Le capitaine de nationalité chinoise du pétrolier « DF Peak », soupçonné d’appartenir à la « flotte fantôme » russe, a été placé en garde à vue jeudi à l’arrivée du navire arraisonné à La Réunion, a annoncé le parquet de Saint-Denis.
Dans un communiqué publié à la mi-journée, la procureure Véronique Denizot indique que « le 15 octobre 2026, à 7h55, le capitaine du navire (…) a été placé en garde à vue du chef de non-justification par le capitaine de la nationalité de son navire lors d’un contrôle en mer ».
« Les peines encourues sont de deux ans d’emprisonnement et 300.000 euros d’amende, outre la confiscation éventuelle du navire », a précisé la magistrate. Une perquisition a par ailleurs été menée à bord en présence du capitaine.
« Les mesures de restriction et de privation de liberté » visant les vingt autres membres de l’équipage « ont pris fin lors du placement en garde à vue du capitaine », a-t-elle ajouté.
Ces vingt personnes, de nationalités indonésienne, birmane et chinoise, « demeurent à bord du navire immobilisé, dans le cadre des mesures administratives qui leur sont applicables », selon la procureure.
Les investigations se poursuivent « afin d’établir les circonstances des faits et les conditions d’exploitation du navire, ainsi que d’identifier son propriétaire et son armateur, dont la responsabilité pénale est susceptible d’être recherchée », a détaillé le parquet.
Le pétrolier est arrivé tôt jeudi en baie de La Possession, dans le nord-ouest de La Réunion, a-t-on appris de source portuaire.
La préfecture de ce département français de l’océan Indien avait annoncé lundi l’arraisonnement du navire par la Marine nationale en haute mer, à près de 500 milles nautiques au sud de l’île.
Le « DF Peak » était soupçonné d’arborer un faux pavillon. « La visite effectuée à bord et l’examen des documents ont confirmé l’irrégularité du pavillon arboré », a indiqué la préfecture.
Le pétrolier, qui se nommait « Kaliningrad » jusqu’en juin 2024 et figure parmi plus de 700 navires sanctionnés par l’Union européenne, a été escorté par la Marine nationale jusqu’à La Réunion.
Mardi, l’ambassade de Russie en France a dénoncé sur son canal Telegram officiel une « violation flagrante des normes du droit international » et un « acte manifeste de piraterie », ajoutant ne pas avoir été informée de l’opération par Paris.
Cette prise intervient dans un climat d’inquiétude en Europe sur l’avenir de la guerre en Ukraine, après l’annonce vendredi par Donald Trump de la levée de certaines sanctions pour livrer massivement du gazole russe sur les marchés, une décision fustigée par Volodymyr Zelensky.
La « flotte fantôme » est composée de navires souvent vieillissants et exploités sous pavillon étranger, que Moscou est accusé d’utiliser pour transporter son pétrole et d’autres marchandises, en contournant les sanctions occidentales.
La France a promis d’accentuer la pression contre ces bateaux et entend organiser cet automne, a priori en novembre, une conférence internationale sur le sujet.
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