L’écrivain cubain Leonardo Padura a estimé mardi que Cuba « vit un moment historique très grave », durant lequel tout peut arriver, y compris « le pire des scénarios », une opération militaire américaine.
Cuba, sous embargo américain depuis 1962, traverse une très grave crise économique depuis plusieurs années, aggravée depuis plusieurs mois par le blocus pétrolier imposé par Washington et d’autres sanctions économiques américaines.
Le 1er mai, Donald Trump a signé un décret présidentiel imposant un nouveau paquet de sanctions qui menacent notamment les activités d’entreprises étrangères collaborant avec l’Etat cubain, dont des sociétés européennes. Washington a encore accru la pression sur l’île en inculpant également l’ancien président Raúl Castro, accusé du meurtre d’Américains dans une affaire remontant à 1996. La Havane y voit un prétexte pour justifier une invasion militaire.
« Cuba vit un moment historique très grave, où tout peut arriver », a déclaré M. Padura lors d’un événement à l’Institut Cervantes de Paris pour présenter l’édition française de son livre « Aller à La Havane » (éditions Métailié).
« Tous les scénarios sont sur la table: de la célèbre formule du +Guépard+, que tout change pour que rien ne change; jusqu’à la pire des options: une intervention militaire américaine », a souligné l’écrivain de 70 ans.
Une telle opération serait un « acte aux conséquences imprévisibles », a mis en garde Leonardo Padura, résidant à Cuba et connu pour ses romans policiers mettant en scène le détective Mario Conde.
« En substance, Cuba n’est pas le Venezuela, ce qui rend encore plus imprévisible ce qui pourrait se passer », a-t-il ajouté, souhaitant que « le mot dialogue » s’impose, « avec les changements possibles et nécessaires ».
« Cuba a besoin que beaucoup de choses changent. Pas en mettant un pistolet sur la tempe du gouvernement cubain », mais parce que « la société » le demande, a plaidé l’écrivain.
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