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Farnborough 2026: drones, chasseurs et souveraineté au coeur du salon aéronautique

Posté le par AFP

Sort du futur avion de combat européen, course aux drones et quête d’autonomie face à un allié américain devenu imprévisible: la défense dominera le salon aéronautique de Farnborough, qui s’ouvre lundi au Royaume-Uni.

Organisé tous les deux ans en alternance avec le Bourget, ce salon pourrait également marquer le retour en force de l’américain Boeing, qui tente de tourner la page de la crise profonde ayant ébranlé le groupe ces dernières années.

« Avec la guerre en Ukraine et l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, il y a eu une véritable accélération des enjeux de souveraineté et de réarmement en Europe », résume pour l’AFP Pascal Fabre du cabinet de conseil international AlixPArtners.

« L’Europe est un facteur majeur de ce Farnborough, probablement plus qu’elle ne l’a été ces vingt dernières années. Nous voyons de nombreux acteurs de premier plan, surtout dans le domaine de la défense, monter en puissance partout en Europe », estime Rachel Hugo, spécialiste de l’aérospatial et de la défense au cabinet Roland Berger basée à Londres.

– L’Ukraine « courtisée » –

La défense représente habituellement 40% du salon, mais devrait cette année peser presque autant que le civil, a souligné le directeur général de l’événement, Gareth Rogers.

Après les spectaculaires frappes en profondeur menées ces dernières semaines, qui ont endommagé des raffineries et des installations militaires russes tout en créant des blocages logistiques en Crimée occupée, l’Ukraine sera très présente au salon, où un espace supplémentaire a été aménagé pour accueillir ses exposants.

« En Ukraine il y a une quantité considérable d’innovations, développées à une échelle et à une vitesse inédites dans le secteur. L’injonction d’agir accélère fortement le développement de nouvelles technologies », souligné Rachel Hugo.

Avec leurs solutions « éprouvées au combat » de la guerre des drones qui sont « intéressantes pour énormément d’acteurs industriels », les Ukrainiens seront « courtisés » à Farnborough, estime Pascal Fabre.

– Combat aérien du futur –

Après la mort annoncée du Scaf, le programme franco-germano-espagnol d’avion de combat, tous les regards se tourneront à Farnborough vers son principal concurrent, le GCAP, développé par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon.

Celui-ci a connu une accélération ce mois-ci avec l’attribution par les trois pays de 4,6 milliards de livres (5,4 milliards d’euros) pour poursuivre son développement, pour une entrée en service en 2035.

Toutes les parties seront « désireuses de montrer les progrès accomplis jusqu’à présent et de mettre en avant leur unité maintenant que le Royaume-Uni s’est enfin engagé à un financement de grande ampleur », affirme Justin Bronk, chercheur au think tank britannique Rusi.

Londres vient de promettre 8,6 milliards de livres sur quatre ans au GCAP dans le cadre de son plan d’investissement dans la défense.

Boeing mettra en avant le MQ-28 Ghost Bat, un drone de combat collaboratif autonome présenté comme une solution susceptible d’accompagner le futur avion de combat développé dans le cadre du GCAP.

L’appareil illustre la place croissante des drones dans les conflits modernes, alors que les systèmes sans pilote occupent un rôle central sur le front ukrainien.

Le groupe allemand Rheinmetall a conclu un partenariat avec Boeing pour intégrer le MQ-28 aux capacités de la Bundeswehr. Développé avec la Royal Australian Air Force, l’appareil devrait être disponible pour l’Allemagne à l’horizon 2029.

De tels partenariats relancent toutefois le débat sur les limites des ambitions de souveraineté européenne en matière de défense.

De telles coopérations sont indispensables pour disposer « des capacités rapidement disponibles pour les forces », estime Pascal Fabre.

Il cite également le partenariat entre Airbus et l’américain Kratos, dans lequel l’avionneur européen s’appuie sur une plateforme existante à laquelle il intègre ses propres systèmes de mission souverains.

Côté avions commerciaux, Boeing qui relève la tête après la crise existentielle sera plus attendu sur le calendrier de la certification de ses trois nouveaux avions qui ont pris plusieurs années de retard que sur les nouveaux contrats.

Tout comme Airbus, Boeing dispose d’un carnet de commandes sans précédent. Il a même vendu plus d’avions l’an dernier que son concurrent européen.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »


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