Un projet contesté de raffinerie de métaux pour les batteries de véhicules électriques, classée Seveso et implantée en zone inondable en Gironde, a obtenu un nouveau feu vert, a annoncé vendredi la préfecture qui doit désormais statuer sur la demande d’autorisation environnementale.
Ce projet porté par la société Electro Mobility Materials Europe (EMME) a été classé par le gouvernement d’intérêt national. EMME pense en effet pouvoir répondre « à plus de 30% des besoins en matériaux de la mobilité électrique française ».
Jeudi, le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) a rendu un avis favorable, après celui donné en février par la commission d’enquête publique.
« Cette étape constitue la finalisation de l’instruction de la procédure réglementaire. À l’issue de celle-ci, le projet d’arrêté statuant sur la demande d’autorisation environnementale est communiqué par la préfète (Sophie Brocas, NDLR) au pétitionnaire, qui disposera de quinze jours pour présenter ses observations éventuelles par écrit, avant signature de l’acte administratif », précisent les services de l’État dans un communiqué.
L’usine, avec un démarrage prévu en 2028, doit convertir en sulfates 20.000 tonnes de nickel et 3.000 tonnes de cobalt, à destination de la filière de production des batteries de véhicules électriques, sur un appontement du Grand port maritime de Bordeaux entre les communes de Parempuyre et Blanquefort.
Une zone proche de la Garonne et « gorgée d’eau », selon l’association de défense de l’environnement Sepanso qui a attaqué devant le Conseil d’État le décret du 5 septembre ayant qualifié ce projet d' »intérêt national majeur », parmi d’autres recours d’opposants.
Implanté sur 32 hectares, le site sera classé Seveso « seuil haut » – le risque maximal pour l’environnement et la santé humaine – en raison du caractère soluble des produits manipulés, reconnus toxiques pour le milieu aquatique.
L’entreprise affirme être allée « au-delà de la réglementation » dans ses simulations hydrauliques, afin de surélever au mieux la raffinerie par rapport au fleuve.
Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) et le Conseil scientifique de l’estuaire de la Gironde avaient rendu, eux, des avis défavorables.
Le gouvernement veut réduire la part des énergies fossiles dans la consommation d’énergie de 60% aujourd’hui à 40% en 2030.
Le projet EMME représente un investissement d’environ 500 millions d’euros, avec la promesse de créer 200 emplois directs.
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