La fédération syndicale unitaire (FSU), deuxième organisation de la fonction publique d’État, déplore jeudi une « grande insuffisance » dans « l’information aux personnels » après plusieurs fuites de données personnelles issues de fichiers du ministère de l’Education nationale et du fisc.
« Les différents ministères et employeurs publics ne peuvent pas, comme ils le font depuis des années, promouvoir le tout numérique, et depuis peu l’IA, sans aucune réflexion si ce n’est une forme de technophilie béate, et, en +même temps+, ne pas assumer leurs responsabilités en matière de protection des données », écrit dans un communiqué la FSU.
Le syndicat estime que les administrations « font preuve d’une grande insuffisance dans l’information aux personnels » et qu’elles ont mis trop de temps à réagir.
« A l’Éducation nationale, un mail général, qui relève plus d’un communiqué de presse, a été envoyé à tous les personnels le 3 août. On est très loin des recommandations de la Cnil qui plaide pour une information individualisée aux agents, avec les informations précises sur ce qui a été volé », poursuit la FSU.
La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a confirmé le 14 août deux intrusions, survenues fin juin et fin juillet, ainsi que le vol de données concernant au moins 678.000 particuliers et professionnels et environ 200.000 comptes présents dans ses fichiers cadastraux.
Parmi les informations fiscales des particuliers dérobées figurent les noms et prénoms, le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou encore le taux de prélèvement à la source.
Le 31 juillet, le ministère de l’Education a révélé le vol le 25 juillet de données, dont des adresses postales, d’un « nombre important » d’agents. Puis mi-août, des hackeurs ont revendiqué avoir mis la main sur des données personnelles de plusieurs dizaines de milliers d’enseignants mais aussi d’élèves, en particulier dans les académies de Créteil et Versailles.
Mercredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) de constituer une « nouvelle unité cyber » pour offrir une « réponse opérationnelle plus réactive » aux cyberattaques qui visent la France.
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