parfois, oui, la vie offre des drames romantiques. Celui d’Hawking et Jane en est un.

A bon entendeur.

Source : La Revue Bancal, Par Claire Chevrier

Invitation Stemmer Imaging

STEMMER IMAGING organise deux journées techniques dédiées à la présentation de différentes nouveautés dans le domaine de la vision industrielle.

La première se déroulera à STRASBOURG le mardi 17 mars 2015  au Grand Hôtel de Strasbourg  et la deuxième à LYON  le jeudi 19 mars 2015 espace Multiburo Lyon Gare Part-Dieu.  

Ces deux journées techniques seront articulées autour de 3 axes

1. Le développement de l’infrarouge lors d’une présentation intitulée : « de l’ultraviolet à l’infrarouge », animée par Christophe MOREAU, Directeur Commercial d’ALLIED VISION France.

2. L’approche caméra Embedded » : les ingénieurs de STEMMER IMAGING présentent les fonctionnalités de la caméra « NEON » d’ADLINK.

3. Les technologies 3D par triangulation laser et projection de franges » et la gamme GOCATOR de LMI Technologies, comme introduction à la technologie 3D.

 

TELECHARGER L’INVITATION

 

Pour plus d’informations, veuillez contacter Fabienne Ellison

Téléphone: 01 45 06 95 66

Mail: [email protected] 

Ritme partenaire de vos métiers de l’industrie : des logiciels jusqu’aux formations appliquées

Calcul, simulation et visualisation des données, autant de domaines dans lesquels Ritme se met au service des ingénieurs de production pour leur proposer les outils logiciels adaptés et simples d’apprentissage. Les domaines d’application couverts sont vastes, depuis l’analyse de risques (@Risk) et la rationalisation des essais (Design Expert) jusqu’à l’optique (Zemax), en passant par l’analyse et le traitement de données analytiques (Mnova)

Pour faciliter le travail au quotidien des ingénieurs, Ritme va au-delà de la fourniture de logiciels.

C’est pour cela qu’en 2012 Ritme a lancé la Ritme Académie, pôle de formation, dont la mission principale est de former les ingénieurs sur les logiciels mais également sur la mise en forme et l’encadrement de leurs projets : média training, prise de parole en public, management transversal, enjeux multiculturels, assertivité…  

Ritme  travaille avec les experts reconnus dans vos domaines d’activité, afin que les échanges se fassent de professionnel à professionnel.

Découvrez un écosystème pensé pour l’ingénieur à l’occasion de nos petits déjeuners thématiques gratuits, relayés sur www.ritme.com.

Nous sommes à votre disposition à l’adresse [email protected] pour vous guider au long de vos besoins formations.

Le Fukushima d’AREVA

« Un Fukushima industriel », « Areva est aujourd’hui comme une centrale nucléaire dont le cœur est en fusion et l’enceinte de confinement prête à céder », « des choix désastreux », Jean-Michel Bezat du journal Le Monde ne mâche pas ses mots pour qualifier le naufrage financier du champion du nucléaire Français. Pour Capital.fr il s’agit de « pertes astronomiques », d’un « montant pharaonique ». La rédaction de Boursier.com souligne les pertes liées aux « contrats dont la réalisation a complètement déraillé, à l’image du chantier finlandais de l’EPR d’Olkiluoto 3 ». Selon Les Echos, « l’avenir d’Areva est en jeu » et le fleuron national est en « état d’urgence », « en fusion », Areva « frôle le précipice », « c’est l’avenir de l’ensemble du pôle nucléaire Français qui se joue ».

C’est que les pertes du groupe, sauf pour celles et ceux qui préfèreraient continuer avec la stratégie de l’autruche, sont objectivement exorbitantes. En 2013, elles étaient de 500 millions ce qui était déjà beaucoup. Mais en 2014 le gouffre s’est approfondi de 880%, d’un facteur 10, frôlant les 5 Mds d’€ de pertes. A titre comparatif le déficit de la branche maladie de la Sécurité sociale a été, à l’échelle nationale, de 7,3 Mds d’€ en 2014 et celui du Fond de Solidarité Vieillesse (FSV) de 3,7 Mds d’€. Le montant des pertes d’Areva est alarmant pour un groupe dont la capitalisation boursière est de 3,7 milliards d’euros. Ce montant ne ne prend d’ailleurs pas en compte les 2,3 milliards d’euros que le Finlandais TVO réclame à Areva compte-tenus des importants retards sur le chantier de l’EPR. Ce retard atteindra 9 ans en 2018, date aujourd’hui prévue pour la mise en service du réacteur (sauf retards additionnels non prévus). Areva est également en contentieux avec le CEA à propos du projet de recherche RJH, le réacteur « Jules Horowitz » qui est en construction à Cadarache. Le coût initialement prévu pour ce réacteur a été au moins doublé, à plus d’un milliard d’euros. Le titre Areva a chuté de plus de 50% en bourse depuis 1 an.

