Les autorités de Chypre, et les sociétés QatarEnergy et ExxonMobil, ont annoncé mardi que deux champs gaziers découverts au large de l’ile méditerranéenne étaient commercialement viables et ont établi un objectif de démarrage de la production en 2033.
L’île cherche à positionner son gaz offshore comme une source d’approvisionnement stratégique pour la sécurité énergétique de l’Europe, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Avec la signature à Nicosie de cette déclaration de viabilité commerciale, les gisements de gaz Glaucus et Pegasus passent de la phase d’exploration à celle du développement du projet, renforçant ainsi les ambitions de Chypre.
L’annonce, saluée comme une « étape d’une importance stratégique » par le président chypriote Nikos Christodoulides, intervient après des années de forages d’évaluation et d’études techniques visant à confirmer la possibilité d’exploitation commerciale des gisements.
« C’est l’aboutissement de huit années de travail, depuis l’attribution des blocs en 2017, la découverte en 2019 et une seconde découverte l’année dernière », s’est réjoui John Ardill, vice-président d’ExxonMobil, chargé de l’exploration et des nouveaux projets.
ExxonMobil prévoit de prendre une décision finale d’investissement en 2029, pour un début de production en 2033.
La découverte à Chypre du premier gisement commercial de gaz naturel, le champ « Aphrodite », remonte désormais à 15 ans.
L’île a délimité sa zone économique exclusive (ZEE) en 13 blocs d’exploration offshore, concédés à des compagnies énergétiques internationales telles qu’ExxonMobil, QatarEnergy, Eni, TotalEnergies et Chevron.
Le vice-président d’ExxonMobil a précisé que la société reprendrait les forages plus tard cette année dans le cadre du programme d’évaluation du gisement Pegasus, tout en étendant l’exploration aux blocs 4 et 10A de la ZEE chypriote.
L’option de développement privilégiée est celle d’un gazoduc sous-marin reliant les gisements chypriotes aux infrastructures de gaz naturel liquéfié (GNL) existantes en Égypte, en s’appuyant sur les accords bilatéraux et les infrastructures déjà en place, a-t-il aussi expliqué.
La construction d’un terminal GNL terrestre à Chypre ne serait financièrement rentable qu’avec des réserves de gaz bien plus importantes que celles identifiées à ce jour.
Les autorités chypriotes estiment que les progrès réalisés simultanément sur plusieurs gisements indiquent que la stratégie d’exportation du pays, longtemps retardée, entre désormais dans une phase décisive.
Le ministre de l’Énergie, Michael Damianos, a annoncé que Chypre prévoyait de lancer un nouvel appel d’offres pour des licences d’exploration offshore dans les deux prochaines années.
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