Plus de 800 scientifiques, dont l’astrophysicienne et présidente de l’Académie des sciences Françoise Combes, s’alarment des coupes budgétaires à l’agence spatiale française, les jugeant incompatibles avec l’ambition affichée de la France dans ce domaine.
Dans un contexte économique difficile, le « gouvernement a imposé au Centre national d’études spatiales (Cnes) une réduction de budget importante » pour les années 2026 à 2028, déplorent ces scientifiques dans une tribune publiée dans FigaroVox.
Sur ces trois années, « c’est 330 millions d’euros que l’agence spatiale doit économiser, soit un peu plus de 20% du budget qu’elle pilote chaque année, et qui s’ajoutent à 100 millions d’euros déjà retirés du budget 2025, soit un total de 430 millions d’euros », soulignent-ils.
« Devant cette injonction, la direction du Cnes a mené une revue d’activités qui a débouché sur une triste conclusion: la variable d’ajustement sera les projets spatiaux scientifiques », notamment d’observation de la Terre, ajoutent-ils.
Les signataires, dont les climatologues Valérie Masson-Delmotte, Jean Jouzel et Christophe Cassou, s’inquiètent notamment d’un arrêt du programme AOS (Atmosphere Observing System), dédié à l’étude des nuages et de la physique des orages, après l’abandon, il y a quelques mois, d’un autre projet dédié aux courants océaniques, à la suite du retrait de la Nasa.
« L’écart entre ces décisions et l’ambition affichée par la France, au plus haut sommet de l’État d’être à la pointe des avancées scientifiques dans les sciences du climat (…) nous paraît patent », concluent les signataires.
Ils appellent le gouvernement à profiter du Sommet spatial international que la France accueillera les 9 et 10 septembre à Paris pour « réaffirmer cette ambition, mais surtout la décliner concrètement » par la reprise des projets actuellement gelés au Cnes.
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