Les Américains s’intéressent à Europe, une lune de Jupiter

Barack Obama a accepté d’augmenter le budget de la NASA en 2016 de 2,7%, de quoi financer une mission vers Europe, une des lunes de Jupiter. Les Américains s’y intéressent car Europe pourrait bien abriter la vie. En effet, Europe possèderait une grande quantité d’eau, sous forme d’océans et de lacs, le tout proche de la surface, à seulement quelques kilomètres de profondeur.

De plus, Europe bénéficie suffisamment de la chaleur du Soleil pour que des organismes puissent se développer. De quoi susciter la curiosité et motiver une mission spatiale. 

La sonde Europa Clipper devrait être prête à décoller dès 2020, un calendrier serré car la sonde devra supporter un environnement hostile, principalement du fait d’importantes radiations aux abords de Jupiter. Les scientifiques planchent d’ailleurs toujours sur les équipements à embarquer. Ce qui est sûr, c’est qu’Europa Clipper devra être équipée de boucliers la protégeant des radiations, elle et ses instruments.

Les ingénieurs hésitent à faire atterrir la sonde à la surface de la Lune, le scénario le plus probable étant que la sonde reste en orbite et effectue ses mesures à distance. Ainsi positionnée autour de Jupiter, Europa Clipper s’approchera régulièrement de la lune à une distance suffisamment proche pour travailler. Une option plus sûre et plus économe.

Europa Clipper devra prendre des photos mais aussi analyser l’eau et les vapeurs présentes en surface. La sonde va ainsi cartographier la surface d’Europe et repérer les étendues d’eau en vue d’éventuelles prochaines missions d’exploration. Les 30 millions de dollars alloués et débloqués par le Congrès américain permettront d’affiner la stratégie et de préparer au mieux la mission.

Par Audrey Loubens

Revue du web #76 : les vidéos les plus étonnantes de février 2015 (2/2)

Cette semaine dans la revue du Web :

  • Spot, nouveau poids plume sans laisse de la Boston Dynamics ;
  • Dérouiller au laser, un jeu d’enfant ;
  • De la triche ? Se faire battre à plate-couture au bière-pong par un bras robotique ;
  • Le gadget (inutile?) de la semaine : « DALER », le robot volant pas très à l’aise au sol ;
  • Et en bonus : réactions en chaîne, à travers le prisme de Pepsi.

Spot, nouveau poids plume sans laisse de la Boston Dynamics

La famille de la Boston Dynamics, rachetée fin 2013 par Google, s’agrandit encore ! Le robot-guépard Cheetah, le robot anthropomorphe Petman et les mules-robots Alpha Dog et Big Dog ont un nouveau petit frère, baptisé Spot, plus léger et moins pataud que ses prédécesseurs. Parmi cette invincible armada, Cheetah a été le premier à briser ses chaînes, mais Spot se démarque des prestigieux membres de sa fratrie en étant le premier à naître « libre », sans les encombrants – mais indispensables – câbles auxquels nous avions fini par nous habituer.

Dans la vidéo qui suit, on peut apercevoir les 72 kilos de ce poids plume déambuler tranquillement dans les locaux de la Boston Dynamics, rien d’inhabituel puisque personne ne semble remarquer le petit manège du quadrupède robotique. Bien que le nom soit celui d’un chien, la démarche, elle, fait plutôt penser à celle d’un minuscule cheval au trot sur ses quatre pattes à vérins hydrauliques. La batterie de capteurs qui a élu domicile au niveau de son ciboulot lui permet de se mouvoir sans encombres en terrain accidenté, et de supporter sans broncher les assauts répétés – quelques coups de pied tout de même – de scientifiques mal lunés.

Spot a été développé par la Boston Dynamics avec l’aide du Massachusetts Institue of Technology (MIT) sous la houlette de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), agence affiliée au Département de la Défense américain, et chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à des fins militaires.

Dérouiller au laser

La société allemande Trumpf est l’une des pionnières du laser à l’échelle mondiale. A la tête d’une écurie laser très diversifiée – allant du laser à disque au laser à diode, en passant par les lasers à fibres et les lasers pulsés – Trumpf est également à la pointe en ce qui concerne les lasers à impulsions courtes et très courtes, utilisés pour découper, structurer, percer ou abraser. C’est cette dernière technique qui nous intéresse ici, avec une vidéo illustrant de manière ludique un nettoyage laser impressionnant.

Ne faisant qu’une bouchée des écailles de rouille, des poussières, des résidus huileux ou des oxydes, ce laser à impulsions courtes (30 nanosecondes, pour une puissance de 750 watts) semble idéal pour le micro-usinage d’abrasion. La pièce métallique servant de cobaye, elle, paraît mise à nue après les deux passages du laser, tellement le procédé semble efficace. Une deuxième jeunesse.

Dans le même esprit, la vidéo qui suit nous montre une autre installation laser du même acabit, permettant de libérer un plateau de cuisson de sa couche de rouille et des quelques résidus carbonisés en surface. Hypnotique !

De la triche ? Se faire battre à plate-couture au bière-pong par un bras robotique

Pas familiers du bière-pong ? Très répandu sur les campus universitaires américains, les règles de ce jeu à boire sont d’une simplicité enfantine : chacune des deux équipes vise les six à dix verres de l’adversaire, partiellement remplis de bière, avec des balles de ping-pong. Lorsqu’une balle finit sa course dans l’un des verres, l’équipe adverse doit en boire le contenu. A la fin du jeu, l’équipe perdante doit boire les verres restants, en faisant mine d’être dépitée.

Bien qu’un laboratoire ne semble pas être l’environnement naturel pour pratiquer ce genre de jeu, les blouses blanches d’Empire Robotics ont jeté leur dévolu sur cette petite mise en scène pour mettre en valeur les nombreuses qualités de « Versaball », leur bras grip robotique. Conçu pour manipuler avec soin et précision une grande variété d’objets, le secret de « Versaball » repose dans la sphère flashy en polymère souple qui se trouve à son extrémité. Rappelant un peu le principe d’un canon à air, la petite boule se vide pour attraper les objets, puis se remplit à nouveau d’air pour les relâcher.

Dans la vidéo qui suit, on peut voir le bras-grip manipuler les balles de ping-pong avec beaucoup de délicatesse, pour après propulser chacune des balles, une à une, dans les six gobelets (vides), en jouant sur la pression de l’air pour parvenir à propulser la balle avec précision. Autant vous le dire tout de suite, « Versaball » risque de rester sobre encore longtemps.

Le gadget (inutile?) de la semaine : « DALER », le robot volant pas très à l’aise au sol

Le biomimétisme a le vent en poupe, et ce ne sont pas les concepteurs de notre gadget (inutile?) de la semaine qui viendront nous dire le contraire. Le « DALER » (acronyme de Deployable Air-Land Exploration Robot) est un petit robot aux allures de chauve-souris, censé apporter une solution aux problèmes de polyvalence de ces engins lorsqu’ils changent de terrain de jeu et de moyen de locomotion. Plutôt très à l’aise dans les airs, le robot adapte sa morphologie pour s’attaquer au plancher des vaches, avec… moins de succès.

Un ingénieux mécanisme permet aux ailes de la petite bestiole de se replier, les bras ailés faisant ainsi office de pattes de fortune. Pourtant, le moins que l’on puisse dire est que la démarche est mal-assurée, et que la progression du robot semble compromise en extérieur sur terrain difficile. Développé pour rechercher de potentielles victimes lors de catastrophes naturelles, on se prend à espérer que les prochaines versions seront moins malhabiles.

Bonus : réactions en chaîne, selon Pepsi

Pour venir conclure cette soixante-seizième Revue du Web, faisons quelques pas en arrière pour se retrouver fin 2014, au moment des sempiternelles célébrations de nouvel an. Plutôt que de jouer la traditionnelle carte du feu d’artifice, Pepsi a décidé de marquer les esprits en organisant la rencontre contre-nature de 2014 pièges à souris avec… 2015 balles de ping-pong.

Faisant preuve d’une délicatesse à toute épreuve, l’équipe en charge du projet doit tout de même s’y reprendre à deux fois tant la mise en place est périlleuse. Une fois l’installation terminée et les pièges tendus, il ne reste plus qu’à profiter de la jouissive double explosion.

Par Moonzur Rahman

Réduction en 2014 de 11 milliards d’euros de la facture énergétique de la France

Ce résultat est en amélioration de 7 milliards d’euros par rapport à celui de 2013, alors que celui de 2013 était lui aussi en amélioration de plus de 6 milliards d’euros par rapport à celui de  2012 (TAB.I)

Cette progression du solde ne provient pas d’un progrès dans les exportations qui son restées quasiment étales entre 2013 et 2014 autour des 437 milliards d’euros, mais il provient de la baisse des importations expliquée pour l’essentiel par la baisse de la facture énergétique.

A partir du cumul des nomenclatures publiées par les douanes et qui ne comportent pas les échanges de matériels militaires, les soldes exportateurs sont alors plus négatifs (TAB.II)  mais les progrès annuels de 7 milliards d’euros durant ces dernières années y sont retrouvés avec respectivement de 2011 à 2014 des soldes déficitaires de 91, 84, 77 et 70 milliards d’euros.

 

Ces données montrent que la France, depuis plus de dix ans, consomme plus de biens qu’elle n’en produit (le dernier solde exportateur positif remonte à 2002) ,  mais qu’après un maximum de ce déséquilibre observé en 2011, le bilan exportateur du commerce extérieur bien qu’encore fortement négatif, évolue depuis trois ans dans la bonne direction grâce en particulier à la baisse des importations et une certaine stabilité des exportations, à euros courants. 

Un examen plus détaillé de la facture énergétique montre qu’elle joue un rôle majeur dans cette baisse récente des importations de notre pays (TAB.III).

J’ai relevé, au sein de la nomenclature des douanes françaises, un certain nombre de lignes qui représentaient des énergies primaires (charbon, gaz naturel, pétrole, combustibles nucléaires), les produits issus du raffinage du pétrole dont les importations complètent les insuffisantes productions du raffinage local, un vecteur d’énergie: l’électricité ainsi que certains produits comme l’aluminium ou les engrais et composés azotés, comme l’urée, dont l’élaboration est particulièrement énergivore.

Le solde négatif de cet indicateur des échanges énergétiques a affiché son amplitude maximale en 2012 avec un déficit de près de 75 milliards d’euros, il est revenu à 60 milliards d’euros en 2014, affichant un superbe retrait de 11 milliards d’euros par rapport à celui de 2013. Ce sont essentiellement les réductions en volumes et en prix des importations de gaz naturel, de pétrole et autres produits pétroliers qui expliquent pour 90% la performance. Il est également possible de noter la croissance du solde positif des exportations d’électricité, la France, favorisée par un hiver clément, au sein du réseau ouest-européen interconnecté, a pu jouer à fond son rôle indispensable de fournisseur d’énergie électrique de base.

Une donnée importante: malgré une consommation stable de carburants (essence, gazole et kérosène) les flux de consommations françaises en volumes de produits pétroliers en Octobre  2014 moyennées sur 12 mois glissants étaient en baisse de 4% selon l’IEA (FIG.I, courbe rouge). Baisse en volume des consommations qui participe à la réduction en euros des importations de produits pétroliers.

En conclusion il est possible d’affirmer aujourd’hui que la baisse des prix des ressources énergétiques primaires, plus ou moins indexées sur le prix du baril de pétrole, et que la baisse continue des consommations françaises de produits pétroliers participent ensemble à la réduction du solde négatif des échanges de produits de la France. Compte tenu du maintient de prix bas du baril de pétrole observé en ce début 2015, ce phénomène de réduction du solde annuel défavorable des échanges devrait se poursuivre durant 2015, au moins jusqu’au mois de Juillet.

Après, tout dépendra d’un redressement éventuel des cours du brut, largement lié aux paramètres géopolitiques et à un hypothétique mouvement de baisse des cours du dollar vis à vis des autres monnaies qui inciterait les acteurs de marché à des achats de couverture de pétrole papier.

Par Raymond Bonnaterre

GDF Suez prend le virage des énergies renouvelables

Le groupe GDF Suez s’est fixé un objectif ambitieux : augmenter de 50 % son parc de production d’énergies renouvelables entre 2009 et 2015. En passant de 13,1 GW installés fin 2009, à 20,7 GW fin 2015, il prévoit d’atteindre ses objectifs. GDF Suez devrait alors détenir 9,9 GW d’installations en Europe et 10,8 GW dans le reste du monde. D’après les derniers chiffres publiés du groupe, au 1er trimestre 2014, le parc de production se répartissait ainsi : 59 % de gaz naturel, 14 % de charbon, 11 % d’hydraulique, 7 % d’énergie solaire, 5 % de nucléaire, 3 % d’éolien et 1 % de biomasse et biogaz, pour un total de 114 GW. Les chiffres pour fin 2014 seront connus le 26 février prochain, à l’occasion de la publication de ses résultats annuels.

Si l’on ne considère que les énergies renouvelables, l’hydraulique occupe donc une place importante. Il représente 51 % des capacités renouvelables en Europe et 87 % dans le reste du monde. L’éolien pour sa part représente respectivement 36 % et 11 % des capacités installées du groupe en Europe et hors d’Europe.

Pour l’après 2015 et d’ici 2025, le groupe veut doubler ses capacités électriques en énergies renouvelables en Europe pour atteindre 16 GW installés. Hors d’Europe, environ 42 % des projets électriques en construction concernent d’ores et déjà des énergies renouvelables. 