La Ministre de l’Energie Ségolène Royal, qui avant les élections présidentielles était favorable à une sortie complète du nucléaire à horizon 2040, a été contrainte de concéder que « la situation est difficile » pour Areva dont l’état est l’actionnaire largement majoritaire. « Difficile », un mot qui relève du doux euphémisme face à l’ampleur du cataclysme. Ségolène Royal a prôné comme remède une « synergie » entre le CEA, Areva et EDF. Or le CEA est déjà actionnaire du groupe Areva pour 54% des parts, et l’Etat directement à hauteur de 29%. EDF est détenu à 84% par l’état. Et le CEA est lui-même un organisme public. Le serpent qui se mord la queue.

A Bordeaux le grand solaire PV est dès à présent meilleur marché que le nouveau nucléaire 

Le 18 février 2015, à l’occasion de son audition par la Commission d’enquête relative aux tarifs de l’électricité de l’Assemblée nationale, Jean-Bernard Lévy, le tout nouveau président-directeur général d’EDF, a tenté de défendre la pertinence économique du choix du nucléaire en basant sa réflexion sur le coût du solaire photovoltaïque d’avant 2011. C’est à dire sur la base de données obsolètes compte-tenu de la cinétique de baisse des coûts du solaire. « Le coût du photovoltaïque est très loin de celui du nucléaire » a-t-il affirmé. Selon la Cour des Comptes le coût de production du vieux nucléaire déjà amorti est de 5,98 c€/kWh. Le coût de production du vieux solaire PV déjà amorti est proche de 0 c€/kWh (le soleil n’envoie pas de factures).

En France le tarif « T5 » (tout type d’installations, 0 à 12 MW) du solaire photovoltaïque est aujourd’hui de 6,62 c€/kWh. Celui des petites installations de 0 à 36 kW avec intégration simplifiée au bâti est de 13,47 c€/kWh mais ce segment n’est bien entendu pas comparable avec les 1650 MW d’un réacteur EPR. A Bordeaux, où la plus grande centrale solaire d’Europe (300 MW sur 3 kilomètres-carrés) est en construction sous la houlette du groupe Neoen, « le solaire sera moins cher que le nucléaire anglais ». L’électricité produite sera vendue au tarif de 10,5 c€ par kWh, tarif retenu dans le cadre d’un appel d’offre lancé par le gouvernement. « En Grande-Bretagne, le tarif d’achat pour le futur réacteur nucléaire EPR d’Hinkley Point est passé de 9,25£/kWh en 2012 à 9,70£/kWh en 2014. Comme le cours des monnaies est passé de 1,20 à 1,36 euro/livre sterling, il devient presque indécent de donner le nouveau coût de l’électricité en euros » souligne le site spécialisé Energeia. « La technocratie du nucléaire bien présente dans tous les rouages de l’Etat ne peut accepter une telle comparaison après des décennies de propagande pour le nucléaire ». N’en déplaise à Jean-Bernard Lévy, le kWh du nouveau solaire Bordelais est 20% meilleur marché que celui du nouveau nucléaire. Et Bordeaux n’est pas la région la plus ensolleilée de France: l’insolation y est comparable à celle de Lyon, Grenoble et Genève. A Toulon elle est 30% supérieure.

La capacité photovoltaïque hexagonale est aujourd’hui environ 8 fois inférieure à celle installée en Allemagne, pays moteur de la transition Européenne vers une électricité à base d’énergies renouvelables. Comme le souligne Gregory Lamotte, Fondateur de Comwatt, leader Français des solutions pour l’autoconsommation énergétique, « avec le montant des pertes d’Areva en 2014, on pourrait doubler la capacité photovoltaïque Française ».

En Europe, à l’échelle saisonnière, le solaire photovoltaïque est parfaitement complètementaire à l’éolien. A terre le coût de production de l’électricité obtenue à partir du vent est encore meilleur marché que celui du solaire. Le coût de production du kWh solaro-éolien (50/50) est d’environ 7 – 8 c€ en France. La France dispose dès à présent de 5 GW de STEP (Pompage-Turbinage) pour gèrer les fluctuations solaro-éoliennes, et cette capacité peut augmenter sans avoir à inonder de nouvelles vallées. Et elle dispose aussi de nombreuses interconnexions électriques avec ses pays voisins. Et si la synergie soleil-eau-vent-biomasse devenait le nouvel axe stratégique de la fusion CEA-Areva-EDF souhaitée par Ségolène Royal ? Et si la France et l’Allemagne agissaient enfin dans une perspective énergétique commune, devenant ainsi le grand moteur écologique de l’Union Européenne ?

Apple, dont la capitalisation boursière atteint 700 milliards de dollars (soit 166 fois celle d’Areva), et qui n’est pas particulièrement réputée pour prendre des décisions farfelues, inspirera-t-elle les décideurs Français ? Le géant Américain vient de faire le choix de répondre à l’intégralité de ses besoins électriques grâce au solaire. Ceci à la fois pour réaliser des économies et pour réduire son empreinte environnementale. A bon entendeur.

Olivier Daniélo

L’ingénieur geek #4 : AKOLYT, votre e-copilote

Akolyt pourrait rapidement devenir le partenaire idéal de tout conducteur à la recherche d’une voiture plus connectée. Car grâce à un boîtier communiquant avec votre smartphone en bluetooth 4,0, il transforme toute voiture de tourisme essence commercialisée après 2001 et toute voiture diesel commercialisée après 2004 en un véhicule connecté.

