Après l’embellie de 2024, les prix du bois sur pied en forêt privée ont baissé de 4% en France l’an dernier, dans un contexte de reflux pour le chêne, particulièrement pénalisé par la crise de la viticulture et donc de la tonnellerie.
Le prix du bois sur pied, « toutes essences confondues, est de 86 euros par m3 en 2025 », confortant un niveau de prix plus élevé depuis le Covid (au-dessus de 80 euros contre 60 euros/m3 avant 2020), selon l’indicateur 2026 du prix de vente de bois sur pied en forêt privée – qui représente 75% des 17 millions d’hectares de la forêt métropolitaine.
La situation est très contrastée selon les essences, dans un contexte général de demande soutenue pour les bois résineux de charpente et de reflux pour les feuillus.
Le chêne voit ainsi son prix reculer pour la troisième année consécutive, de 17% en 2025, à 190 euros/m3. Le bois de chêne, valorisé en tonnellerie, parquet, meubles et ébénisterie, avait atteint un record en 2022 (271 euros).
La crise de la viticulture a entraîné une baisse de la demande de bois de merrain (dont on fait les tonneaux de cognac ou bordeaux), tandis que les stocks s’accumulaient chez les tonneliers, entraînant une chute des prix.
D’autres espèces de feuillus ont vu leurs prix baisser: c’est le cas du hêtre (-12% à 49 euros/m3) qui subit notamment la concurrence de l’eucalyptus sud-américain prisé de l’industrie chinoise d’ameublement; mais aussi du châtaigner (-18% à 97 euros/m3), dont l’Italie reste le premier débouché et qui pâtit du ralentissement du marché français de la construction.
Le frêne se maintient à un prix élevé (155 euros/m3), en dépit d’un léger recul (-2%) lié à la prudence des achats du Vietnam -« pratiquement le seul débouché actuel » de ce bois- en raison d’une « menace d’application des taxes » de l’administration américaine sur les produits finis manufacturés réexportés vers les Etats-Unis.
– Bond de l’épicéa –
En revanche, les résineux profitent d’une demande toujours forte et voient leurs prix gonfler: ainsi celui du douglas, recherché pour ses qualités de charpente, augmente de 4% à 93 euros/m3, après une hausse de 24% en 2024.
La hausse est telle qu’elle pousse les scieurs à se reporter sur d’autres essences de conifères qui voient à leur tour leurs prix augmenter: c’est le cas de l’épicéa commun, dont les prix font un bond de 28% à 69 euros/m3 en 2025.
Cette hausse est notamment due à une pénurie de bois blanc sur le marché, après des récoltes massives liées à des coupes sanitaires de ce résineux attaqué par les scolytes entre 2018 et 2022.
D’autres résineux comme le sapin pectiné et le pin laricio profitent eux aussi de la demande de bois blancs et de l’insuffisance de l’offre d’épicéa commun.
En 2024 en France, 38 millions de m3 de bois ont été commercialisés, dont deux tiers en provenance des forêts privées, selon le dernier bilan officiel du gouvernement. Un chiffre en constante baisse depuis 2021, quand la récolte de bois commercialisé atteignait près de 40 millions de m3.
La filière bois reste fortement déficitaire (-7,8 milliards d’euros en 2024) mais réduit peu à peu son déficit (encore de 9,5 milliards en 2022): la France exporte essentiellement du bois brut et importe papier/carton et meubles, mais ces dernières années, les importations de bois de sciages ont diminué.
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