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Argentine: quand Milei débat avec l’historien Harari sur les « sociétés non humaines » d’IA

Posté le par AFP

Le président ultralibéral argentin Javier Milei a engagé un débat, par tribunes interposées, avec l’historien et philosophe israélien Yuval Noah Harari, sur les perspectives d’une intelligence artificielle (IA) sans régulation, et de « sociétés non humaines » auxquelles aspire l’exécutif argentin.

Dans une tribune la semaine dernière dans le quotidien économique britannique Financial Times, Javier Milei soulignait son attachement à une « IA non réglementée », afin qu’elle puisse « se développer librement, sans la main mortelle d’une régulation prématurée et mal comprise ».

Il disait aussi son intention d’introduire, via un projet de loi déposé fin mai au Parlement, « une nouvelle catégorie de société dans le droit argentin: la société non humaine », autrement dit « des entités exploitées par des agents d’IA ou des robots ». Des actionnaires humains « peuvent participer, mais ce n’est pas obligatoire », ajoute-il.

Javier Milei, qui rêve de faire de l’Argentine un des pôles mondiaux d’intelligence artificielle, souligne enfin l’objectif d’offrir « un environnement fiscal compétitif » à ces sociétés automatisées par rapport aux entreprises classiques.

Dans une réponse publiée lundi dans le même quotidien, l’historien et penseur Yuval Noah Harari, auteur notamment du best-seller « Sapiens », s’élève contre l’idée de « donner aux agents IA une personnalité juridique » et pose la question: « Quelles sortes de sanctions pourraient suffire à tenir une société non humaine sous contrôle ? »

« Les pays qui accordent la personnalité juridique aux IA risquent de devenir quelque chose pour lequel le passé n’a aucun équivalent, plaide l’historien. Non pas un État-entreprise, mais un État-IA »

C’est-à-dire « un pays dont la population pourrait en pratique être gouvernée par des sociétés non humaines, contre lesquelles il serait peut-être encore plus difficile de se révolter », met-il en garde.

« Grâce à leurs capacités d’analyse supérieures, les sociétés d’IA seront en position de s’imposer comme maîtres des failles juridiques et de l’arbitrage réglementaire », argumente M. Harari. « Il ne sera pas facile de les dissuader de se livrer à des activités franchement illégales, car la sanction ultime qui dissuade les dirigeants et les employés humains – la prison – est sans pertinence pour les IA ».

« Merci infiniment de participer à ce débat fascinant et capital », s’est enthousiasmé Javier Milei en réponse lundi sur X. En promettant à son interlocuteur: « Je prépare déjà ma réponse pour voir si nous pouvons apaiser vos craintes concernant la voie que j’ai proposée la semaine dernière ».

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