Quels sont les projets phares en Europe ?

GDF Suez a plusieurs projets en cours dans l’éolien posé en mer, l’hydrolien et l’énergie thermique des mers. Concernant l’éolien, c’est le consortium réunissant GDF Suez et Areva qui a remporté les deux champs éoliens présents dans le 2e appel d’offre du Gouvernement. Le premier, de 496 MW, est prévu au large du Tréport (Seine-Maritime). Le second, de 496 MW, se dressera en Atlantique, entre l’île d’Yeu et Noirmoutier. Ces deux parcs comprenant chacun 62 éoliennes de 8 MW seront mis en exploitation en 2021.

Selon l’Ademe, le gisement hydrolien est estimé entre 2 et 3 GW. Deux zones en France concentrent 80 % de ce potentiel : le raz Blanchard et le Fromveur, sur la côté Atlantique entre Brest et Cherbourg. GDF Suez développe notamment un parc hydrolien pilote au raz Blanchard. 4 hydroliennes de 1,4 MW seront installées dès 2016. 

Le groupe mise sur l’eau de mer pour chauffer et climatiser des quartiers côtiers. Différents projets sont en cours : la filiale Cofely va réaliser une centrale de géothermie marine innovante qui doit approvisionner en froid et en chaleur l’éco-cité Euroméditerranée. Il s’agit d’un gigantesque projet de rénovation urbaine devant transformer une grande part de la zone portuaire de Marseille.Les travaux de la centrale débuteront début 2015 pour permettre les premières livraisons de froid fin 2015. D’ici 2020, 500 000 m2 seront alimentés en chaud et en froid grâce à une puissance installée de 18,6 MW de chaud et 16 MW de froid. 

Un autre projet vise à assurer la climatisation des grands établissements publics et privés de Saint-Denis et Sainte-Marie, à la Réunion, grâce à l’énergie thermique des mers. Il prévoit une capacité de 40 MW. Les travaux commenceront mi-2015 pour une mise en service mi-2017. Ce projet est mené par la société Clymabiss, dont GDF Suez détient 87,5 %, à côté de la Caisse des Dépôts.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Et aussi dans l’actualité :           

La cyberguerre contre le terrorisme est déclarée

Il y a quelques jours, Bernard Cazeneuve réalisait le changement de nature du terrorisme. Le ministre de l’intérieur français faisait référence à l’utilisation d’internet qui permet aux jihadistes de faire de la propagande et de recruter, constatant qu’ « Aujourd’hui vous avez 90% de ceux qui basculent dans des activités terroristes au sein de l’Union européenne qui le font après avoir fréquenté internet. Des sites, des blogs, des vidéos. On ne combattra pas le terrorisme si on ne prend pas des mesures de règlementation d’internet ».  La guerre 2.0 a bel et bien commencée. Mais les plus rapides à engager des actions concrètes sont les experts en piratage informatique du mouvement Anonymous, fervents défenseur de la liberté d’expression.  Suite aux attentats du 7 janvier, les Anonymous ont été les premiers à s’attaquer au mal présent sur la toile. Les hackers ont commencé par diffuser une liste de comptes d’utilisateurs des réseaux sociaux Twitter et Facebook invitant les internautes à les dénoncer, avec en ligne de mire leur suppression. Avec succès puisque en quelques heures à peine la trentaine de comptes cités avaient quasiment tous disparus. Tandis que les Anonymous continuent de marteler les cibles pro-terroristes, les terroristes ripostent en s’attaquant à des sites français. Mediapart, Slate, Le Parisien, 20 minutes, L’Express, Marianne et même Vanity Fair ont été inaccessibles pendant plus d’une heure, victimes d’une attaque de type déni de service qui consiste à rendre indisponible un service. 

S’attaquer aux organes de communication était devenu une urgence. Grâce à Internet, les terroristes d’Al-Qaïda et de l’Etat Islamiste peuvent toucher un grand nombre d’individus. Plus besoin de faire venir les personnes se former en Syrie par exemple, il suffit de leur montrer des vidéos sur la façon de mener un attentat. « Il s’agit d’un phénomène que nous observons depuis plusieurs années : le terrorisme en solo. Ce sont des gens qui se radicalisent en ligne, n’ont pas de lien avec un réseau existant mais passent néanmoins à l’action » constate Thomas Hegghammer, directeur de recherches sur le terrorisme à l’Établissement norvégien de recherches sur la défense (FFI) à Oslo. 

En attendant, le gouvernement vient tout juste de lancer son site Stop-djihadisme.gouv.fr pour informer le grand public et lutter contre l’enrôlement. Au travers de vidéos et de texte le site décrypte les techniques de recrutement et les messages des terroristes. Cette action d’information devrait être accompagnée de mesures plus directes comme le renforcement des moyens dédiés à la surveillance du cyberjihadisme.

Par Audrey Loubens, journaliste scientifique

Comment anonymiser tout ce que vous faites en ligne

Comment se rendre invisible sur la Toile ? En chiffrant vos données, et en utilisant des outils vous permettant de surfer incognito sur le Web, comme le réseau Tor, qui utilise une chaîne de serveurs proxys (“routage en oignons”) pour cacher votre adresse IP, et chiffrer votre connexion.

Naviguer incognito

En ce qui concerne la navigation sur le Web, Tor Browser est une version améliorée, sécurisée, de Firefox, qui passe par le réseau Tor pour anonymiser votre surf. Revers de la médaille : la connexion est assez lente, car elle passe par de nombreux serveurs délocalisés. Mais le jeu en vaut la chandelle, car cela vous permet de ne plus être pisté tous azimuts lors de votre navigation.

Des e-mails sécurisés

Pour sécuriser vos e-mails, vous pouvez chiffrer vos communications avec un logiciel tel que GnuPG, mais cela vous demandera un certain temps d’adaptation, car cet outil est un peu complexe.

Plutôt que Gmail, Outlook ou Yahoo! Mail, qui scannent vos emails et peuvent toujours vous retrouver, il existe un service d’e-mail “temporaire” : Guerrilla Mail. Il vous permet de configurer une nouvelle adresse e-mail “jetable” en un clin d’oeil. Riseup.net permet également de créer des e-mails privés et sécurisés, car sans publicité, gérés par une communauté militant pour le respect de la vie privée, et utilisant une connexion chiffrée.

Pour davantage de sécurité, utilisez ensuite le client de messagerie Mozilla Thunderbird. Vous pourrez y installer le plugin Enigmail, qui utilise GnuPG pour chiffrer les communications, vous évitant de le faire manuellement. Un autre plugin, TorBirdy, achèvera de sécuriser tout ceci, en faisant passer vos e-mails à travers Tor.

Le partage de fichiers en oignons

Oubliez Google Drive, Box ou Dropbox, qui ont accès à vos documents, et qui sont peu réputés pour leur sécurité. Créé par Micah Lee, du magazine The Intercept, le logiciel gratuit et open source Onionshare permet de transférer de gros fichiers, en toute sécurité, et anonymement, via Tor et des canaux chiffrés.

Onionshare crée un site web provisoire, protégé par un mot de passe, hébergé sur votre ordinateur. Ce site est accessible depuis une adresse .onion, grâce au réseau Tor. Il vous suffit de partager avec vos contacts l’URL du site provisoire, pour que ceux-ci puissent télécharger en toute sécurité, et anonymement, vos fichiers… via leur propre navigateur Tor Browser, bien sûr. Une fois téléchargés, les fichiers sont retirés.

Un smartphone vraiment sécurisé

Pensez-y, surtout si vous passez par un Wi-Fi non sécurisé. Si vous utilisez un smartphone Android, l’application (gratuite) Orbot, créée par le Guardian Project pour améliorer l’anonymité de vos activités sur Internet, vous permettra de cacher votre identité numérique lors de votre surf sur Internet, mais aussi lors de vos conversations en messagerie instantanées, en passant par le réseau Tor.

Pour une navigation internet privée, vous devrez combiner Orbot et le navigateur Orweb, qui acceptera de faire passer votre communication via un proxy. Pour une messagerie instantanée privée, vous devrez conjuguer Orbot et l’application de tchat Gibberbot.

Pour les smartphones iOS, le navigateur Onion Browser, qui coûte 99 centimes d’euros dans l’App Store, accède à Internet via le réseau Tor. L’adresse IP sera donc masquée et la connexion chiffrée.

Un système d’exploitation anonyme

Pour toujours plus d’anonymat et de sécurité, il existe même un système d’exploitation libre (GNU/Linux, basé sur la distribution Debian), développé par des hacktivistes, dont l’objectif est de “préserver votre vie privée et votre anonymat”.

Tails peut être installé sur un ordinateur, en complément ou à la place du système Windows existant, mais il peut aussi être lancé depuis un DVD ou une clef USB sur lesquels il aura été préalablement installé.

Ce système d’exploitation réunit l’essentiel des outils et logiciels libres permettant de communiquer en toute sécurité. Tails intègre ainsi le réseau Tor pour la navigation, mais aussi GnuPG pour le chiffrement des e-mails, ou encore TrueCrypt pour le chiffrement des fichiers.

Par Fabien Soyez

Planck dévoile le côté dynamique de l’Univers

La mission Planck est dédiée à l’étude du rayonnement fossile, l’écho lumineux du Big-Bang. Les mesures, faites dans neuf bandes de fréquence, permettent de construire des cartes de la température du ciel mais aussi de sa polarisation, qui nous donne des informations supplémentaires à la fois sur l’Univers très jeune (âgé de 380 000 ans) et sur le champ magnétique de notre Galaxie.

Ces données et les articles associés sont soumis à la revue Astronomy & Astrophysics et sont disponibles sur le site web de l’ESA. Des informations qui permettront notamment de mieux déterminer le contenu en matière et en énergie de l’Univers, l’époque de la naissance des premières étoiles ainsi que le taux actuel d’expansion de l’espace.

 

De 2009 à 2013, le satellite Planck de l’ESA a observé le rayonnement fossile, la plus ancienne image de l’Univers. L’héritage légué par ce projet inclut de très nombreuses données uniques et essentielles pour plusieurs domaines de l’astrophysique. Citons entre autres la carte de l’émission polarisée de la poussière interstellaire ainsi qu’un catalogue de 13188 nuages denses et froids de notre Galaxie et de 1653 amas de galaxies détectés par leur interaction avec le rayonnement fossile, mais aussi des informations sur la façon dont la matière s’est peu à peu concentrée lors des dix derniers milliards d’années et, enfin et surtout, la carte de ce rayonnement fossile sur tout le ciel. Cet outil permet aux chercheurs de visualiser la distribution de matière 380 000 ans après le Big Bang. Grâce à ces données, nos connaissances sur l’Univers jeune deviennent dynamiques et permettent d’explorer tous les rouages du modèle cosmologique.

Le rayonnement fossile

Sur la carte ci-dessus, les couleurs indiquent les écarts de la température du rayonnement fossile par rapport à sa valeur moyenne. Les zones bleues, plus froides, et les zones rouges, plus chaudes, témoignent des variations dans la densité de la matière tôt dans l’histoire de l’Univers. La direction et l’intensité de la polarisation apparaissent en filigrane sur la carte de température. Elles forment une empreinte qui témoigne des mouvements de matière qui chute vers les régions les plus denses et fuit les régions moins denses. Ces structures s’observent à différentes échelles sur le ciel.

Ces nouvelles données ont permis de déterminer de façon précise le contenu matériel de l’Univers : 

  • 4,9% de son énergie aujourd’hui est composé de matière ordinaire,

  • 25,9% de matière noire, dont la nature reste inconnue,

  • 69,2% d’une autre forme d’énergie, distincte de la matière noire et dont la nature précise est plus mystérieuse. 

On sait également mieux déterminer l’époque de la naissance des premières étoiles, qui est désormais estimé aux alentours de 550 millions d’années après le Big Bang. Enfin, grâce à ces données d’une très grande précision, les chercheurs ont pu évaluer le taux actuel d’expansion de l’espace, ce qui conduit à estimer l’âge de l’Univers à 13,77 milliards d’années.

Mais ce qui a considérablement augmenté avec les données relatives à la polarisation du rayonnement fossile, c’est la capacité des cosmologistes à tester un certain nombre d’hypothèses qu’ils font sur l’Univers, que ce soit en rapport avec les lois physiques qui le régissent ou les propriétés de ses constituants (neutrinos et matière noire par exemple). Le nouveau catalogue d’amas de galaxies a en outre permis d’affiner les paramètres cosmologiques régissant la formation des structures dans l’Univers, comme la masse des neutrinos et l’époque de réionisation.

Aujourd’hui, ces données fournissent aux chercheurs du monde entier une base particulièrement solide pour explorer les époques les plus anciennes proches du Big Bang. En particulier, le phénomène appelé inflation cosmique qui, vraisemblablement, a transformé l’Univers initialement peut-être très chaotique en un milieu relativement homogène mais parsemé de minuscules fluctuations de densité qui permettront plus tard aux galaxies de se former.

Le regard de Planck sur le magnétisme de notre galaxie

L’espace interstellaire de notre Galaxie n’est pas vide. Il contient du gaz et de minuscules grains de poussière : la matière dont notre Galaxie dispose pour former de nouvelles étoiles et leurs planètes. La poussière interstellaire rayonne aux longueurs d’onde d’observation du satellite Planck. Comme la Terre ou le Soleil, l’espace interstellaire est parcouru par un champ magnétique. La force magnétique tend à aligner les grains, ce qui polarise leur rayonnement. Planck a mesuré pour la première fois cette polarisation sur l’ensemble du ciel. 

