Un célèbre cyberactiviste malien détenu depuis mai en Côte d’Ivoire a été libéré vendredi, après avoir été accusé de « rassemblement de renseignement au profit d’une puissance étrangère en vue de porter atteinte à l’intégrité de la Côte d’Ivoire et à la sécurité nationale », a annoncé sa famille samedi.
La Côte d’Ivoire et son voisin malien ont des relations tendues depuis les deux coups d’État de 2020 et 2021 au Mali qui ont porté au pouvoir le général Assimi Goïta, le président ivoirien Alassane Ouattara s’étant toujours montré intransigeant face aux putschs qui ont secoué les pays sahéliens ces dernières années.
Le cyberactiviste Abdoul Aziz Maïga, connu sous le nom de « Aziz Maïga ne ment pas », avait été arrêté et placé en garde à vue le 3 mai à Abidjan (Côte d’Ivoire), avant d’être placé sous mandat de dépôt le 27 mai par un juge d’instruction.
« Ce jour est avant tout celui d’une délivrance, mais aussi celui d’une reconnaissance », indique un communiqué de sa famille publié sur la page Facebook de l’activiste, qui remercie les personnes qui « ont contribué à la libération de notre cher Aziz. »
Sa famille ne précise pas les raisons de sa libération.
Abdoul Aziz Maïga se présente sur ses réseaux sociaux comme « journaliste, blogueur et analyste malien » et relaie régulièrement des informations sur le conflit au Mali, souvent favorables à la junte, et l’actualité sociopolitique régionale.
Après son arrestation, plusieurs internautes ivoiriens, rappelant ses positions parfois critiques envers la Côte d’Ivoire, ont relayé d’anciennes publications de M. Maïga, dont certaines remontant à 2021 évoquent des personnalités publiques ivoiriennes ou des attaques jihadistes dans le nord de la Côte d’Ivoire.
« Cette détention s’inscrit en marge des activités de journaliste de M. Maïga. Ses publications, suivies par plus de 150.000 personnes, qui ne revêtent aucun caractère subversif et sont protégées sur le fondement de la liberté d’expression, sont l’unique cause de ces poursuites infondées », avait dénoncé son avocat français Vincent Brengarth.
Les autorités ivoiriennes n’ont pas communiqué sur son arrestation.
En juillet 2025, un parlementaire malien, Mamadou Hawa Gassama, avait été arrêté à Abidjan lors d’un séjour privé en Côte d’Ivoire. Il a été condamné à trois ans de prison fin janvier pour « offense » et « propos outrageants sur internet » envers le président Alassane Ouattara, qui l’a ensuite gracié.
Mamadou Hawa Gassama s’en était pris au président Ouattara lors d’une interview dans un média malien, le qualifiant notamment « d’ennemi du Mali », avant de présenter des excuses.
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