La cour administrative d’appel de Marseille a donné son feu vert vendredi à la poursuite d’exploitation de la centrale biomasse de Gardanne (Bouches-du-Rhône), la plus grande de France, jugeant que ses études d’impact sur l’approvisionnement en bois local étaient « suffisantes ».
Cette décision est une importante victoire pour son exploitant, GazelEnergie, filiale du groupe EPH de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, propriétaire depuis 2019 du site, empêtré depuis plusieurs années dans une bataille judiciaire engagée par des associations environnementales.
« GazelEnergie se réjouit de cette confirmation qui permet de continuer l’exploitation de la centrale dans un cadre juridique stabilisé », a déclaré à l’AFP son président, Frédéric Faroche.
Forcée par le Conseil d’Etat en 2023 à prendre en compte les effets indirects de son activité, notamment sur les forêts locales, l’entreprise avait dû revoir son plan d’approvisionnement. En parallèle, elle avait dû lancer une vaste enquête publique sur l’impact environnemental de l’approvisionnement en bois de sa centrale.
Ce nouveau plan d’approvisionnement, validé par l’Etat en novembre 2025 qui l’avait assorti de prescriptions complémentaires, prévoit l’utilisation de 450.000 tonnes de bois par an dont environ la moitié provient d’un rayon de 240 kilomètres.
Il avait été contesté en justice par France Nature Environnement (FNE) qui vient donc d’être déboutée.
Dans leur délibéré, les juges administratifs estiment que « l’information relative aux effets sur l’environnement de son approvisionnement en bois est désormais suffisante et l’autorisation environnementale conforme au droit ».
Ils ajoutent que « l’enquête publique complémentaire s’est déroulée dans des conditions régulières et qu’il a été suffisamment remédié aux lacunes qui affectaient les études initiales ».
Enfin, ils critiquent en partie certaines décisions judiciaires passées favorables aux associations environnementales en rappelant qu’il n’appartient pas à la cour « de se substituer aux pouvoirs publics dans des choix de politique publique, y compris en matière de transition énergétique ».
« Au regard de l’ensemble des prescriptions imposées par l’Etat en 2025, dont l’administration est tenue d’assurer le suivi et la bonne exécution, l’autorisation environnementale, ainsi modifiée, ne méconnaît plus les règles juridiques s’imposant en matière d’installations classées pour la protection de l’environnement », poursuit la cour administrative d’appel.
« C’est une très mauvaise nouvelle pour les forêts, lesquelles sont pourtant notre meilleur allié contre le réchauffement du climat, que nous vivons actuellement de plein fouet », a regretté auprès de l’AFP Judith Sébert, juriste FNE Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Ancienne usine à charbon de 600 MW, la centrale thermique de Provence avait décidé de se reconvertir à la biomasse, un procédé qui, en brûlant du bois, produit de l’énergie. Elle prévoit désormais une production de 150 MW, de quoi alimenter quelque 125.000 foyers.
Dans un rapport publié en février, la Cour des comptes a elle fustigé le soutien public – estimé initialement à 800 millions d’euros sur huit ans mais qui pourrait doubler selon certaines hypothèses – accordé « dans des conditions contestables tant aux plans technique, juridique qu’environnemental » par l’Etat en 2024 à cette centrale « au fonctionnement chaotique ».
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