La découverte du magnétisme de notre Galaxie est liée à celle des rayons cosmiques. Sans le champ magnétique, ces particules, accélérées par les supernovæ à des vitesses proches de la vitesse de la lumière, quitteraient rapidement la Galaxie. La force magnétique les retient. Le champ magnétique est lui tenu par la matière interstellaire. La matière, le champ magnétique et les rayons cosmiques constituent un ensemble dynamique : ils agissent en interaction les uns avec les autres. L’importance du champ magnétique dans ce trio est avérée depuis longtemps, mais les observations dont nous disposons pour l’étudier sont encore trop fragmentaires. Les astrophysiciens cherchent depuis longtemps à comprendre comment la gravité se joue du champ magnétique pour initier la formation des étoiles.

La mission Planck révèle aujourd’hui deux cartes inédites de la polarisation du ciel : une de l’émission synchrotron des électrons du rayonnement cosmique et une de l’émission de la poussière interstellaire. Les données révèlent la structure du champ magnétique Galactique avec des détails sans précédent. La polarisation de l’émission synchrotron, comme celle de la poussière, indique la direction du champ magnétique. L’interprétation des observations est complexe car nous n’avons accès qu’à une projection d’une structure qui par essence est en trois dimensions. Les données doivent être confrontées à des modèles et des simulations numériques pour comprendre l’interaction entre matière et champ magnétique. Ce travail a déjà commencé au sein du consortium Planck mais il reste beaucoup à faire tant les données sont denses en information.

Source : CNRS

La photo de la semaine #3

Personne n’a trouvé la réponse à La photo de la semaine #2 : Il s’agissait d’une fissure dans de l’acier

 

Place donc à la photo de la semaine #3 !

  • Mais qu’est-ce donc ?

Vous voulez tenter de découvrir ce que représente cette photo, obtenue à l’aide d’un microscope ?

Publiez vos propositions dans la zone « commentaires » ci-dessous.

La prometteuse alliance du solaire… avec le solaire !

La France s’enlise depuis deux ans dans les méandres politiques de la fameuse « transition énergétique » à horizon 2025. Et le champion du nucléaire AREVA pourrait annoncer plus de 3 milliards de pertes en 2014 en bonne partie à cause de l’EPR Finlandais. Pendant ce temps là, à Dubaï, au bord du Golfe Persique, un contrat portant sur une centrale photovoltaïque (PV) de 200 MW a été signé entre le Saoudien ACWA Power et la DEWA (Dubai Electricity and Water Authority) sur la base d’un prix de 5,84 US cents le kWh (5,2 c€/kWh). Soit 30% de moins que le prix de l’électricité obtenue à partir du gaz naturel dans ce pays.

D’autres contrats solaires PV aux USA (au Texas), en Afrique du sud, en Chine, en Inde (Andhra Pradesh) et au Brésil ont été signés récemment à des prix inférieurs à 8 cents le kWh. Ceci sans aucune subvention.

Il était objectivement coûteux il y a encore 5 ans, mais aujourd’hui le solaire PV est devenu très bon marché. L’important effort financier consenti par des pays comme l’Allemagne a permis la création d’un marché mondial, de stimuler en particulier l’industrie Asiatique, et ainsi de faire baisser massivement les coûts.

Un sérieux problème demeure: le solaire photovoltaïque ne produit de l’électricité que quand il fait jour. Avec le solaire CSP (Concentrated Solar Power), atout majeur, la chaleur obtenue par concentration de l’énergie solaire est stockable dans des cuves dédiées remplies de sels fondus et qui fonctionnent comme de gros thermos à café. La production électrique peut ainsi être différée. L’électricité solaire devient alors disponible en soirée ou durant la nuit si nécessaire.

Mais le CSP est deux à trois fois plus coûteux que le PV : le prix le plus bas du monde pour cette technologie, 12,4 cents par kWh, a été retenu début janvier 2015 dans le cadre d’un contrat entre le South Africa Department of Energy et le consortium ACWA-SolarReserve à propos du projet Redstone, centrale thermosolaire de 100 MW et qui permet 12 heures de stockage. Au Maroc, pour le projet Noor Ouarzazate, le prix a été fixé autour de 15 cents.

La symbiose PV + CSP, clé de la compétitivité du solaire face aux énergies sales

Bénéficier à la fois des avantages du solaire PV et CSP, c’est possible. Un système moitié PV moitié CSP permet théoriquement d’obtenir un kWh moyen coûtant entre 9 et 11 cents et disponible 24H/24. L’électricité PV est consommée en direct durant la journée tandis que l’électricité CSP est délivrée quand la production PV devient insuffisante ou nulle (durant la nuit). Le PV fait baisser les coûts et le CSP permet le stockage. Cette approche synergique est notamment encouragée par les experts de la division EnR de l’Agence Internationale de l’Energie. « Nous cherchons à intégrer solaire PV et CSP » a déclaré Paddy Padmanathan, PDG d’ACWA Power, lors du World Future Energy Summit qui a eu lieu à Abu Dhabi du 18 au 21 janvier 2015.

A présent l’espagnol Abengoa et le Californien SolarReserve associent également PV et CSP dans leurs projets. A l’occasion de la conférence INDIASOL 2014 qui a eu lieu les 8 et 9 octobre 2014 à New Delhi, Jose Manuel Millan Parellada, responsable du Développement du Business chez SolarReserve, a présenté l’intérêt de combiner PV et CSP pour offrir de l’électricité à la fois bon marché et disponible 24H24, y compris dans le cadre d’une approche OffGrid qui intéresse notamment l’industrie minière. En Afrique du sud la centrale CSP Redstone sera construite juste à côté des centrales photovoltaïques Lesendi (75 MW) et Jasper (96MW). SolarReserve a également monté un projet CSP-PV dans le nord du Chili pour fournir de l’électricité à une compagnie minière. Les mines sont bien souvent éloignées des réseaux électriques et consomment beaucoup d’énergie, d’où l’intérêt des solutions à base de ressources renouvelables disponibles en abondance localement. Selon Kevin Smith, PDG de SolarReserve, « nous avons configuré une centrale hybride CSP-PV avec 100 MW de CSP, 14 heures de stockages à base de sels fondus, et 75 MW de PV. Cette configuration est vraiment un générateur d’électricité en base (baseload generator), il délivre 100 MW ou davantage pour environ 90% des heures de l’année. L’aspect « renouvelable » de ce projet n’est pas important pour notre client, tout est basé sur les aspects économiques ». Pour les 10% d’heures où la production solaire est inférieure à 100 MW, comme le rappelle Jose Manuel Millan Parellada, un appoint à base de combustibles fossiles ou biomasse (par exemple du biodiesel) est possible pour faire fonctionner la turbine à vapeur de la centrale CSP. Depuis mars 2014 SolarReserve a commencé des négociations « avec des mines de fer, de cuivre, d’or, d’argent et d’uranium en Australie, au Chili, au Mexique, en Afrique du sud, en Arabie Saoudite et aux USA » a indiqué Kevin Smith au média Canadien spécialisé EnergyAndMines. Quant les industries minières produisent leur propre électricité à partir de générateurs diesel isolés, le coût du kWh est d’environ 30 cents.

De son côté Abengoa construit actuellement au Chili deux centrales CSP de 110 MW avec une capacité de 24 heures de stockage, en association avec une centrale photovoltaïque de 100 MW (projets Atacama 1 et 2). Le tout pour un prix de 11,5 cents le kWh. Dans cette région du nord du Chili le prix moyen de l’électricité sur le marché spot, principalement à base de charbon et de gaz, est de 15 cents. Le solaire est donc très compétitif.

Selon la cour des comptes le coût de production du kWh nucléaire historique Français déjà amorti est de 5,98 c€ (6,75 cents), un coût qui ne fait que monter année après année. En Grande-Bretagne, le tarif d’achat du MWh de la centrale nucléaire EPR Hinkley Point C a été fixé à £92.5 (14,1 cents le kWh), ce qui est bien supérieur au prix du kWh solaire PV qui a été fixé à Dubaï a osé remarquer Mark Lewis, expert de Kepler Chevreux, dans le cadre d’une interview pour RenewEconomy, média Australien spécialisé. L’Egypte vient de signer le 10 février 2015 un accord préliminaire avec la Russie pour la construction de la première centrale nucléaire du pays. Ceci alors que l’Egypte jouit d’une insolation solaire équivalente à celle des Emirats. Poutine a offert à son homologue Egyptien Al-Sissi une Kalachnikov AK-47 à l’occasion de cette signature, rappelant ainsi le lien fort entre nucléaire civil et nucléaire militaire. Le programme nucléaire iranien est par exemple un programme présenté comme civil mais à finalité également militaire. Le programme nucléaire civil Français s’inscrit lui-même dans la continuité d’un programme nucléaire militaire initié suite à la seconde guerre mondiale.

Selon ACWA Power le coût du kWh solaire PV va tomber à 4 cents d’ici quelques années, et celui du CSP à 9 cents. Autrement dit le coût moyen du système symbiotique CSP-PV sera de 6,5 cents, et ainsi proche de celui du nucléaire historique en France. Et deux fois inférieur à celui du nucléaire EPR. ACWA Power a d’ailleurs proposé à Dubaï un tarif de 5,4 cents le kWh (au lieu de 5,84 cents) dans l’hypothèse d’un élargissement du projet à 1000 MW de PV au lieu des 200 MW du contrat de référence.

Une troisième technologie, le CPV (Concentrated PhotoVoltaics), pourrait devenir aussi bon marché que le PV d’ici 2025-2030 selon une étude récente de l’institut Fraunhofer. Elle est aujourd’hui environ 50% plus coûteuse. Son intérêt est de réduire considérablement la quantité de cellules photovoltaïques nécessaires grâce à un système de miroirs concentrateurs. Ces cellules doivent cependant être adaptées à des températures élevées. Le CPV a permis d’atteindre une efficacité énergétique de 46% (cellule), record mondial. Dans les années qui viennent, il est fort probable qu’émergent des projets hybrides CSP-CPV.

L’électricité produite dans les régions fortement ensoleillées de la planète peut être exportée par câble HVDC vers les régions à forte demande électrique.

Thermique, gravitaire ou électro-chimique : il y a pléthore de solutions de stockage

Durant les longues périodes nuageuses les turbines des centrales CSP peuvent être alimentées par de la vapeur obtenue en brûlant des combustibles fossiles ou de la biomasse, ce qui garanti une production continue, indépendamment de la météo, et également une température optimale au niveau de l’efficacité de la conversion électrique. « Termosolar Borges » est la première centrale électrique du monde à avoir couplé solaire et biomasse. Elle est entrée en fonctionnement en décembre 2012 à Lleida en Catalogne et a une puissance de 22,5 MW. En Inde le CSTEP (Center for Study of Science, Technology and Policy) a annoncé fin 2014 la construction dans un village de l’état de Bihar, à la frontière du Népal, d’une centrale du même type, baptisée « SCOPEBI », et d’une puissance de 3 MW.

Dans le futur la baisse du coût des batteries lithium, notamment grâce au développement de la mobilité électrique, permettra probablement aux centrales PV de se passer de leur association avec les centrales CSP à stockage thermique et des contraintes inhérentes à cette technologie: il faut notamment un ciel très propre pour que l’insolation directe puisse être réfléchie avec précision par les miroirs, contrairement au PV qui fonctionne tout autant avec l’insolation directe qu’indirecte. A Hawaï et en Australie, comme le souligne le Rocky Mountain Institute d’Amory Lovins, le solaire PV + stockage est dès aujourd’hui compétitif avec l’électricité du réseau. Les avis des experts (BNEF, Navigant, AIE etc.) divergent concernant la cinétique de la baisse du coût des batteries dans les 5 à 10 ans à venir. La GigaFactory de Tesla actuellement en construction dans le Nevada commencera à délivrer des batteries dès 2016. Les super-condensateurs, y compris à base de graphène, n’ont d’ailleurs pas dit leur dernier mot.

Une autre approche est actuellement en cours au Chili : coupler une centrale PV de 600 MW à une STEP à eau de mer de 300 MW. Il s’agit de stockage gravitaire, l’eau de mer est pompée vers un bassin perché en altitude quand l’électricité solaire est abondante, et est redirigée vers la mer dans le cas inverse, ce qui permet de produire de l’électricité comme avec les centrales hydroélectriques classiques. Sur l’île d’El Hierro (Canaries), c’est un parc éolien qui a été couplé à une STEP. L’efficacité d’un cycle de pompage-turbinage est de l’ordre de 80%, ce qui est très bon. Le coût du kWh global obtenu, annoncé par l’entreprise Chilienne Valhalla Energy à 10 cents, est cohérent avec les analyses des experts du stockage gravitaire et du solaire PV.

Le disque terrestre intercepte une puissance solaire de 175 millions de GW. Soit l’équivalent de celle délivrée par 106 millions de réacteurs EPR de 1650 MW pièce. Et 2,7 millions de fois la puissance électro-nucléaire totale installée en France (63,5 GW), le second pays le plus peuplé de l’Union Européenne. Puisse Râ, dieu du Soleil dessiné dans toutes les pyramides d’Egypte, illuminer l’esprit du président Al-Sissi.

