La France réunit lundi les ministres de l’Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la « sécurité des approvisionnements » en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.
Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier « des actions communes » dans un contexte de flambée des cours des fertilisants depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.
Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment « sécuriser les approvisionnements », « améliorer le partage d’informations et la transparence des marchés » et « renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques », selon un communiqué du ministère français.
La ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l’Union européenne, de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS).
Il n’est pas prévu pour l’heure de point presse à l’issue de cette rencontre.
La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un « plan engrais », annoncé par la ministre qui n’en a toutefois pas dévoilé les contours.
Pour Paris comme l’Europe, l’enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d’engrais organiques (lisiers, purins d’orties…).
Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d’engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).
L’Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l’Asie ou l’Afrique aux difficultés d’approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l’impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d’environ 50% – et jusqu’à 70% pour l’urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.
Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s’étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l’été pour les semis de céréales d’hiver comme le blé ou l’orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.
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