La généralisation de la consigne du verre dans les supermarchés est une « course de fond », s’est défendu lundi l’éco-organisme Citeo, qui a réclamé de la patience, un peu plus de deux semaines après avoir été tancé par l’ONG Zero Waste, qui a déploré un « faux départ » du dispositif.
« Tout n’est pas parfait », a concédé lors d’un point de presse Valentin Fournel, directeur innovation écoconception et réemploi au sein de Citeo, tout en soulignant que la remise au goût du jour de cette pratique qui vise à rapporter sa bouteille pour obtenir le remboursement de la consigne, n’est pas un sprint, mais « une course de fond ».
De ce fait, a-t-il estimé, « il n’y a pas de faux départ », contrairement aux conclusions d’une étude réalisée par Zero Waste, qui avait critiqué une mise en oeuvre en deçà des ambitions initiales.
Lancée en mai 2025, l’expérimentation du dispositif « ReUse » à grande échelle dans un grand quart nord-ouest de la France (Pays de la Loire, Bretagne, Normandie et Hauts-de-France) devait compter 750 magasins participants avant la fin de l’année 2025, selon Citeo.
Mais elle en compte aujourd’hui moitié moins, 362. Un retard qui s’explique notamment par l’absence de l’enseigne Biocoop, « qui devait venir avec plus de 300 magasins », a indiqué M. Fournel.
Le dispositif « ReUse » mis en place par l’éco-organisme, du fait de son ambition, est complexe à intégrer, a-t-il souligné : il « vise à harmoniser les pratiques » des différentes enseignes pour obtenir une boucle « parfaitement partagée et interopérable », et permettre au consommateur d' »aller acheter un produit en emballage réemployable dans un magasin et de ramener son emballage vide dans un autre ».
Citeo table, avec d’autres enseignes, sur une poursuite de l’augmentation du nombre de commerces participants, avec 450 magasins d’ici la fin de l’année.
Cette initiative a vocation à s’étendre à la France entière. Elle doit donner un coup de pouce au réemploi des emballages, pour lequel la France accuse un retard considérable.
Moins de 2% des emballages sont aujourd’hui réemployés, selon le réseau Vrac et réemploi, alors que la loi Agec (antigaspillage économie circulaire) visait 10% de réemploi, tous matériaux confondus, d’ici à 2027.
Concernant le taux de retour moyen des emballages une fois le produit consommé, il est, sur ces 12 premiers mois, de 24%, un résultat « plutôt moyen » par rapport aux objectifs, selon M. Fournel, qui précise néanmoins que des « produits phares » comme le lait, les eaux et certains jus bio connaissent des taux de retour de 60%.
« L’ambition est intacte », a assuré M. Fournel, indiquant que l’expérimentation se poursuivait avant un déploiement à l’échelle nationale « à partir de 2027 ».
D’ici là, il s’est engagé à « travailler sur le modèle économique » pour « augmenter le nombre de références » disponibles en rayon, très en deça des ambitions de départ et rendre les produits réemployables plus compétitifs par rapport à leurs équivalents classiques, répondant ainsi à deux autres critiques de Zero Waste.
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