Olivier Daniélo

Le gaz sera-t-il compétitif face au charbon en 2015 ?

En raison de l’indexation partielle du prix du gaz sur les prix pétroliers, celui-ci devrait continuer sa baisse sur le marché spot. Cela, grâce à une baisse majeure du prix du baril ces derniers mois. Malgré cela, avec une hypothèse d’un baril de pétrole à 60 $ en 2015, le gaz restera non compétitif face au charbon. 

Pour inverser la tendance, il faudrait un doublement du prix du charbon, assure IFP Energies Nouvelles. Dans cette perspective, le charbon devrait atteindre 100 $/tonne, alors que son prix actuel est de 50$/t et que l’on s’attend à un prix moyen en 2015 de 60 $/t. Sinon, il faudrait agir sur le prix du CO2 pour qu’il atteigne 30 €/t, contre 7€/t actuellement, soit une multiplication par 4. « On est très loin de cela en Europe », réagit Olivier Appert.

Il faut également préciser qu’en 2014, la crise Ukrainienne n’a pas eu d’impact majeur sur les prix du gaz, mais rien n’est acquis pour 2015. D’autant plus que la sortie de crise apparait de plus en plus compliquée.

Les pays peuvent-ils favoriser la compétitivité du gaz ?

En 2014, le Royaume-Uni a instauré un mécanisme complémentaire au prix du CO2. Ce mécanisme atteindra 18 livres la tonne, soit 23 €/t en avril 2015. « Ce niveau sera vraisemblablement suffisant pour permettre au gaz d’être concurrentiel dans ce pays », prévient Olivier Appert. Avec un peu de volonté politique, il est donc possible de réagir et le charbon ne remplace pas fatalement le gaz, malgré son faible prix à la tonne.

Le gaz de schistes américain est-il toujours aussi compétitif ?

Suite au boom de la production de gaz de schistes, les États-Unis vont se lancer dans l’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe et la Chine. Les premières exportations devraient commencer début 2016. Dans cette perspective, quel serait l’impact d’une baisse du prix du gaz sur la compétitivité du GNL américain ? Quel doit être le prix de livraison du gaz vers l’Asie et l’Europe, comparé au prix qui prévaut dans ces deux régions? 

Avec un prix du baril à 60 $, le prix du gaz tournerait autour de 9$/Mtu en Asie et de 7$/Mbtu en Europe en 2015. « Dans cet environnement, il faut un prix de 3 $/Mbtu maximum aux Etats-Unis pour rester compétitif », analyse Olivier Appert. « C’est le prix attendu sur le marché américain en 2015, mais depuis 2009, le prix a été à certains moments un peu supérieur, jusu’à 4$/Mbtu. La rentabilité des puits américain est donc devenu un peu plus incertain dans le contexte actuel », poursuit-il. La baisse du prix du baril de pétrole a engendré des baisses d’investissements dans les puits de pétrole de schistes aux Etats-Unis. Certains projets dans le gaz pourraient  aussi être reportés, faute de rentabilité.

Par Matthieu Combe

Le marché du pétrole en 2015

« Une demande dont la croissance reste modérée et une offre qui continue de croître à un rythme soutenu ont modifié l’équilibre du marché », insiste Olivier Appert, Président d’IFP Energies Nouvelles. « Sur les 4 trimestres de 2014, la production pétrolière mondiale a systématiquement excédé la demande de 0,5 à 1 million de barils jours et, en 2015, on estime que l’offre sera en excédent de l’ordre de 2 millions de barils jours sur le 1er semestre et de 1 million de barils jours sur le 2e semestre », résume-t-il.

«On peut estimer qu’un prix d’équilibre en 2015 pourrait se situer entre 50 à 70 $ par baril pour écouler les excédents et équilibrer l’offre et la demande », prévient-il. Cette perspective engendre des pertes financières importantes pour les compagnies pétrolières, les pays producteurs et engendre un stockage considérable.

L’OPEP ne veut pas prendre à sa charge la baisse de production

L’excès de l’offre provient essentiellement des pays non membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). « La production des pays non membres de l’OPEP depuis 2010 s’est accrue deux fois plus vite que celle des pays de l’OPEP, particulièrement tirée par le développement des pétroles de schistes ou Light Tight Oil aux Etats-Unis », nous éclaire Olivier Appert. 

Dans ce cadre, l’OPEP a annoncé le 27 novembre 2014 qu’elle refusait de baisser sa production. Les 12 membres de l’Organisation envoient ainsi un message clair : ils ne laisseront pas leurs parts de marché à leurs concurrents (notamment la Russie, les Etats-Unis et le Brésil) quitte à engendrer une baisse de prix significative du baril sur le marché. Pourquoi baisseraient-ils leur production si les autres acteurs ne le font pas ?

Un bras de fer s’ouvre alors entre l’OPEP, menée par l’Arabie Saoudite, et les autres pays pour que tous les acteurs prennent en charge leur part dans la baisse de production. « Ils vont réussir à tuer le LTO aux Etats-Unis et ils savent que Barack Obama va faire pression sur les producteurs américains pour qu’ils diminuent leur production », analyse Olivier Appert. S’ils y arrivent, « le marché rebondira, comme cela a été le cas en 1987, en 99-2000 ou en 2009 », prévoit-il. Sinon, la situation pourrait devenir compliquée pour tous les acteurs.

Le pétrole de schiste, premier menacé ?

L’institut français des relations internationales rappelle que pour le pétrole de schiste, « la production est caractérisée par un déclin très rapide de la production initiale par puits (entre 60 et 90 % la première année), qui requiert des investissements en continu dans de nouveaux puits pour maintenir/accroître la production ». Et précise que « ce déclin très rapide induit une forte dépendance des projets au prix du brut de la première année de production, contrairement aux pétroles conventionnels, dont l’économie est fondée sur des durées beaucoup plus longues ». Ainsi, la chute des prix du baril entraîne une baisse importantes des investissements et fait craindre une chute de la production. 

La baisse des prix a déjà engendré une baisse des demandes de permis de forages aux Etats-Unis, notamment au Texas et dans le Dakota du Nord. On constate ainsi une véritable réduction des investissements qui peut atteint entre – 10 % et  – 50 % pour les pétroliers indépendants les plus touchés. « Les effets sur la production des LTO dont le développement de la production nécessite d’investir très régulièrement dans de nouveaux puits pourrait se faire sentir d’ici le mois de Juin », assure Olivier Appert.

La valeur en bourse de nombreuses compagnies et entreprises parapétrolières est d’ores et déjà fortement impactée. « La baisse de la valeur en bourse de nombreuses sociétés crée un climat propice à des achats ou regroupement dont les annonces pourraient bientôt se succéder au cours des prochains mois », prévient Olivier Appert.

Néanmoins, pour le moment, les pétroles de schistes américains ne semblent pas menacés sur le court-terme. « On peut estimer qu’une baisse des investissements de 20 à 40 % en 2015 sur ce type de ressources limiterait la production en 2015 entre 4,2 et 4,9 millions de barils par jour, soit un niveau comparable à 2014, mais inférieure aux prévisions de 5 millions de barils par jour », affirme Olivier Appert. 

On s’aperçoit que même si les prix et les investissements baissent, la production se maintient , car les progrès techniques ont conduit à une baisse des coûts de production entre 20 % et 40 % en 5 ans. « Le business model des LTO aux Etats-Unis est une séance expérimentale, personne n’a d’idées sur la résilience du système », reconnait le Président d’IFP Energies Nouvelles.

Les coûts de production varient considérablement selon les puits, en fonction des propriétés géologiques, de 25 $/baril jusqu’à 80 $/baril. « Mais quelle est la part de la production américaine qui reste compétitive, avec un coût de production inférieur à 50 $/baril? Je crois qu’aujourd’hui personne ne le sait réellement », prévient Olivier Appert.

Les pays producteurs en pâtissent, les pays consommateurs jubilent

La baisse du prix du brut engendre également des difficultés budgétaires et économiques pour les pays producteurs. Avec un prix plus faible, les budgets de ces états ne sont plus à l’équilibre. Pour certains, la situation peut même rapidement devenir critique. «Pour un pétrole  à 60 $, les pertes de revenus se situent à 2,7 % de PIB pour les pays exportateurs, mais cela peut aller jusqu’à 10 % de PIB pour certains pays du Moyen-Orient», assure Olivier Appert. 

En Russie, avec prix à 60 $/baril sur l’ensemble de 2015, les pertes sur les exportations de pétrole et de gaz, atteindraient près de 150 milliards de dollars, soit une baisse équivalente à 7% du PIB national. De plus, le rouble connait actuellement une dépréciation considérable, entraînant une baisse supplémentaire de l’activité économique du pays. 

A l’opposé, les pays consommateurs bénéficient de la situation. En moyenne, le gain est estimé à 1 % de PIB pour l’ensemble des pays importateurs et pourrait atteindre jusqu’à 1,6 % pour le Japon. En France, la facture pétrolière et gazière devrait baisser de 15 milliards d’euros en 2015, soit 0,7 % du PIB (si le prix du baril de pétrole tourne autour de 60 $ et le gaz à 7 $/MBtu). « Notre facture énergétique resterait néanmoins déficitaire à hauteur de 48 milliards d’euros », rappelle Olivier Appert. La nécessité d’assurer notre transition énergétique n’est donc heureusement pas remise en cause par cette situation !

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Le signal radio en provenance de l’espace continue d’intriguer

Les chercheurs de l’observatoire de Parkes, basé en Australie, ont pu capter pour la première fois en temps réel quelques millisecondes d’un signal radio dont l’origine demeure pour l’heure inconnue. La source de ce « sursaut radio rapide » serait située à une distance estimée à 5,5 milliards d’années-lumière de la Terre. En dehors de la galaxie donc. Peut-être à proximité de la constellation du Verseau.

Ce n’est pas la première fois que de tels signaux sont captés, mais ils ne l’avaient encore jamais été en direct. Là encore, l’organisation fédérale australienne pour la recherche scientifique et industrielle (CSIRO) fait figure de précurseur. C’est elle qui, la première, s’est aperçue et questionnée sur la provenance des « fast radio bursts » ou « sursauts radio rapides ». En 2007, pour être précis.

Pourquoi ce signal radio est-il si mystérieux ? Parce que les chercheurs n’ont toujours pas d’explication concernant l’origine des signaux, huit mois après avoir été enregistrés. L’étude publiée récemment sur la revue Monthly Notices of the Royal Astronomy Society n’apporte pas de réponse. Elle indique toutefois qu’une cause probable pourrait être l’effondrement d’une étoile à neutrons surdimensionnée, si grande qu’elle aurait engendré un trou noir.

Seule certitude, l’événement qui a provoqué ce phénomène a dû être colossal. Une seule milliseconde aurait potentiellement produit autant d’énergie que le Soleil en 24 heures. C’est en tout cas ce que semble croire Mansi Kasliwal, docteur et astrophysicienne de la fondation de Washington Carnegie Institution for Science (CIS).

En attendant de nouvelles observations et on espère, la résolution de ce mystère, on laisse le soin aux chercheurs de se tordre les méninges pour nous.

Par Sébastien Tribot

Reach/CLP : toute l’actualité de février

06/02/2015

Vous êtes une PME et vous envisagez de demander une autorisation pour l’utilisation d’une substance extrêmement préoccupante? Vous avez encore des questions sur la procédure d’autorisation ? Pourquoi ne pas poser ces questions à l’ECHA ?

L’ECHA se tiendra à votre service le 25 février 2015 de 10h à 12h et vous apportera un soutien, dans votre langue.

Réservez dès à présent votre créneau horaire (jusqu’au 18 février) pour un entretien téléphonique et communiquez à l’avance vos questions à l’ECHA. Vous serez appelé par l’ECHA à l’heure convenue.

1102/2015

Le comité des produits biocides adopte 13 avis

Au cours de sa neuvième séance plénière au début de Février, le comité des produits biocides ( BPC ) a adopté 13 avis . Ces avis portent sur cinq substances actives dans 10 types de produits .

Les avis adoptés concernent les substances actives utilisées dans les produits biocides utilisés comme désinfectants , insecticides, produits de préservation du bois, des produits antisalissures, des fongicides et des conservateurs. Les opinions seront disponibles à partir du lien ci-dessous dans un avenir proche.

La géo-ingénierie n’est pas suffisante pour lutter contre le réchauffement (experts)

Des stratégies visant à retirer du dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre, de l’atmosphère sont limitées par leur coût et par l’immaturité technologique, ont estimé ces experts dans deux rapports publiés mardi.

Mais la géo-ingénierie pourrait contribuer à un large éventail de mesures destinées à lutter contre le réchauffement climatique en y consacrant davantage de projets de recherche et de développement, ont-ils souligné.

Il serait néanmoins « irrationnel et irresponsable » de recourir à la géo-ingénierie sans mettre en oeuvre des mesures de réduction des émissions de CO2, gaz surtout produit par la combustion d’énergies fossiles.

Selon eux, les technologies visant à accroître la capacité de la Terre ou des nuages à refléter les rayons du Soleil présentent des risques considérables et ne devraient pas être déployées à ce stade. Elles consistent à procéder à des injections d’aérosols dans la stratosphère et à éclaircir les nuages marins grâce à des particules d’eau de mer injectées en grande quantité.