Une fois branché à la prise diagnostic de votre véhicule, à la manière d’une clé USB, le boîtier Akolyt récupère les informations disponibles, les traite et les transmet à votre smartphone par Bluetooth. A chaque démarrage, Akolyt effectue automatiquement un diagnostic du moteur. Si un voyant moteur s’allume, l’application vous indique l’origine du défaut. Enfin, en cas d’accident, il préviendra les secours.

Une prise et des algorithmes pour plus d’informations

Les 3 ingénieurs à la base de cette start-up sont des spécialistes des moteurs, anciens de chez PSA. Ils ont développé des algorithmes sophistiqués pour obtenir le maximum d’informations à partir de cette simple prise. «La prise diagnostic accède à l’ensemble des informations du véhicule. Les données moteurs sont ouvertes car la norme OBD impose de les mettre à disposition. Les autres données véhicules sont accessibles mais, tout en suivant un protocole unique, chaque constructeur code ces informations différemment. Nous nous concentrons actuellement sur les données moteur directement accessibles et standardisées pour tous les modèles », précise Etienne Delorme, Chef de Projet Marketing de Drust.

Akolyt fait également des diagnostics sur l’état de la courroie, des plaquettes de freins, des pneus… Si les mesures ne sont pas faites directement sur ces pièces, « nous exploitons les données disponibles de la prise OBD (nombres de km parcourus, vitesse…) et nous les injectons dans nos algorithmes de modèle d’usure pour ces différents composants. Notre expérience chez les constructeurs autos nous ont notamment amenés à bâtir ce type de modèles », explique Etienne Delorme.

Faire des économies, pour plus de sécurité tout en s’amusant  

Pendant que vous conduisez, l’application affiche une jauge représentant votre niveau d’efficacité de conduite. Pour ce faire, « nous analysons le profil de conduite de l’utilisateur via les données moteurs (régime, vitesse, couple, rapport de vitesse) que nous complétons avec les données dynamiques (accéléromètre, gyroscope). Ces données brutes sont filtrées / analysées et nous les comparons au même trajet qui aurait été parcouru de manière parfaite », nous éclaire Etienne Delorme. Le constructeur promet jusqu’à 30 % d’économies de carburant grâce aux conseils de son Akolyt. Il s’agit donc bien là d’un partenaire idéal pour passer à l’éco-conduite ! 

Il est possible d’appairer un même boîtier à 3 smartphones pour comparer ses résultats avec d’autres utilisateurs.  « Vous pourrez comparer votre efficacité de conduite avec vos enfants ou votre femme », s’amuse Etienne Delorme. Chaque trajet donne lieu à un score : vous pourrez enfin savoir objectivement qui conduit le mieux !

Sur la plateforme de financement Indiegogo, Drust a déjà largement dépassé le seuil des 30 000 euros fixé au départ. Pour les premiers participants, l’akolyt a été proposé à 69 €, puis à 79 €. Il est désormais au prix de 89 €, soit encore 25% de réduction par rapport au prix de lancement prévu en septembre. Le prochain objectif est maintenant d’atteindre 100 000 € et ainsi débloquer la fonction de localisation du véhicule. L’application sortira en septembre et sera disponible sur Android et iPhone.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Deux astronautes dans l’espace pour des travaux sur l’ISS

La sortie dans l’espace a démarré à 07H45 (12H45 GMT) pour Barry Wilmore et Terry Virts, munis chacun de sortes de valises contenant des câbles et des équipements.

Le but de la sortie est d’installer des systèmes pour permettre l’amarrage de deux futurs vaisseaux spatiaux privés qui seront construits par les sociétés privées SpaceX et Boeing. Ces appareils transporteront des astronautes vers la Station à partir de 2017 dans le cadre de contrats avec la Nasa.

La sortie de Barry Wilmore et Terry Virts avait été reportée de 24 heures vendredi afin d’examiner le fonctionnement des scaphandres spatiaux, un problème récurrent avec une pièce du système de refroidissement de l’un d’entre eux préoccupant les ingénieurs.

« C’est le même type d’inquiétude que nous avions eu en 2013 quand nous avions eu à gérer le problème d’infiltration d’eau dans le casque » de l’astronaute italien Luca Parmitano, avait dit en milieu de semaine Kenneth Todd, directeur des opérations de l’ISS.

La Nasa a constaté le problème lorsque les astronautes ont procédé à l’entretien de leurs combinaisons en décembre et ont découvert que le ventilateur d’une pompe n’accélérait pas comme prévu.

Le scaphandre utilisé par Terry Virts samedi a pu être réparé avec une pièce de rechange qui était dans l’ISS, et Barry Wilmore utilise quant à lui une combinaison flambant neuve acheminée tout récemment à la station par un vaisseau de ravitaillement.

« Tous les systèmes des deux scaphandres sont apparemment en excellent état », a affirmé Rob Navias, le commentateur de la Nasa, durant la retransmission de la sortie orbitale sur la télévision de l’Agence spatiale américaine.

