Les femmes ne représentent que 17% des journalistes dans les rédactions sportives, a indiqué mardi l’association Femmes journalistes de sport, qui tire la sonnette d’alarme avant le coup d’envoi de la Coupe du monde de foot, qu’elles seront très peu à couvrir.
Sur 150 journalistes de rédactions françaises envoyés pour suivre cet événement co-organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique, seulement 10 sont des femmes. En presse écrite en particulier, elles ne sont que 2 sur 80, a recensé l’association à partir des données fournies par les rédactions et de ses propres informations.
« Quand c’est le foot, quand il y a de gros enjeux, elles disparaissent », a déploré lors d’une conférence de presse Mejdaline Mhiri, coprésidente de cette association fondée en 2021.
Au total, la part des femmes parmi les journalistes sportifs est passée de 15% en 2022 à 17% en 2025, alors que la profession de journalistes est quasiment paritaire, selon une étude menée auprès de 65 médias – soit près de 2.000 journalistes sportifs – par Sandy Montañola, enseignante-chercheuse à l’université de Rennes.
Les différences entre médias demeurent importantes, près d’un quart des rédactions ne comptant aucune femme, une proportion quasiment identique à celle de 2022.
« Oui il y a des embauches » de journalistes sportives, mais surtout des « départs d’hommes », expliquant la progression, même faible, des femmes, explique Sandy Montañola.
Toutefois leur recrutement se fait encore fréquemment sur des emplois précaires (piges, alternances ou temps partiels).
La presse spécialisée dans le sport et les chaînes télé sont les plus féminisées. Cependant à l’écran ces journalistes sont souvent « jeunes, blanches, blondes », relèvent Mejdaline Mhiri et Syanie Dalmat, l’autre coprésidente de l’association qui compte quelque 300 membres.
En 2023, 61 rédactions nationales et régionales ont signé une « charte pour une plus grande égalité femmes-hommes dans les rédactions sportives », co-écrite avec l’Union des Journalistes de Sport en France.
Durant la retransmission télé des Jeux olympiques et paralympiques en 2024, le régulateur de l’audiovisuel, l’Arcom, avait enregistré un temps de parole des commentatrices très éloigné de la parité, à 18% en moyenne.
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