En outre, ces interventions n’auraient qu’un effet temporaire et présenteraient des risques environnementaux, sociaux et politiques importants.

Les experts ont relevé que les avantages et les risques des techniques pour retirer le CO2 de l’atmosphère –comme la séquestration– étaient bien compris, mais les technologies actuelles nécessiteront des décennies pour obtenir des résultats moyens et leur coût serait exorbitant pour les déployer à des échelles suffisamment grandes pour avoir un impact.

« Le fait même que les scientifiques considèrent le recours à la géo-ingénierie devrait être vu comme une sonnette d’alarme nous disant qu’il faut faire davantage pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la façon la plus efficace et la moins risquée de combattre le changement », relève Marcia McNutt, rédactrice-en-chef de la revue Science et ancienne directrice de l’Institut américain de géophysique. Elle a présidé le comité qui a produit ces rapports.

« Mais plus nous attendons, plus il sera probablement nécessaire de déployer certaines formes de géo-ingénierie pour retirer du CO2 de l’atmosphère et limiter les pires effets du changement climatique », a-t-elle prévenu.

D’où l’importance de faire davantage d’études pour améliorer l’efficacité des capacités actuelles, qu’elles soient plus favorables à l’environnement et moins coûteuses.

Ces deux rapports devraient guider les agences fédérales dans le choix des recherches à financer dans ce domaine, tout en gardant séparé le processus de décision pour les déployer.

Ce projet a été parrainé par l’Académie américaine des sciences, les agences du renseignement, la Nasa, l’Agence nationale océanique et atmosphérique ainsi que par le Ministère de l’Energie.

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Climat: 80% des Français attribuent le réchauffement à l’homme (sondage)

Dans une enquête réalisée en 2010 par un autre institut de sondage, les climatosceptiques niant la responsabilité de l’homme dans le réchauffement dont la vitesse est inédite représentaient 26%.

Une écrasante majorité de personnes interrogées (89%) affirment aussi avoir « l’impression » que « le climat a changé » au cours des 20 dernières années: « oui tout à fait » pour 40% et 49% « oui plutôt ».

Interrogés sur leur perception du changement climatique, 75% des sondés disent avoir observé des inondations plus fréquentes et 56% affirment ressentir la hausse de la température moyenne.

Si l’augmentation du thermomètre est une constatation faite à l’échelle du globe, l’impact actuel du changement climatique sur la fréquence des inondations est moins évident, même à l’échelle de l’Europe.

Les scientifiques relèvent par exemple une augmentation des sécheresses en Europe du Sud mais aussi des épisodes de pluies plus intenses, qui peuvent se traduire par des inondations.

Les inondations sont par ailleurs très liées à l’urbanisation et aux pratiques agricoles (déforestation, etc.).

Concernant la conférence de l’Onu sur le climat fin 2015 à Paris-Le Bourget, seulement 22% des Français disent connaître précisément le but de ce rendez-vous, 35% en ont entendu parler sans savoir précisément ce dont il s’agit et 43% n’en ont pas entendu parler.

La conférence Paris-Climat 2015 doit aboutir à un accord universel entre 195 pays pour limiter la hausse du thermomètre de la planète.

Sur la possibilité d’agir pour freiner le réchauffement en cours, 71% estiment pouvoir agir personnellement, 29% estimant ne rien pouvoir faire au niveau individuel.

Quant aux grandes entreprises, peuvent-elles agir de manière efficace contre le dérèglement? « Oui tout à fait » pour 40% des sondés, « oui plutôt » pour 37% et non pour 23%.

A la même question mais appliquée aux PME, les Français sont 26% à répondre « oui tout à fait » et 45% « oui plutôt ».

Sur la mobilisation des entreprises françaises dans la lutte climatique, 65% estiment qu’elles sont peu mobilisées.

Le sondage a été réalisé par internet auprès de 995 personnes du 19 au 26 janvier 2015 selon la méthode des quotas.

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Une nouvelle technique d’acquisition d’images pour reconstituer un visage en 3D

Les techniques d’acquisition d’image existent déjà, plus ou moins développées. On peut citer en exemple la technologie EOS de stéréoradiographie 2D/3D qui offre aux chirurgiens une bonne image des os de leurs patients en 3D et permet l’impression 3D de prothèses. Mais celle-ci est d’un genre nouveau.

Des bandes de lumières sont envoyées par un projecteur sur la chose à scanner. Ces lignes lumineuses alternent avec des lignes sombres dans une sorte de motif clair/obscur. Elles forment pour Jorge Luis Nuñez Flores, concepteur du logiciel de composition d’image tridimensionnelle, et son équipe, une grille d’information binaire que la caméra – second outil indispensable à cette technique – capture. Alors que cette opération est réalisée à plusieurs reprises, huit filtres de différentes teintes de gris sont diffusés. Grâce à cela, l’image acquiert un volume, une texture ainsi qu’une bonne définition. C’est à ce moment qu’intervient le logiciel de Jorge Luis Nuñez Flores, une fois toutes les données en sa possession, pour modéliser l’image en 3D.

Les chercheurs comptent utiliser cette technique afin de modéliser des pièces mécaniques anciennes ou des antiquités que les musées pourraient utiliser et ainsi exposer des répliques d’objets d’art à la valeur inestimable et dont la manipulation stipule une extrême précaution. Les visiteurs auraient la possibilité de prendre dans leurs mains ces répliques exactes, témoins d’un événement ou d’une époque, et les spécialistes pourraient les observer dans le cadre d’études ou encore pour confirmer ou non certaines légendes. Il reste cependant à accorder le logiciel avec les technologies d’impression 3D actuelles pour rendre concret ce projet et donner corps aux objets numérisés.

Par Sébastien Tribot

L’éclairage public devient intelligent

L’Agence de développement économique de la province de Liège, en a fait l’amer constat dans les 43 parcs d’activités économiques qu’elle gère. Pour soulager le portefeuille des communes, qui règlent dans ce cas de la douloureuse, elle a demandé aux spécialistes de l’ULg de mettre au point au système d’éclairage intelligent. Capable de se faire discret si l’endroit est désert, mais de se réanimer rapidement en cas de mouvement. Les bases de SmartNodes étaient jetées.

Pistés par les lampadaires

Le fruit des recherches de cette spin-off, officiellement constituée en octobre dernier, ne saute pas d’emblée aux yeux. Dans le zoning de Tirlemont, où en cette fin d’après-midi assombrie seuls quelques canards manifestent leur présence, les réverbères n’ont rien d’extraordinaire. Fidèles à leur job, ils projettent un léger halo sur le sol bétonné.

Au loin, un vélo arrive. Les uns après les autres, ces halos semblent se raviver au fur et à mesure de la progression du deux-roues, puis pâlir progressivement une fois qu’il s’éloigne. Illusion d’optique ? L’effet est au contraire bien calculé. Perchés à côté des ampoules, des capteurs sont à l’affut de toutes informations pertinentes. L’identité de l’usager (cycliste, piéton, voiture, motard ?) est repérée, tout comme la vitesse à laquelle il circule et le sens vers lequel il avance.

Bulle lumineuse

Une fois emmagasinées, ces données sont communiquées au boîtier de la lampe voisine. Et ainsi de suite jusqu’à la fin du parcours. « Ces microprocesseurs vont permettre de générer une bulle lumineuse qui va se « déplacer » à la vitesse du client », résume Jacques Destiné, professeur émérite à l’Institut Montefiore d’électricité, électronique et informatique, qui a mis au point cette technologie. « On n’éclaire que là où il faut, quand il faut », ajoute-t-il. Ainsi un promeneur sera mis en lumière devant et derrière lui, parce qu’il pourrait se retourner assez rapidement. Par contre, les ampoules faibliront plus vite après le passage d’une voiture. Mais dans tous les cas, jamais elles ne s’éteindront complètement. Elles se règlent plutôt au minimum, histoire de ne pas provoquer un éventuel sentiment d’insécurité.

SmartNodes n’est évidemment pas la première à s’aventurer sur le chemin porteur de l’éclairage intelligent. De grands groupes, comme Schréder ou Philips, jouent déjà sur ce terrain. Mais la spécificité de la spin-off réside dans sa décentralisation. Tous ses concurrents ont opté pour un système organisé autour d’un ordinateur central, qui récolte les informations et les transmet à chaque point lumineux. Tandis que la société liégeoise mise sur la communication entre réverbères.

Jamais de blackout

« Cette approche nous permet d’obtenir des temps de réponse très courts, expose Jacques Destiné. Si toutes les données devaient être rediffusées vers un ordinateur, la réaction serait moins rapide ». Pratique aussi en cas de panne : le système n’est pas complètement à l’arrêt, mais les informations sont simplement transmises au lampadaire suivant.

Cette technologie, couplée à des ampoules LED, permettrait de générer jusqu’à 80% d’économies d’énergie. Mais pour séduire ses clients potentiels (pouvoirs publics mais aussi entreprises privées par exemple détentrices de parkings ou d’entrepôts), la start-up mise sur d’autres fonctionnalités. « Avec toutes les informations accumulées par les capteurs, on va pouvoir offrir de nouveaux services », prédit Jean Beka, CEO. Comme un comptage des véhicules ou des passants aux endroits équipés, ou tout autre système de monitoring qui génèrerait des statistiques sur la fréquentation d’une route. La gestion du trafic à distance pourrait ainsi s’en retrouver facilitée.

Smart cities

Les scientifiques de SmartNodes pourraient également imaginer un éclairage particulier pour indiquer aux automobilistes qu’une voiture s’avance sur une entrée d’autoroute. Ou encore une alerte visuelle (du style : les ampoules qui se mettent à clignoter en rouge) pour signaler la présence d’un conducteur fantôme. Bref, autant de technologies qui apporteraient de l’eau au moulin du concept de smart cities, qui a le vent en poupe et qui est notamment prôné par les instances européennes.

Avant d’en arriver là, il faudra d’abord convaincre les pouvoirs publics de s’équiper de ce système, dont le prix est jalousement tenu secret par le directeur de la spin-off. « Mais le retour sur investissement est de 3 à 4 ans rien que grâce aux économies d’énergie », garantit Jean Beka. Tout en reconnaissant qu’en matière d’éclairage public, surtout sur les autoroutes, les perspectives tablent plutôt sur une extinction totale des feux que sur un investissement massif…

Sources : bulletins-electroniques et Dailyscience

Et aussi dans l’actualité :

Des scientifiques percent le mystère du puissant venin du serpent corail

Ses protéines n’ont aucun effet sur celles que ciblent la plupart des venins produits par les autres serpents et animaux. Ce venin rare contient une toxine qui active de façon permanente une protéine clé des cellules nerveuses provoquant des crises mortelles d’épilepsie chez les proies.

« Ce que nous avons trouvé, c’est la première toxine animale connue appelée MmTX, et de loin la plus puissante, qui cible les récepteurs GABA(A) », explique Frank Bosmans, professeur adjoint de physiologie et de neuroscience à la faculté de médecine de l’Université Johns Hopkins, un des co-auteurs de cette découverte parue dans les Comptes rendus de l’Académie américaines des sciences (PNAS).

Ces récepteurs sont très importants chez les mammifères car ils jouent un rôle clé dans la communication entre les cellules nerveuses dans le cerveau et la moelle épinière. Ils sont la cible de plusieurs molécules pharmacologiques importantes pour la santé humaine.

Chez les souris, MmTX a provoqué une succession de relaxations et de tétanisations des muscles, similaires à l’épilepsie, qui ne peut être arrêtée.

« Des médicaments anti-anxiété comme le diazépam et l’alprazolam (Xanax), un tranquillisant, ciblent aussi les récepteurs GABA(A) mais provoquent la relaxation au lieu de crises d’épilepsie car ils s’y fixent de manière différente », précise le Dr Bosmans.

Celui-ci prévoit avec son équipe de recherche d’utiliser le MmTX comme un outil pour mieux comprendre comment fonctionnent les récepteurs GABA(A).

Dans la mesure où des erreurs dans ces récepteurs peuvent provoquer l’épilepsie, la schizophrénie et des douleurs chroniques, ces scientifiques espèrent que leurs prochains travaux apporteront de nouveaux éléments sur ces pathologies.

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Arrêter la cigarette… en dormant

Selon le principe sur lequel repose l’hypnopédie, l’apprentissage de l’Homme ne cesserait pas complètement lors de son sommeil. Il serait donc possible de le solliciter en lui faisant écouter des disques pendant son sommeil, ce que plusieurs études scientifiques semblent réfuter. Des chercheurs de l’Institut Weizmann supposent quant à eux que l’Homme pourrait effectivement être conditionné dans son sommeil grâce à… son nez ! Etonnant mais vrai, ils ont ainsi montré qu’une exposition nocturne à des odeurs de cigarette mêlées d’oeuf ou de poisson pourri peut aider à arrêter de fumer.

Le meilleur des mondes

Chacun se souvient du fameux roman de Aldous Huxley, Le meilleur des mondes, décrivant une société où les foetus se développent dans des flacons où ils sont conditionnés. Les traitements que subissent les embryons au cours de leur développement déterminent leurs futurs goûts, aptitudes et comportements. Un procédé qui fait beaucoup penser au conditionnement associatif, aussi appelé conditionnement pavlovien, qui consiste en l’entraînement inconscient du cerveau à associer des stimuli de l’environnement à des réactions de l’organisme.