Deux autres sorties sont prévues mercredi 25 février et dimanche 1er mars pour les deux astronautes qui vont devoir au total installer plus de 110 mètres de câblages.

Pour Barry Wilmore (52 ans), l’actuel commandant de la station, il s’agit de la deuxième sortie spatiale de sa carrière. C’est en revanche une grande première pour Terry Virts (47 ans).

L’astronaute italien Luca Parmitano avait dû interrompre en urgence une sortie à l’extérieur de la Station spatiale internationale (ISS) le 16 juillet 2013 en raison d’une importante fuite d’eau dans son scaphandre.

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Japon: deux horloges qui ne dérivent que d’une seconde en 16 milliards d’années

Selon une équipe de recherche dirigée par Hidetoshi Katori, professeur à l’Université de Tokyo, ces instruments dits « cryogéniques à réseaux optiques », qui ressemblent plus à des ordinateurs de bureau géants sans fonctionnalité qu’à des horloges traditionnelles, présentent une exactitude telle qu’elle ne peut être mesurée par les horloges atomiques actuelles qui définissent la durée de la seconde.

Leurs performances dépassent en outre la précision de dérive limitée à une seconde en 13,8 milliards d’années de l’horloge atomique qu’avaient dévoilée en août 2013 des chercheurs américains.

Les engins nouvellement développés utilisent des lasers spéciaux pour piéger des atomes de strontium dans des structures minuscules en forme de grille, selon l’équipe japonaise qui a publié son étude ce mois-ci dans la Nature Photonics.

Ainsi est mesurée la fréquence de battement des atomes, utilisés comme « pendule atomique ».

Le système doit cependant fonctionner dans un environnement extrêmement froid, autour de -180 degrés Celsius, pour réduire les impacts des ondes électromagnétiques alentour et maintenir ainsi le niveau de précision des appareils.

Les chercheurs ont fait fonctionner les deux horloges pendant un mois afin d’observer leur comportement et en ont déduit que cela prendrait quelque 16 milliards d’années pour dériver d’une seconde.

Ces instruments s’avèrent de loin beaucoup plus précis que l’horloge atomique au césium utilisée pour définir « une seconde », avec une dérive équivalente toutes les 30 millions d’années.

Cette nouvelle avancée en physique peut avoir des implications potentielles importantes non seulement pour la précision dans la mesure du temps universel, mais aussi par exemple sur la localisation par satellite (GPS) qui se base sur la différence temporelle, ainsi que sur la quantification des forces comme la gravité, le champ magnétique et la température.

Les chercheurs nippons espèrent en tout cas que les résultats de leurs études permettront d’accélérer les discussions sur la redéfinition de la seconde, selon le communiqué publié au Japon.

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300 exemplaires du robot Pepper disponibles au Japon pour les développeurs

La vente s’effectuera en ligne et dans la boutique SoftBank du quartier d’Omotesando à Tokyo, avec la priorité donnée aux développeurs qui ont manifesté leur intérêt depuis septembre dernier et ont été tirés au sort.

Un deuxième lot de Pepper est prévu pour cet été.

Le prix du robot seul est fixé à 213.840 yens (1.584 euros) l’unité.

Une liste d’applications et de fonctionnalités sont en sus disponibles moyennant le paiement de 575.424 yens (4.262 euros) en 36 mensualités, ainsi qu’une garantie optionnelle pour 381.024 yens (2.822 euros) à régler en 36 fois. Le coût total toutes options comprises dépasse ainsi 1,17 million de yens (8.668 euros).

Au regard de ce que coûtent généralement les plateformes de développement robotique, Pepper peut être considéré comme bon marché par les entreprises de logiciels dédiés aux machines.

SoftBank avait déjà mis quelques Pepper à la disposition de plusieurs développeurs à l’automne dernier, créateurs qui devraient présenter ce week-end leurs réalisations dans le cadre d’un concours spécial.

Pepper, robot semi-humanoïde blanc d’un peu plus d’un mètre de haut monté sur roulettes, s’appuie sur l’intelligence artificielle déportée en réseau.

Il sait notamment comprendre quand quelqu’un est content, triste ou en colère et est en théorie capable d’entretenir une conversation avec une personne, à condition que cette dernière ne dévie pas trop de la direction décidée par le robot.

L’androïde communique aussi à distance avec ses pairs à travers un réseau d’échange de données pour que chacun enrichisse ses connaissances et réagisse de mieux en mieux vis-à-vis des humains.

Un millier de Pepper ont déjà été engagés par le groupe Nestlé au Japon pour assister les vendeurs de machines à café dans des enseignes d’électroménager. D’autres jouent un rôle similaire dans quelques boutiques de SoftBank.

En proposant Pepper aux développeurs, le but de SoftBank est d’inciter les créateurs d’applications à l’enrichir de nouvelles fonctions, tout comme c’est le cas pour les tablettes et smartphones.

« Pepper est le premier robot à vraiment comprendre les hommes », se plaît à souligner le fondateur et patron de SoftBank, Masayoshi Son, ajoutant que « les enfants de demain sauront dès la naissance communiquer avec des robots ».

