En Libye, de longues coupures d’électricité par de fortes chaleurs provoquent la colère des habitants, dont des centaines sont descendus dans les rues de la capitale et sa banlieue pour protester contre les autorités.
Par le passé, les Libyens ont régulièrement connu ce type d’interruptions de courant, mais la situation s’était nettement améliorée ces trois dernières années.
Comme en Tunisie voisine, qui connaît elle aussi de longues coupures cette année avec les pics de chaleur et l’usage accru de la climatisation, la Compagnie générale de l’électricité doit recourir à des délestages par secteurs, atteignant actuellement entre six et neuf heures par jour, parfois deux fois au cours de la même journée.
L’activité économique, les réseaux de télécommunication et même l’approvisionnement en eau sont affectés.
« Nous sommes obligés d’utiliser le groupe électrogène et de renforcer la réfrigération de la marchandise, afin d’éviter qu’elle ne s’abîme pendant ces coupures », explique à l’AFP Anas Al-Deeb, boucher.
La Libye dispose pourtant des réserves d’hydrocarbures les plus abondantes d’Afrique, mais son réseau électrique souffre d’un manque d’investissements et des divisions politiques du pays.
Dans Tripoli et ses banlieues, des centaines d’habitants ont protesté dimanche soir devant les sièges gouvernementaux, les ministères et des entreprises d’Etat comme la Holding des télécommunications, où ils ont bloqué les entrées en déversant des gravats ou du sable.
Des images ont circulé sur Facebook montrant de jeunes gens incendiant des pneus et bloquant les routes dans le centre-ville, ainsi qu’à Tajoura, Janzour et Aïn Zara.
Cette année, les usines d’embouteillage d’eau ont aussi dû suspendre leur production, les coupures d’électricité répétées et le manque de carburant pour alimenter les générateurs de secours ayant fortement perturbé leur activité.
En Libye, l’eau du robinet n’est pas potable et le litre d’eau est plus cher que le litre d’essence.
En moins d’une semaine, les prix de l’eau en bouteille ont doublé et depuis deux jours, de nombreux points de vente dans Tripoli sont en rupture de stock, ont constaté des journalistes de l’AFP.
L’usine Dajla, à Wadi al-Rabii (est de Tripoli), a déploré des « difficultés majeures ayant impacté le processus de production » en lien avec l’approvisionnement en carburant, mais s’est voulue rassurante sur une reprise prochaine dans un communiqué dimanche.
Le Centre météorologique national a annoncé lundi la poursuite de la vague de chaleur, avec des températures entre 39°C et 48°C, et même plus dans certaines régions au sud de Tripoli.
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