Quand le nez veille

La Dr Anat Arzi, travaillant dans le laboratoire du Pr Noam Sobel à l’Institut Weizmann, s’intéresse au conditionnement pavlovien. Elle étudie les odeurs comme stimuli provenant de l’environnement et le rôle qu’elles pourraient jouer durant notre sommeil. Car les odeurs, à l’inverse d’autres stimuli, ne nous réveillent pas. De plus, après une exposition nocturne et inconsciente à des odeurs, on ne se rappelle pas les avoir senties le lendemain.

Le stade de sommeil durant lequel les stimuli pourraient jouer un rôle serait le stade 2, aussi appelé stade de sommeil léger. Le stade 2 occupe environ 50% du temps de sommeil total. Le sujet est assoupi mais il est encore très sensible aux stimuli extérieurs. Ainsi, lors du stade 2, environ 50% des bons dormeurs et 80% des mauvais dormeurs pensent ne pas dormir.

Dans quel but ?

Dans un article publié en novembre dans The Journal of Neuroscience, la Dr Arzi a mis en évidence l’influence d’un conditionnement nocturne olfactif sur la consommation de cigarettes. Le fait de fumer étant un phénomène quantifiable, l’impact des stimuli olfactifs a pu être mesuré.

Pour réaliser cette étude, 66 personnes désirant arrêter de fumer mais ne sachant pas comment procéder se sont portées volontaire. Après avoir indiqué leur fréquence de consommation de cigarettes, elles ont été séparées en plusieurs groupes. Celles du premier groupe passèrent une nuit dans une salle de laboratoire à l’écoute de leur sommeil. Lors de la phase 2, elles furent exposées de façon répétitive à une forte odeur de cigarette suivie d’une odeur nauséabonde. Bien qu’ils furent incapables de se souvenir de ses odeurs au réveil, les volontaires observèrent une diminution de leur consommation de cigarettes d’environ 30% la semaine suivant l’expérience.

Les membres du second groupe furent exposés aux mêmes odeurs pendant un temps similaire, mais dans un état d’éveil et non pendant le sommeil. Ceux du troisième groupe furent exposés à des odeurs de cigarette et des odeurs nauséabondes pendant leur sommeil, mais de façon aléatoire et non couplée. Contrairement aux membres du premier groupe, ceux des deux autres ne relevèrent aucune diminution de leur consommation de cigarette.

Ces résultats confirmèrent l’hypothèse du groupe du Pr Sobel : nous oublions la majorité de nos rêves, mais il existe un conditionnement association qui se fraye un chemin lors de notre sommeil.

La fin des patchs de nicotine ?

Une simple nuit de conditionnement olfactif réduirait ainsi de façon significative la consommation de cigarettes pendant plusieurs jours. Le conditionnement olfactif est un terrain prometteur pour les chercheurs travaillant sur les phénomènes d’addiction. La région du cerveau contrôlant l’addiction serait en effet très proche de la région d’olfaction et ces deux régions, en plus de rester éveillées pendant notre sommeil, semblent absorber des informations.

Cette découverte ne permet pas encore aux fumeurs de se débarrasser de leur addiction juste en dormant. Mais elle nous indique la possibilité d’un conditionnement pendant notre sommeil qui pourrait un jour nous mener à d’importants changements comportementaux. Huxley ne s’était peut-être pas trompé : nous pourrions un jour être sujets au conditionnement associatif durant notre sommeil, mais ce serait à de nouvelles fins : faire disparaitre nos addictions au lieu de les créer.

Source : bulletins-electroniques

Le gaz de schiste a ses apôtres en France

« Un certain nombre d’industriels a pensé qu’il était temps d’apporter une information scientifique qualifiée sur ce sujet (et) de sortir de l’obscurantisme dans lequel on est plongé », a indiqué lors d’une conférence de presse, Jean-Louis Schilansky, qui présidera le Centre des hydrocarbures non conventionnels (CHNC).

L’ancien patron de l’Union française des industries pétrolières (Ufip) a nié que l’objectif du nouveau centre soit de créer un lobby du gaz de schiste en France, même si la plupart des groupes qui soutiennent ce centre n’ont jamais dissimulé leur souhait d’obtenir l’autorisation d’explorer le sous-sol français pour en connaître exactement les ressources, à l’image des groupes chimiques Solvay et Arkema.

« Nous ne sommes tout simplement pas un lobby », s’est défendu M. Schilansky. « Nous n’irons pas voir des parlementaires et des cabinets ministériels pour essayer de les convaincre. Nous ne serons pas dans les couloirs », a-t-il assuré.

Muni d’un conseil scientifique, le CHNC a pour objectif de « rassembler, évaluer et diffuser des informations factuelles. Des faits, des faits et encore des faits et non pas seulement des opinions », a affirmé son président.

Selon lui, les adversaires du gaz de schiste sont les bienvenus. « Le centre sera ouvert à tous, à toutes les opinions. Il n’y aura pas de discrimination », a-t-il assuré, prônant une approche « cartésienne », loin du « débat idéologique, pour ne pas dire religieux » qui caractérise, selon lui, la discussion sur les hydrocarbures non conventionnels en France.

François Hollande avait assuré en juillet 2013 qu’il n’y aurait ni exploration ni exploitation du gaz de schiste en France sous sa présidence.

La fracturation hydraulique, seule technique éprouvée pour exploiter les hydrocarbures de schiste, est d’ailleurs interdite en France.

Le CHNC dit n’avoir pas l’intention de changer la loi. « Ce n’est pas le moment », affirme M. Schilansky, pour qui, en revanche, « c’est le moment d’apporter des informations, de parler, de dire ce qu’il se passe » dans ce secteur qui a bouleversé la donne énergétique mondiale.

Parmi la vingtaine de groupes soutenant le CHNC figurent des groupes déjà présents dans la filière du gaz de schiste, à l’image de Total, le géant gazier GDF Suez, le fabricant de tubes sans soudures Vallourec, le groupe Imerys qui produit des proppants ou encore Air Liquide.

L’Union des industries chimiques, l’Ufip, Suez Environnement, ou Technip sont également associés.

arz/mpa/cb/nm

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Une plate-forme en ligne pour acheter moins cher vos machines-outils

Sur un marché mondial de la machine-outil qui a atteint 81 milliards d’euros en 2012, la société allemande Surplex GmbH occupe une position originale.

Maison de ventes spécialisée, elle assure, par l’intermédiaire de son site internet, la commercialisation à prix attractifs de nombreux matériels industriels d’occasion.

Cette prestation se complète de plusieurs services pratiques – liquidation, évaluation, expertise technique et aide au démontage.

Uli Stalter & Michael Werker, fondateurs de l’entreprise Surplex.

 

Cet intermédiaire fondé en 1999 simplifie l’accès à l’outillage de seconde main.

Il assure aux entreprises en pleine croissance ou à la recherche de moyens de production plus performants (par exemple dans les pays en voie de développement) la disponibilité rapide de références souvent récentes : 

plus besoin d’attendre des semaines avant de recevoir sa machine-outil neuve ! Cette réutilisation des matériels prend également tout son sens dans un monde où la lutte contre la pollution et la consommation responsable des ressources deviennent de plus en plus nécessaires.

 

Le fonctionnement de la plate-forme internet Surplex se distingue par sa facilité. Quelques instants suffisent pour s’inscrire puis commencer à acquérir des équipements, en achat immédiat ou lors d’enchères.

Chaque lot dispose d’une fiche détaillée, illustrée de nombreuses photos et de vidéos : ce document précise notamment l’état, le prix et les modalités d’enlèvement.

 

Parce que la maison de ventes fait de la qualité une priorité, les machines présentées sont en bonnes voire très bonnes conditions d’utilisation et permettent un travail en toute sécurité. Elles proviennent fréquemment de fermetures d’entreprises ou de restructurations d’usines.

 

La variété des biens proposés constitue un autre point fort de Surplex. Le site représente notamment l’un des principaux intervenants dans la vente en ligne de machinerie d’occasion pour le travail du métal et du bois :

découpe (sciage, fraisage,…), soudage, finition (meulage, ponçage,…) et usinage combiné à commande numérique constituent quelques-unes des catégories de son catalogue de machines.

Celles-ci se déclinent en de nombreux modèles et proviennent de constructeurs réputés. Elles peuvent se compléter par des références destinées au stockage, à la manutention et à l’équipement des ateliers ou des bureaux.

 

Plus de 30.000 lots commercialisés avec succès depuis près de 15 ans témoignent de la valeur ajoutée Surplex. Disponible en 10 langues et accueillant 200.000 visiteurs par mois localisés dans 150 pays, le domaine enregistre depuis sa création un chiffre d’affaires en croissance permanente.

 

Son accompagnement fort tout au long de la mise en vente rassure acheteurs et propriétaires, les déchargeant avec efficacité de la gestion des annonces, des formalités administratives, du paiement et de la livraison. Il se double d’un service-client réactif, répondant à toute question technique ou commerciale.

Transition énergétique:vers un bras de fer Sénat-gouvernement

Les premiers sont d’accord pour limiter à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité mais sans fixer de date, alors que le gouvernement prévoit, lui, 2025, une date correspondant à l’une des promesses de campagne de François Hollande.

« Tout en adhérant à l’objectif de diversification souhaité par le gouvernement, l’amendement que nous avons adopté vise à assurer une transition réaliste et garante d’une croissance durable », a assuré Ladislas Poniatowski (UMP), le rapporteur du texte.

« 2025, c’est demain », a souligné l’élu de l’Eure. « Si le gouvernement maintient sa position, je lui demanderai de prendre ses responsabilités et de nous dire quels réacteurs, sur quels critères, et où veut-il fermer ».

Mais la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, ne désespère pas « de revenir au texte initial qui a déjà fait l’objet de nombreux débats ».

« Je vais écouter les arguments, et je m’accorde toujours une marge d’adaptation par rapport au débat parlementaire », avait-elle dit en indiquant qu’elle allait « continuer dans la co-construction de la solution du meilleur mix énergétique pour la France ».

« Le texte, qui sera présenté au vote des sénateurs, est à un tel point vidé de ses principales avancées, qu’il se révèle pour moi inacceptable », a déclaré de son côté le président de la commission du Développement durable de l’Assemblée, Jean-Paul Chanteguet (PS).

Parallèlement, la commission des Affaires économiques a préconisé le relèvement du plafonnement de la capacité de production du nucléaire à 64,85 GW au lieu de 63,2 GW prévus dans le texte de loi, afin que la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche) ne se traduise pas, dès 2017, par l’arrêt de deux réacteurs supplémentaires.

En ce qui concerne les bâtiments, alors que le texte prévoit une isolation par l’extérieur, les sénateurs préfèrent laisser aux maires la liberté de décider de la technique d’isolation lors d’un ravalement de façade.

La commission a par ailleurs considéré qu’il y avait un oubli dans le texte en ce qui concerne les énergies renouvelables: la biomasse, qui peut être développée sur tout le territoire.

Quant à la circulation automobile, le Sénat a accordé aux maires la possibilité d’étendre les limitations de vitesse inférieures à 50 km/h à l’ensemble des voies de la commune. Un rapport devra faire le bilan des émissions de particules fines, y compris au titre de l’abrasion, c’est-à-dire au cours des freinages.

La commission du Développement durable du Sénat propose aussi d’inscrire la définition de l’obsolescence programmée dans le code de la consommation et son contrôle par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes). Elle entend généraliser le tri à la source des biodéchets et supprimer l’interdiction de la vaisselle jetable en imposant son tri sélectif.

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Des colliers de nanoparticules d’or pour guider la lumière jusqu’au nanomètre

La lumière peut servir à transmettre des informations. Cette propriété est par exemple utilisée dans la fibre optique et offre une alternative intéressante à la microélectronique. L’utilisation de la lumière permet d’augmenter la vitesse de transmission et de réduire les pertes d’énergie qui se produisent par réchauffement lorsqu’un signal électrique est utilisé. Cependant il reste plusieurs défis à relever, notamment celui de la miniaturisation : avec la fibre optique il est en effet difficile de confiner la lumière dans une largeur inférieure au micromètre (soit 10-6 mètres).

Les électrons circulent librement dans les métaux et parfois se mettent à osciller collectivement à leur surface sous l’effet de la lumière, comme dans les métaux nobles tels l’or et l’argent. Les propriétés de ces oscillations collectives, appelées plasmons, offrent depuis une vingtaine d’années une voie prometteuse vers un confinement sub-longueur d’onde (c’est-à-dire inférieur au micromètre) de l’énergie lumineuse. En transmettant cette énergie portée par les photons aux électrons en mouvement, il est possible de transporter de l’information dans des structures plus étroites que les fibres optiques. Pour atteindre des confinements encore plus importants, la plasmonique2 s’intéresse désormais aux propriétés optiques de nanoparticules cristallines. La surface cristalline lisse évite de perturber les oscillations des électrons et limite les pertes d’énergie. Exploiter les propriétés de ces nanoparticules devrait donc permettre simultanément des confinements de l’ordre du nanomètre et le transport de l’information sur de grandes distances.

Dans cette étude, les chercheurs ont démontré que lorsque des nanoparticules d’or de dix nanomètres de diamètre sont alignées sous forme de chaine, les plasmons qu’elles portent génèrent des oscillations particulières, propices à la propagation ultra-confinée. Cependant à chaque passage entre deux nanoparticules, il existe une perte d’énergie. Si cette caractéristique peut être exploitée pour certaines applications qui nécessitent des sources de chaleur très localisées, notamment en médecine, elle ne favorise pas la propagation longue distance.