« Le but de SoftBank est de rendre les gens heureux grâce à la révolution de l’information », insiste aussi régulièrement le gourou nippon du secteur.

kap/anb/jh

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Premier prototype européen de robot endoscopique pour la micro-chirurgie laser des cordes vocales

La chirurgie des cordes vocales concerne les lésions cancéreuses, essentiellement liées au tabac (3 000 nouveaux cas par an) mais aussi, de plus en plus souvent, des lésions bénignes chez les personnes qui sollicitent beaucoup leur voix. Elle nécessite, afin de garantir la préservation de la voix du patient, une précision de l’ordre de 50 à 100 micromètres (environ le diamètre d’un cheveu). Or, à l’heure actuelle, la chirurgie utilise un laser dont la source est située à 40 centimètres de la bouche du patient, ce qui limite sa maniabilité et la précision du geste. Par ailleurs, le chirurgien opère à travers un microscope, et le tissu à traiter doit donc être dans le champ de visée, ce qui implique une position très inconfortable pour le patient, source de douleurs cervicales post-opératoires.

Pour pallier ces inconvénients, le projet européen μRALP1, porté par l’Institut italien des technologies, et associant entre autres l’institut FEMTO-ST et le CHRU de Besançon, développe un robot dédié à la chirurgie assistée des cordes vocales. Ce nouveau dispositif consiste en un endoscope flexible qui permet de visualiser les cordes vocales et d’amener la source laser à l’intérieur du patient, à 20 mm de sa cible. Véritable défi microtechnique, l’endoscope proposé embarque des éclairages en lumière froide, deux caméras miniatures pour assurer une vision en 3D, un laser chirurgical doublé d’un laser qui fait office de pointeur pour le chirurgien, et enfin, le micro robot de 1 cm3 qui va, grâce aux images fournies par les caméras, guider ces lasers le long de la trajectoire de référence dessinée par le chirurgien directement dans l’image à l’aide d’une tablette tactile. Grâce à une technique de fluorescence, des filtres aideront à déterminer s’il existe une zone cancéreuse au niveau de la lésion et augmenteront la précision du geste. Avec ce nouveau procédé, le chirurgien devrait obtenir une précision de l’ordre d’une centaine de micromètres.

Après de nombreuses étapes techniques de recherche et de développement, des essais précliniques sont effectués sur des cadavres à l’institut d’anatomie de l’Université de Franche-Comté pour la validation du concept du prototype actuel. Les essais de ce jour portent sur l’insertion de l’endoscope, la visualisation 3D, l’ergonomie du poste de travail et le guidage laser.

A terme, ce dispositif médical apportera une véritable valeur ajoutée à la phonochirurgie (chirurgie de la voix). En outre, les dispositifs conçus dans le cadre du projet μRALP pourront être utilisés dans d’autres systèmes robotiques chirurgicaux. Ainsi, l’institut FEMTO-ST et le CHRU travaillent déjà à la conception d’un endoscope pour la micro-chirurgie laser du tube digestif.

Source : cnrs

Le Royaume-Uni teste ses premières voitures sans conducteur

  • Bristol accueille le Venturer consortium, dont fait entre autres partie l’assureur Axa. L’objectif est d’étudier si les voitures sans conducteur peuvent réellement améliorer la sécurité sur les routes, ainsi que les problématiques réglementaires et d’assurance soulevées par ces nouveaux objets.
  • Greenwich accueille le Gateway scheme, dirigé par le Transport Research Laboratory, et impliquant entre autres General Motors. Ici seront testés des prototypes de navettes sans conducteur, ainsi que des services de voituriers automatiques pour ce type de véhicule.
  • Milton Keynes et Coventry accueillent le UK autodrive programme, impliquant Ford, Jaguar Land Rover ou encore Arup. Ce programme va tester le comportement des voitures autonomes sur la route, mais aussi de véhicules plus légers conçus pour les zones piétonnes. Seront plus spécifiquement étudiées les technologies à installer sur les routes pour assister la navigation de ces voitures.

Le chancelier de l’Echiquier George Osborne a annoncé il y a quelques mois un investissement supplémentaire de 9 millions de livres, venant s’ajouter aux 10 millions promis en juillet dernier. Les tests doivent durer de 18 à 36 mois.

Ces nouvelles technologies soulèvent malgré tout d’ores et déjà de nombreuses interrogations. Selon une étude réalisée par le site uSwitch.com, près de la moitié des britanniques refuseraient l’utilisation de ces véhicules par manque de confiance dans leur sécurité. Ils expriment également des inquiétudes concernant les responsabilités à engager dans le cas d’un accident.

Ces inquiétudes trouvent un écho dans une récente étude de l’Université de Michigan relayée par le quotidien The Telegraph. Cette étude souligne en effet que ces véhicules ne seront jamais complètement sûrs, notamment en raison des accidents qui ne sont pas dus au conducteur mais à des facteurs extérieurs et imprévisibles. Sont notamment pointés du doigt les comportements des automobilistes en chair et en os susceptibles de croiser la route des voitures automatiques. La cohabitation entre les deux types de véhicule constitue ainsi un point sensible sur lequel les citoyens demandent à être rassurés.

Pour finir, comme tout bon objet connecté, les voitures sans conducteur émettent et partagent des données numériques. Pour Guy Churchward, le directeur d’EMC, entreprise spécialisée dans la gestion des données numériques, cloud computing, etc., l’on s’engage ici non pas sur des problématiques de type Big Data (multiplication de la quantité des données), mais de type Small Data (éparpillement de myriades de micro-données). Or, pour gérer ces data, tout est d’après lui à inventer en matière de sécurité, stockage, gestion et application – et pas seulement pour les voitures, mais pour l’ensemble des objets connectés.

Le développement des voitures autonomes s’inscrit ainsi plus largement dans les problématiques soulevées par l’Internet des Objets (Internet of Things), identifié comme l’une des priorités technologiques du gouvernement britannique pour les années à venir.

Source : bulletins-electroniques

Cigéo en recherche d’une loi sur la réversibilité

La loi du 28 juin 2006, codifiée à l’article L.542-10-1 du code de l’environnement, prévoit que le Parlement vote une loi définissant les principes de réversibilité(*) de Cigéo. Le vote de cette loi devra se faire après le dépôt de la demande de création et après que cette demande ait reçu l’avis favorable de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Le dépôt de la demande d’autorisation de Cigéo devant se faire en 2017, certains acteurs du projet plaident pour que le choix politique sur la réversibilité intervienne préalablement au dépôt du dossier de demande d’autorisation de création du centre. Car faire déposer un dossier sur la base de contraintes en matière de réversibilité non connues n’est pas forcément le plus pertinent. Cest pourquoi le lobbying est à son comble pour faire adopter un article de loi coûte que coûte au plus vite.

Cette loi sur la réversibilité a ainsi été prévue un temps dans un article de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, avant d’être retiré. Puis, dans un article de la loi « Economie : croissance et activité » dite « Loi Macron ». Craignant le vote d’opposition des écologistes, cet article a été retiré par Emmanuel Macron lui-même, avant son texte final présenté en décembre dernier. Plusieurs amendements ont ensuite été proposés au Sénat ou à l’Assemblée pour réintroduire la notion de réversibilité dans la loi, mais ils ont tous été rejetés.

Les dernières nouvelles de Cigéo

Un débat public s’est tenu entre le 15 mai et le 15 décembre 2013. Suite aux difficultées rencontrées face aux opposants locaux au projet, les réunions publiques n’ont pas pu se tenir et le débat s’est déroulé majoritairement sur Internet. Une conférence de citoyens s’est tout de même tenue.

Suite à ces discussions, le calendrier a été adapté et des tests complémentaires définis. Le dépôt de la demande d’autorisation du projet a été repoussée de 2015 à 2017. Cette demande sera alors instruite par l’ASN et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) pendant une durée maximale de 3 ans.

La grande nouveauté est notamment la mise en place d’une phase industrielle pilote. Si le projet est autorisé, les travaux de construction débuteront en 2020 et seront suivis par la phase industrielle pilote en 2025. Cette phase permettra de faire des essais en profondeur sur le site de stockage prévu, notamment sur la réversibilité, pour une durée allant de 5 et 10 ans. Trois périodes successives sont alors prévues. Tout d’abord des essais avec des colis factices non radioactifs, puis avec un petit nombre de vrais colis de déchets, et enfin une période pendant laquelle seront stockés, de manière progressive, des colis de déchets de haute et moyenne activité à vie longue ou courte, représentatifs de l’inventaire des colis de déchets destinés à Cigéo. « On va mettre des colis, les retirer, vérifier que l’on peut récupérer les colis à 100% », précise l’Andra. Si cette phase de tests s’avère concluante, le Parlement devrait décider de passer en phase d’exploitation courante pour une centaine d’année.

En réponse aux demandes exprimées par les acteurs locaux, l’Andra a aussi décidé de raccorder le site au réseau ferré national pour permettre l’acheminement des colis de déchets par le rail

jusqu’à Cigéo. Ces travaux commenceront dès 2015, avec la préparation d’autres aménagements au niveau local : création d’un poste électrique, aménagements de certaines routes, etc.

Des opposants et des précisions à venir

Les opposants au projet pointent du doigt le manque de certains éléments, portant notamment sur les conditions de fermeture de Cigéo, le manque de définition de la notion de réversibilité et l’évolution constante des coûts du projet. Une grande partie de ces éléments devront être finalisés pour la demande d’autorisation de création du centre de stockage en 2017.

Pour répondre aux interrogations qui demeurent, trois dossiers essentiels vont être remis en 2015 par l’Andra. Il s’agit du dossier présentant le projet de plan directeur d’exploitation, le dossier portant sur les options de sûreté en exploitation et après fermeture, ainsi que le dossier traitant des options techniques de récupérabilité. Ce dernier détaillera les moyens par lesquels l’Agence s’engage à assurer la possibilité de récupérer les colis de déchets pendant 100 ans.

Enfin, l’Andra a rendu à l’Etat un nouveau chiffrage du coût total du projet en Octobre 2014, après prise en compte des suites du débat public et des études d’optimisation en cours. Ce chiffrage n’a pas encore officialisé. La dernière estimation offcicielle date de 2005, à hauteur de 15 Md€2010. D’autres chiffres non officiels ont été rendus publics, notamment par la Cour des Comptes, sur la base de travaux de l’Andra, à hauteur de 35,9 Md€2010.

(*) Le stockage devra être réversible durant toute la durée d’exploitation du site, soit une centaine d’années. Ce, pour offrir aux générations futures la possibilité de retirer les colis de déchets radioactifs s’ils découvrent une meilleure solution.

Aller plus loin

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Les patelles ont vraiment la dent dure

Appelées également berniques ou chapeaux chinois, ces gastéropodes comestibles possèdent une sorte de langue (la radula) très longue munie de petites dents (moins d’un millimètre) très solides, qui leur permettent de râcler les petites algues à la surface des rochers pour les manger.

« Jusqu’à présent nous pensions que le fil de l’araignée était le matériau biologique le plus performant en raison de sa grande résistance et de ses applications potentielles nombreuses allant des gilets pare-balles jusqu’aux ordinateurs », relève le professeur Asa Barber, de l’école d’ingénieurs de l’université de Portsmouth (sud de l’Angleterre).

« Mais nous avons découvert que les dents de patelles possèdent une résistance potentiellement plus grande », ajoute-t-il.

L’étude est publiée mercredi dans le journal britannique Royal Society Interface.

L’équipe d’Asa Barber a mis en évidence le fait que les dents des berniques contiennent des nanofibres d’un minéral très dur, le goethite. Le nom de cet oxyde de fer hydraté fait référence au philosophe allemand Goethe, passionné de minéralogie.

« Les structures fibreuses trouvées dans les dents des patelles pourraient être imitées et utilisées pour des technologies de pointe comme les voitures de course, les coques de bateaux, le fuselage des avions », estime Asa Barber.

« Les ingénieurs cherchent toujours à fabriquer des structures à la fois plus solides et plus légères », souligne-t-il.

En laboratoire, la résistance à la contrainte des dents de patelles a été estimée entre 3 et 6,5 gigapascal (GPa). Celle des fils d’araignée ne dépasse pas 1,1 GPa.

La force mécanique des dents de patelles est comparable à celle des fibres de carbone artificielles, utilisées notamment dans la fabrication des avions.

Petit conseil aux amateurs de patelles, qui peuvent aussi se déguster: il est recommandé de retirer la radula de la tête de ce fruit de mer avant de le cuire sans quoi il sera particulièrement dur et amer.

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Transition énergétique: le Sénat dit une nouvelle fois non au gaz de schiste

Le Sénat s’est une nouvelle fois opposé, dans la nuit de mercredi à jeudi, au gaz de schiste que des sénateurs UMP avaient tenté de réintroduire à l’occasion de l’examen du projet de loi sur la transition énergétique.

Ces sénateurs avaient déposé un amendement intégrant dans le volet de programmation plurianuelle de l’énergie (PPE) « la nécessaire identification du potentiel énergétique de la France en matière d’hydrocarbures non conventionnels », c’est-à-dire des gaz de schiste. Cet amendement a été rejeté.

« Après les manifestations contre la fracture hydraulique puis contre le gaz de schiste, le dossier a été mis au placard », a déclaré le président de la Commission économique, Jean-Claude Lenoir (UMP). « Imaginez que la même chose se soit passée pour le gaz de Lacq qui a tant participé, pendant quarante ans, au développement de l’Aquitaine et de nos territoires », a-t-il ajouté.

« Faisons confiance aux chercheurs », a plaidé Charles Revet (UMP), estimant que ceux-ci « trouveront des techniques respectueuses de l’environnement. Ne nous privons pas de connaître nos potentialités ».

« Je ne compte pas rouvrir le débat sur le gaz de schiste », a déclaré le rapporteur Lasislas Poniatowski (UMP). « Oui à l’exploration: il est absurde d’ignorer ce que recèle notre sous-sol », a-t-il renchéri, rappelant que « la France et la Pologne, il y a quelques années, étaient réputées être les pays européens ayant le plus fort potentiel. Après recherche, la Pologne a découvert que son potentiel était huit fois moindre qu’annoncé ». Et de conclure: « L’exploitation est une autre question ».

« Aux États-Unis, les forages d’exploitation ont fait des paysages des friches après la faillite des entreprises qui y ont abandonné tout leur matériel », leur a répondu la ministre de l’environnement Ségolène Royal, avant de poursuivre: « ne laissons pas croire que l’exploitation de cet hydrocarbure annonce un eldorado du sous-sol. Faisons des choix clairs: la biomasse, les moulins. Pas le gaz de schiste, n’en déplaise au lobby des investisseurs dans ce domaine qui nous réclameront ensuite des subventions publiques parce que l’exploration n’est pas rentable et causera des dégâts à l’environnement ».

Mathieu Darnaud (UMP), élu de l’Ardèche, département concerné par une éventuelle exploitation du gaz de schiste, s’est opposé à l’amendement. « La fracturation hydraulique fait courir un risque considérable au sous-sol fragile de notre département, » ce qui affecterait « le thermalisme, l’agriculture, la viticulture. Les conséquences seront incalculables sur le tourisme, les paysages, » a-t-il alerté.

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La France continue à perdre des usines

En 2014, 217 usines ont mis la clé sous la porte, soit un peu moins qu’en 2013, où 267 fermetures d’usines avaient été enregistrées, selon les données de l’Observatoire de l’emploi et de l’investissement de Trendeo, basé sur le recensement en temps réel des informations concernant ces deux domaines.

Trendeo comptabilise sous le terme d’usine tout établissement à activité industrielle (y compris les industries alimentaires et de l’énergie), qui emploient plus de dix salariés.

Dans le même temps, les créations d’usines ont connu un rebond, après avoir marqué le pas en 2013. L’an passé, 163 sites ont ouvert leurs portes dans l’Hexagone, soit 41 de plus qu’en 2013.

Entre 2012 et 2013, les créations d’usines s’étaient significativement réduites, 53 sites de moins ayant ouvert leurs portes.

« Le rythme de cette évolution est encore insuffisant pour que le solde net des créations et suppressions devienne positif », note toutefois l’Observatoire.

La France a en effet encore perdu 54 sites industriels l’an dernier.

Ce sont les industries alimentaires qui tirent leur épingle du jeu: elles ont représenté 16% des créations d’usines en 2014, soit 2% de plus qu’en 2013.

Même si elles pèsent également pour 10,6% dans les fermetures d’usines (-5,5% par rapport à 2013, ce qui constitue une nette amélioration).

La mécanique (produits métalliques divers) est le deuxième secteur à avoir généré le plus d’ouvertures d’usines l’an passé (12,9%, +2,2% par rapport à 2013), mais est aussi le premier à être touché par les fermetures d’usines, dans une proportion égale (12,9 %, en recul toutefois de 3,6 % par rapport à 2013).

En revanche l’imprimerie, qui a représenté 8,8% des fermetures d’usines en 2014, soit 4,6% de plus qu’en 2013, continue à aller mal. Sur six ans (2009-2015), le secteur enregistre 88 fermetures d’usines pour seulement 8 ouvertures.

« Les usines qui se créent sont également de plus en plus petites en termes d’emplois, avec une baisse de 32% depuis 2009 », ajoute Trendeo.

Ainsi en 2014, 49 emplois en moyenne ont été générés par site industriel créé, contre 59 en 2013.

Au total, depuis 2009, date du début de la crise, 1.576 usines ont fermé leurs portes en France contre 1.000 qui ont ouvert.

Sur la période 2009-2015, 4,6% des fermetures d’usines sont des délocalisations.

La région centre, avec 65 établissements perdus depuis 2009, est la plus sinistrée en matière de désindustrialisation, suivie par le Nord-Pas-de-Calais (49) et la région Rhône-Alpes (44).

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Transition énergétique : le Sénat fixe à 1.000 mètres la distance entre une éolienne et des habitations

« Allez donc vous promener près d’une éolienne géante: le bruit est infernal », a dit l’auteur de l’amendement Jean Germain (PS) à l’occasion de l’examen du projet de loi de transition énergétique.

« De loin, un citadin qui passe, trouvera cela beau et majestueux. Pour les ruraux, ça l’est moins », a-t-il ajouté. « Pour des raisons médicales, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont fixé une distance minimale de 1,5 kilomètre; les États-Unis qui ne sont guère connus pour appliquer le principe de précaution, 2 kilomètres », a poursuivi l’élu. « Avec mon amendement, on concentrera les éoliennes dans des zones inhabitées et les parcs atteindront une taille critique. Le monde rural ne veut pas passer par pertes et profits ».

« Ce qui compte, ce sont les résultats: comment obtenir des éoliennes assez bien acceptées pour éviter l’accumulation des recours », a dit le rapporteur Louis Nègre (UMP).

Pour la Fédération énergie éolienne (FEE), qui regroupe la quasi-totalité des acteurs du secteur en France, cette disposition, si elle était maintenue, « serait catastrophique » et « neutraliserait » toutes les autres mesures favorables à l’éolien adoptées par le Sénat sur ce texte.

« Dans des zones d’habitats dispersés, cela peut grever fortement le développement éolien et cette distance de 1.000 mètres n’est basée sur aucune analyse », selon Frédéric Lanoë, président de la FEE.

Les professionnels insistent sur le fait que cette disposition « obérerait » l’atteinte de l’objectif, adopté par le Sénat, de 40% d’énergies renouvelables dans le mix électrique à l’horizon 2030.

Les sénateurs ont également supprimé l’article du projet de loi concernant le barème d’indemnisation des propriétaires lésés par l’implantation d’une éolienne.

« La systématisation du principe d’indemnisation est inquiétante, qui pourrait être étendue par exemple aux antennes-relais », a estimé M. Nègre. « En attendant de trouver la bonne rédaction, tenons-nous en au régime de responsabilité de droit commun prévu par le code civil » qui prévoit qu' »en l’absence d’un accord avec l’exploitant, l’indemnisation est déterminée au cas par cas par le juge civil », a ajouté l’élu des Alpes-Maritimes.

Le projet de loi, déjà adopté par l’Assemblée nationale, est examiné au Sénat jusqu’au 19 février. Il fera l’objet d’un vote solennel le 3 mars.

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