Trente-neuf projets éoliens terrestres ont été retenus dans le cadre du dernier appel d’offres rendu public, dont plus de la moitié concerne des projets de renouvellement des parcs, priorité du gouvernement mais qui risque de trouver ses limites en raison des contraintes spécifiques en France.
Longtemps attendu, l’appel d’offres a été sursouscrit près de trois fois, preuve de la compétition qui caractérise désormais la filière avec la nécessité de renouveler certains parcs parmi les plus anciens grâce au « repowering », qui permet d’accroître leur puissance tout en diminuant le nombre de mâts.
Au total, 144 dossiers avaient été déposés pour une puissance cumulée de 2377,90 mégawatt (MW), a annoncé la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC).
Les projets retenus représentent une puissance cumulée de 808,02 MW et un prix moyen pondéré de 77,08 euros du mégawattheure (MWh), soit une baisse significative par rapport aux derniers appels d’offres, tous aux alentours de 86 à 87 euros.
Engie et EDF ont remporté une part significative des projets dans le cadre de cet appel d’offres « PPE2 Eolien », clôturé le 21 mai 2026.
« Cette période a été marquée par une très forte souscription », a souligné la Commission de régulation de l’énergie (CRE) dans ses délibérations. Les projets en « repowering » « sont actuellement, en moyenne, déjà plus compétitifs que les autres projets », a-t-elle relevé.
Selon le régulateur de l’énergie, la baisse du prix moyen pondéré se justifie « du fait principalement de la forte concurrence et de la candidature d’une proportion importante de projets en +repowering+, particulièrement compétitifs ».
Samuel Renard, directeur général chargé des énergies renouvelables en France chez Engie, juge « un peu en trompe-l’oeil » les résultats de l’appel d’offres. « Je serais très surpris que cette tendance continue », a-t-il commenté lors d’un point de presse.
« Parce que les projets qui ont été présentés sont les meilleurs projets », a-t-il expliqué, mais aussi en raison des contraintes importantes en France, notamment de radar civil et militaire qui « nous empêchent d’augmenter la hauteur des éoliennes » au-delà de 130 à 150 mètres.
Aujourd’hui, les « petites turbines qu’on a installées dans les années 2005-2010 ne sont plus disponibles sur le marché », qui ne propose plus que des éoliennes de plus grande taille.
Environ 400 MW de puissance installée est à risque d’ici 2030 chez Engie, selon lui, un niveau « significatif ». Le groupe dispose de 2,5 gigawatts de capacité installée en France.
Ces projets « vont tout simplement, probablement, être démantelés », a-t-il estimé.
dlm/alb/kal
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