Les chercheurs ont donc délicatement fusionné les nano-perles, en focalisant un faisceau électronique à haute énergie, de façon à former un réseau continu et cristallin. Ils ont alors observé que les pertes d’énergie sont réduites et que les plasmons sont libres d’osciller sur de très grandes distances tout en restant confinés suivant le diamètre des nanoparticules. Au sein de ce collier de seulement dix nanomètres de large, l’information peut voyager jusqu’à 4000 nanomètres.

Un autre défi relevé par cette étude a été de cartographier, avec une précision exceptionnelle, les oscillations des électrons observées à la surface de la chaine de nanoparticules. Les différents types de mouvement des plasmons ont été caractérisés par une technique de microscopie appelée spectroscopie de perte d’énergie des électrons (EELS) dont la très fine résolution spatiale et spectrale a permis aux chercheurs de proposer un nouveau modèle théorique du comportement des plasmons. Les simulations basées sur ce modèle reproduisent les expériences avec une fidélité sans précédent.

Ces travaux qui résultent d’une collaboration à long terme avec des équipes de Bristol et de Singapour pourraient mener à une miniaturisation extrême du guidage de la lumière et ouvrir la voie vers des applications en matière de capteur, pour le photovoltaïque par exemple, et en télécommunication.

© E. Dujardin (CEMES, CNRS)
Image EELS montrant la distribution spatiale des électrons confinés le long d’une chaine de nanoparticules d’or.
Source : CNRS

Recharge de voitures électriques: le projet de Bolloré reconnu de « dimension nationale »

Bolloré avait demandé la reconnaissance de la « dimension nationale » de son projet afin d’être « exempté de redevance d’occupation du domaine public » pour son projet représentant « un investissement de 150 millions d’euros sur quatre ans », avait indiqué Bercy début décembre.

Le projet « 16K » vise à « déployer jusqu’à 16.000 points de charge (…) sur près de 4.000 communes », réparties dans 94 départements des 22 régions de France métropolitaine, précise la décision de la ministre de l’Ecologie et de l’Energie, Ségolène Royal, et de son collègue chargé de l’Economie, Emmanuel Macron.

La moitié au moins de ces points de charge « se présente comme conforme par avance » à la directive européenne sur les carburants alternatifs, en particulier en matière d' »interopérabilité à l’échelon européen », selon le texte.

L’installation se fera en deux phases « d’égale ampleur », la première s’achevant le 31 décembre 2016 et la seconde le 30 juin 2019. « La totalité des départements voire des communes concernées a vocation à être couverte dès la première phase », ajoutent les ministres.

Le groupe industriel breton a affirmé de son côté que « par son ambition, ce réseau permettra de promouvoir la mobilité électrique +pour tous et partout+ en complément des infrastructures déjà installées par le Groupe Bolloré au travers de ses services d’autopartage » à Paris (Autolib), Lyon (Bluely) et Bordeaux (Bluecub).

Bolloré a également révélé que ses futures bornes, « intelligentes et connectées, munies d’écrans tactiles permettant le dialogue avec les utilisateurs », permettraient une charge de type « semi-accélérée » avec une puissance de 7,4 kilowatts.

« Contrairement aux bornes +rapides+, ce choix de charge +semi-accélérée+ s’inscrit dans le respect de la transition énergétique, évitant de déstabiliser le réseau électrique par des appels de puissances trop brutaux et prolongeant la durée de vie des batteries des véhicules », a assuré Bolloré en estimant que « plus de 100 emplois » seraient ainsi créés.

Le maillage du territoire en points de recharge est vu comme l’un des leviers pour inciter les Français à passer à la mobilité électrique, alors que l’autonomie limitée des véhicules freine jusqu’ici leur développement.

La publication au JO intervient deux jours après des annonces gouvernementales portant la prime à l’achat d’un véhicule électrique à 10.000 euros à partir de début avril, sous conditions, notamment de mettre à la casse un véhicule diesel de plus de 13 ans.

Malgré les incitations déjà existantes et des campagnes commerciales agressives de certains constructeurs, le marché des automobiles électriques peine à décoller en France, représentant 0,6% des autos neuves immatriculées en 2014, en hausse toutefois de 20% par rapport à 2013.

Le chiffre d’affaires de Blue Solutions, filiale de Bolloré spécialisée dans le stockage d’énergie, a plus que doublé sur les neuf premiers mois de 2014 par rapport à la même période de 2013, et la société espérait atteindre entre 90 et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires sur l’année. Elle dévoilera ce chiffre le 12 février.

Il ne s’agit toutefois encore que d’une activité de niche au sein du groupe diversifié (logistique, médias…) qui a réalisé en 2013 un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards d’euros.

gbh-tq/fpo/phc

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HoloLens, le casque de réalité augmentée signé Microsoft

HoloLens est donc un casque de réalité augmentée permettant d’intégrer des images virtuelles à « l’environnement réel » ou le « vrai monde » comme le dit Microsoft. Ces images (objets, graphiques…) s’intègrent à notre champ de vision et sont contrôlables d’un simple geste. En agitant un doigt dans l’espace par exemple.

Le casque développé par Microsoft se présente comme un véritable ordinateur portable, avec un processeur, une carte graphique et un système d’exploitation. Il n’est pas nécessaire de le brancher au secteur ou de le raccorder à un ordinateur pour le faire fonctionner. En cela, il se distingue de Facebook avec l’Occulus Rift et de Sony avec Morpheus, les deux projets concurrents.

Cependant ce qu’il faut retenir, c’est que ce sont les capteurs qui font tout le boulot. En effet, les caméras intégrées au casque saisissent les détails qui entourent l’utilisateur – comme le fait la Kinect. L’environnement est ensuite recomposé par le casque puis enrichi en temps réel par des objets virtuels, sans qu’il y ait de saute dans l’image.

Ces images ou éléments avec lesquels l’utilisateur peut interagir ont été comparés à des hologrammes par celle que l’on appelle « la firme de Redmond ». Mais ce n’est pas tout à fait exact. Par définition, l’holographie est la représentation en trois dimensions d’une image projetée par un faisceau laser sur un écran. Or, contrairement aux projections holographiques traditionnelles, une seule personne est en mesure d’apprécier ces représentations : son utilisateur. Tout ce qui transforme l’image que l’on perçoit normalement – c’est-à-dire l’acquisition de nouvelles informations – apparaît sur l’écran des lunettes. Un peu comme le calculateur de puissance dans Dragon Ball Z, le manga japonais imaginé par Akira Toriyama. Il est donc plus juste d’associer HoloLens à la famille des objets de réalité augmentée tel que feu les Google Glass.

Microsoft ne compte pas en rester là et va pousser l’expérience plus loin. La  Nasa a en effet commandé un logiciel permettant l’exploration de Mars, grâce aux HoloLens, sans bouger de son siège. Et qui sait encore quelles autres applications ou jeux « nous plongeant dans un monde fictif » verront le jour.

Toutefois, quelques questions se posent à propos des HoloLens. Déjà, qu’en est-il de la portabilité des lunettes :  leur poids, leur esthétisme… ? D’un point de vue éthique, ne s’agit-il pas d’une intrusion dans nos vies privées comme certains le pensaient déjà avec les Google Glass ? Ces expériences toujours plus immersives, où le voile entre le réel et le virtuel se révèle être de plus en plus ténu, ne vont-elles pas créer un effet d’isolement en nous coupant du monde ? Et bien sûr, comment le public va-t-il réagir ? Des questions pour l’heure sans réponse.

Les HoloLens devraient se retrouver sur le marché vers la fin de l’année autour de 1 000 dollars, un prix certes conséquent mais tout de même inférieur à celui auquel étaient vendues les Google Glass (1 500 dollars). 

Par Sébastien Tribot

Les textiles connectés représentent l’avenir de la filière textile

C’est (presque) bientôt Noël, et des vêtements d’un nouveau genre pourraient bien fleurir au pied du sapin. En effet, depuis quelques années les textiles dits « intelligents » ou « connectés » connaissent un fort développement. Bardés de capteurs, ils sont capables de mesurer des paramètres, conférant au vêtement une compétence. C’est le cas du D-shirt de la PME Cityzen Sciences dont le vêtement intègre un cardiofréquencemètre, un GPS, un altimètre et une centrale inertielle. Autant d’informations précieuses pour un sportif réunis sur son propre habit. Le développement des smartphones permet aujourd’hui de rendre accessibles les données via des applications, permettant à l’utilisateur de s’informer et d’adapter son comportement en temps réel.

En 2013, une étude du CEA chiffrait à 33% le nombre de personnes qui utilisent régulièrement leur téléphone mobile pour mesurer des données de santé. Une habitude qui devrait se développer car selon une étude opinion way, 53% des français pensent que les outils technologiques sont une aide dans la gestion de la santé et du bien-être.

L’ère du textile connectée semble s’ouvrir. La France ne s’y trompe pas et l’un des 34 plans industriels lancés fin 2013 est consacré aux « Textiles techniques et intelligents » avec comme objectifs d’« Exploiter les opportunités offertes par les révolutions numériques et les nanotechnologies, grâce aux textiles intelligents et innovants ».

Dans ce cadre, le projet CONNECTITUDE doit permettre le développement et la mise en marché de 5 projets industriels de textiles connectés. Parmi les entreprises françaises expertes en textiles intelligents, on compte Brochier Technologies qui s’est spécialisé dans le tissage de fibres optiques pour des textiles lumineux, Sefar Fyltis qui fabrique des tissus conducteurs monofilament, Sofileta R&D qui se focalise sur les tissus avec des capteurs de température ou de rythme cardiaque par exemple, Tibtech Innovations qui est experte des fils chauffants ou conducteurs, et Cityzen Sciences se veut spécialiste du textile connecté dédié au monitoring d’individu avec le projet Smart Sensing.

La société Glagla a mis au point Digitsole, une semelle chauffante connectée pilotable via son smartphone. Récemment, nous vous parlions aussi de MySenses dont les pastilles thermosensibles équipent chapeaux d’enfant et bracelets pour mesurer l’exposition aux UV.

Du fait de fortes attentes dans les domaines de la santé, du sport mais aussi des bâtiments, des transports et de la communication, il y a fort à parier que les textiles intelligents  ne resteront pas un marché confidentiel bien longtemps !

Par Audrey Loubens

Plus de nucléaire et d’ENR, moins d’énergies fossiles !

En 2014, la production nette d’électricité atteint 540,6 térawattheures (TWh), soit une baisse de 1,8 % par rapport à 2013. Mais la consommation française baisse davantage, – 6 % entre 2013 et 2014, passant à 465,3 TWh. C’est le plus faible niveau de consommation mesuré depuis 2002 ! Avec une consommation plus faible, due principalement à une météo extrêmement clémente, cela a permis de booster notre solde exportateur vers les autres pays européens, à hauteur de 65,1 TWh, contre 47,2 TWh en 2013.

Après correction des aléas météorologiques, la consommation française pour 2014 s’établit à 474,1 TWh, en baisse de 0,4 % par rapport à 2013. Les mesures d’efficacité énergétique sur les équipements et bâtiments, ainsi que la baisse de la part de marché du chauffage électrique dans le bâtiment neuf suite à l’application de la Règlementatin Thermique 2012 commencent donc à montrer quelques résultats.

Recul du charbon et du gaz

Fin 2014,  les capacités installées de centrales thermiques utilisant des combustibles fossiles (charbon, fioul et gaz) sélèvaient à 24,4 gigawatts (GW) pour une production de 27 TWh. Elles étaient respectivement de 25,6 GW et 44,7 TWh fin 2013. Entre 2013 et 2014, le parc de production installé en France a perdu 1,2 GW de centrales au charbon, 65 mégawatts (MW) de fioul et gagné 9 MW de gaz.

Entre 2013 et 2014, si les centrales thermiques  utilisant des combustibles fossiles n’ont perdu que 5 % de puissance installée, leur production a baissée de 39,6 %. Alors que le recours au charbon avait augmenté de 14% en 2013, la production des centrales au charbon a diminué de 58,2 % en 2014. Du côté du gaz, la production baisse encore de 28,2 % en 2014, la baisse précédente étant de 18,9 %. La production des centrales au fioul a aussi baissé de 10,5 % en 2014, amplifiant la baisse de 19,2 % déjà observée en 2013. En 2014, ces centrales thermiques à combustible fossile n’ont assuré que 5 % de la production d’électricité française.

Selon RTE, la baisse considérable du recours au charbon s’explique par la fermeture de nombreuses centrales, pour respecter la réglementation européenne en matière d’émissions de CO2 entrée en vifueur au 31 décembre 2014. Mais ce sont surtout les conditions météorologiques clémentes qui expliquent la baisse considérable d’utilisation des combustibles fossiles. En absence de températures froides prolongées, les centrales thermiques n’ont pas été appelées. Cela se vérifie par le pic de consommation de 2014 qui est le plus faible observé depuis 2004. Le maximum de consommation a été enregistré le 9 décembre à 19h, avec une puissance de 82,5 GW utilisée, contre 102,1 GW appelés le 18 février 2012 et 92,6 GW le 17 février 2013.Les émissions de CO2 ont ainsi connu une chute historique de 40 %, se portant à 19 millions de tonnes d’équivalent CO2.

Augmentation du nucléaire et des énergies renouvelables

Fin 2014, la puissance installée des centrales électriques françaises s’élevait à 128,9 GW, en hausse de 0,5 % par rapport à 2013. Le nucléaire représentait 63,1 GW de puissance installée, l’hydraulique 25,4 GW, l’éolien 9,1 GW, le photovoltaïque 5,3 GW et les autres sources d’énergies renouvelables 1,6 GW.

La production nucléaire est en forte reprise par rapport à 2013. La puissance installée du parc nucléaire est restée inchangée entre 2013 et 2014, mais les réacteurs ont assuré 77 % de la production d’électricité en 2014, contre 73,3 % en 2013. Leur production nette s’élève à 415,9 TWh en 2014, contre 403,7 TWh en 2013. La disponibilité du parc nucléaire s’est donc améliorée.

Alors que le projet de loi sur la transition énergétique va bientôt être examiné au Sénat, cette hausse de production d’électricité d’origine nucléaire doit être surveillée. Les programmations pluriannuelles des l’énergie devront notamment prendre en compte cette augmentation récente pour s’assurer du respect des engagements du projet de loi pour la transition énergétique. Selon cette loi, la part de l’électricité d’origine nucléaire doit passer à 50 % en 2025.

Parallèlement, on note une reprise du développement des filières éolienne et photovoltaïque par rapport aux cinq dernières années. En 2014, le parc a gagné 963 MW d’éolien, 926 MW de photovoltaïque et 92 MW d’autres énergies renouvelables. Ces niveaux s’éloignent des niveaux minimaux de développement observés en 2013 pour l’éolien (621 MW installés) et pour le photovoltaïque (646 MW installés). Mais avec un facteur de charge inférieur, le parc éolien ayant produit en moyenne à 22,6% de sa capacitté contre 23,2% fin 2013 et une production hydraulique en baisse de 9,7%, la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité atteint 18 %, contre 18,6 % en 2013. En revanche, la part issue de l’ensemble des sources d’énergies renouvelables atteint 19,5 %, de la consommation d’électricité française contre 19,3 % en 2013. Pour la première fois, la production des énergies renouvelables, hors hydraulique, devance la part de la production thermique fossile, avec 28 TWh d’électricité produite.

Quelle capacité pour quelle production?

Le nucléaire représente 49 % de la puissance installée du parc français, mais 77 % de l’électricité produite. Les systèmes thermiques à combustible fossile représentent 18,9 % du parc installé, mais seulement 5 % de la production. L’hydraulique représente 19,7 % du parc installé, mais 12,6 % de la production. Cette année, la disponibilité du parc nucléaire a été très bonne, alors que l’utilisation du parc thermique a été beaucoup plus faible pour les raisons que nous avons détaillées. Grâce à de bonnes précipitations, la production hydraulique est restée élevée, bien qu’en recul de 9,7 % par rapport à l’année dernière.

Lorsque l’on considère les énergies renouvelables intermittentes, les écarts entre puissance installée et production sont beaucoup plus importants. Si l’éolien représente 7,2 % de la puissance installée, le parc représente 3,1 % de la production d’électricité. Avec 4,1 % de la puissance installée, le parc photovoltaïque ne constitue que 1,1 % de la production.

Ce petit panorama montre l’importance du marché de capacité qui est en train d’être mis au point pour assurer l’équilibre offre-demande, même en cas d’hiver très rigoureux. Il devrait permettre de rémunérer les centrales thermiques indispensables à cet équilibre en période de pointe, même lorsqu’elles ne sont pas appelées pour éviter leur mise sous cocon par manque de rentabilité.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Eco2mix : l’électricité s’invite dans votre smartphone !

Vous aimeriez connaître en temps réel l’état du réseau d’électricité et du parc de production français ? Savoir si les éoliennes tournent ou si la neige empêche les panneaux solaires de produire ? C’est possible grâce à l’application Éco2mix de RTE, qui rend accessible les données au niveau national en temps réel. En fin de chaque mois, les données de chaque région sont mises à jour : consommation, production par type d’énergie et flux interrégionaux.

Avec son application, RTE veut sensibiliser les utilisateurs à la transition énergétique et démystifier le secteur. Éco2mix fournit ainsi également des chiffres clés pour mieux comprendre la transition énergétique : capacités du parc installé, production maximum et minimum de l’éolien et du solaire, ampleur des pics de consommation… 

Des analyses pour mieux comprendre le secteur électrique

Chaque mois, une analyse de la situation électrique française est mise en ligne. Elle revient sur les conditions météorologiques et économiques qui impactent la consommation, la production et les échanges. Elle analyse également les raisons des échanges transfrontaliers. 

Sur l’analyse du mois de Décembre 2014, on apprend, par exemple, que la France a maintenu une exportation élevée en Belgique en raison de l’indisponibilité du parc nucléaire belge et que le solde des échanges avec l’Allemagne reste importateur pour le quatrième mois consécutif ! Cela vous permettra de clouer le bec aux fervents du nucléaire qui affirment que l’Allemagne importe massivement l’électricité française  d’origine nucléaire pour assurer sa transition énergétique !

L’application éco2mix est disponible sur smartphones, tablettes et sur le site rte-france.com.

  • Découvrir éco2mix en vidéo

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

Améliorer les vaccins contre le cancer

Les vaccins contre le cancer sont récemment apparus comme l’une des approches les plus prometteuses pour se débarrasser des cellules tumorales avant qu’elles ne se répandent, en dirigeant les défenses immunitaires d’un patient contre les cellules cancéreuses afin de les détruire de manière spécifique. L’objectif de ces vaccins est d’obtenir une réaction à la fois parfaitement ciblée, autonome et pérenne. Bien que forte de quelques jolis succès, la recherche n’en est encore malheureusement qu’à ses balbutiements, la plupart des « candidats vaccins » ne fonctionnant que trop aléatoirement. C’est dans ce contexte qu’une équipe de chercheurs japonais aurait développé un nouveau type de vaccin capable de stopper la croissance d’une tumeur, un vaccin testé avec succès après l’inoculation de la substance active sur des souris de laboratoire. Leurs résultats ont été annoncé dans la dernière édition de la revue scientifique ACS Nano, publication consacrée aux nanotechnologies de la prestigieuse American Chemical Society.

L’immunothérapie : une efficacité pour le moment relative

Actuellement, la plupart des vaccins contre le cancer agissent :

  • soit au niveau de l’antigène, en induisant une réaction immune contre un certain type de cellule, produisant des anticorps par le biais des lymphocytes B (immunité à médiation humorale) ou par le biais des lymphocytes T (immunité à médiation cellulaire) ;
  • soit au niveau des cellules dendritiques et des macrophages, les cellules de surveillance qui jouent un rôle primordial dans l’initiation des réponses immunes adaptives. Le vaccin va faire signe à ces cellules immunitaires, qui vont à leur tour activer les lymphocytes NKT (Natural Killer T, « tueur naturel T ») afin qu’elles s’attaquent aux tumeurs.

Pourtant, les approches basées sur le ciblage de ces cellules immunitaires, en constante circulation, n’ont pas encore rencontré le succès escompté.

Un maître-mot : furtivité

Les découvertes récentes suggèrent qu’un sous-ensemble de macrophages, provenant du fin fond de la structure des ganglions lymphatiques, pourrait jouer une partition importante dans le ralentissement de l’évolution du cancer. Mais comment faire en sorte que le vaccin ne soit pas absorbé, phagocyté par les cellules dendritiques et les macrophages en circulation, et atteindre ce fameux sous-ensemble de macrophages ?
L’innovation majeure du vaccin mis au point par l’équipe de Hiroshi Shiku et Naozumi Harada serait à trouver… du côté de la furtivité des nanoparticules qui le composent. Les chercheurs ont injecté les nanoparticules ninjas dans l’organisme de plusieurs souris, particules ne possédant aucune charge électrique, ni même de molécule de surface (qui pourraient attirer l’attention des cellules immunitaires patrouilleuses). Les nanoparticules furtives, contenant des molécules-messages destinées aux lymphocytes NKT, furent non seulement capables de pénétrer les ganglions lymphatiques, mais réussirent également à se faire repérer et engloutir par les macrophages visés. Résultat : la croissance de la tumeur est entravée, de manière plus efficace qu’avec les vaccins existants.

Par Moonzur Rahman

Ecophyto : Le Foll revoit sa copie

Loin de diminuer, entre 2009 et 2012, la consommation de pesticides a augmenté en moyenne de 5 % en France. Pire, entre 2012 et 2013, elle a augmenté de 9,2 %. Cette évolution concerne le nombre de doses-unités épandues à l’hectare (NODU), l’indicateur de référence utilisé dans le cadre du plan Ecophyto. L’Etat français revoit donc sa copie à la baisse. Au lieu d’une réduction de 50 % de l’usage des pesticides d’ici 2018, une baisse de 25 % d’ici 2020, puis de 50 % d’ici 2025, est prévue.

Tout n’est néanmoins  pas à refaire. « Ce premier plan a permis d’éliminer 80 % des substances les plus dangereuses », a insisté le ministre Stéphane Le Foll, à l’occasion d’une conférence censée lancer « 2015 : l’an I de l’agro-écologie », et au cours de laquelle il a présenté les grands axes du nouveau plan Ecophyto.

Comment créer une nouvelle dynamique durable ?

Stéphane Le Foll n’aime pas trop les engagements chiffrés et préfère « créer la dynamique sur le terrain », plutôt que de se focaliser sur des objectifs difficiles à atteindre. A l’instar de son plan Ambition Bio 2017, où il parle de « processus global de développement de l’agriculture biologique » plutôt que de « surface agricole utile à convertir en bio », le ministre préfère ici encourager les nouvelles pratiques agro-écologiques.

Plusieurs mesures ont déjà été lancées en 2013 : le plan Ambition bio 2017, le plan Ecoantibio, le plan pour l’apiculture durable et le plan Energie Méthanisation Autonomie Azote (EMAA). Puis, en 2014, la loi d’avenir pour l’agriculture et la forêt a été votée et les mesures agro-environnementales ont été mises en place dans le cadre du second pilier de la PAC. Ces dispositions visent à imposer l’agro-écologie, une agriculture performante aux niveaux environnemental et économique, comme nouvelle norme pour l’agriculture française. Dans cette perspective, le plan Ecophyto a un rôle important à jouer.

La nouvelle monture de ce plan insiste donc plus sur les moyens à déployer pour atteindre les objectifs.Elle s’inspire largement du rapport sur le sujet, remis au premier ministre Manuel Valls fin décembre, par le député PS Domnique Potier.

Comment mettre en action le monde agricole?

Un pesticide de synthèse ne se remplace pas  par du biocontrôle sans repenser en profondeur le système de culture. Pour que la baisse de la consommation des pesticides soit possible, le nouveau plan mise donc sur la formation et l’accompagnement pour répandre un ensemble large de pratiques agronomiques alternatives, telles que la rotation des cultures.

Pour y parvenir, il n’y a pas 36 solutions. Le nouveau plan Ecophyto mise sur ce qui a marché entre 2009 et 2014 : son réseau de 2 000 fermes pionnières Dephy qui ont vu une baisse de leur consommation de pesticides de 12 % en moyenne en 2013. Ces fermes « modèles » accompagnent chacune dans leur transition une dizaine de fermes grâce à des ingénieurs agronomes cofinancés par les conseils régionaux ou les agences de l’eau. Le nouveau plan prévoit de recruter 1 000 nouvelles fermes pionnières.

Des certificats d’économie de produits phytosanitaires mis en place

Les fermes Dephy ont leur importance, mais il faut élargir la dynamique au-delà de ce cercle réduit. Pour ce faire, la grande nouveauté du plan Ecophyto 2 est la mise en place d’un système de certificats d’économie de produits phytosanitaires (CEPP), inspiré par le modèle des Certificats d’économies d’énergie.

Les distributeurs de pesticides et les grandes coopératives devront engager des services et conseils pour réduire les produits phytosanitaires chez leurs clients de 20 % d’ici 2020. Outre le fait de mettre tous les acteurs à contribution, l’idée est également d’assurer une rémunération complémentaire aux industriels pour que la baisse de volume de vente des pesticides n’engendre pas de baisse de leur chiffre d’affaires.

En cas d’objectifs non atteints, les distributeurs de pesticides devront s’aquitter d’une pénalité financière de 11 euros par NODU. En revanche, ceux qui auront dépassé leurs objectifs, pourront vendre aux moins avancés  leurs surplus de NODU épargnés. Notons que ces CEPP portent sur une obligation de moyens mis en oeuvre et non de résultats. Les modalités d’évaluation des actions conduites devront donc être bien menées pour s’assurer de résultats à la hauteur des moyens.

Pour accompagner tout cela, 30 millions d’euros supplémentaires viendront s’ajouter aux 40 millions déjà alloués au plan chaque année. Ces nouveaux capitaux seront financés par un élargement de l’assiette de redevance pour pollutions diffuses collectée par les agences de l’eau.

Jusqu’en juin 2015, le projet est ouvert à consultation publique. Il sera ensuite décliné dans la foulée par régions, sous l’autorité du préfet. Espérons que, cette fois-ci, les résultats seront au rendez-vous !

  • Aller plus loin :

Rapport «Pesticides et agro-écologie LES CHAMPS DU POSSIBLE» de Dominique Potier

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique