Contre la grippe saisonnière et le Covid-19, la campagne annuelle de vaccination démarre mardi en France, avec comme enjeu majeur d’améliorer le niveau de protection, surtout après une épidémie de grippe encore sévère l’hiver dernier.
La « priorité » de cette campagne 2026-2027 reste de « protéger les populations les plus fragiles », les personnes âgées, atteintes de maladies chroniques ou immunodéprimées ou encore les femmes enceintes, rappellent les autorités sanitaires.
S’il y a des « progressions encourageantes, on reste trop loin des niveaux de protection nécessaires », a observé jeudi le directeur général de la Santé, Grégory Emery, au côté de responsables de Santé publique France, de l’Assurance maladie et de l’agence du médicament.
« Chaque hiver apporte son lot d’épidémies, parfois son lot de surprises sur l’intensité ou l’impact sur le système de santé, mais on a des moyens d’agir », a-t-il insisté.
Outre les gestes barrières, comme le masque, l’aération et le lavage des mains, la vaccination reste cruciale pour réduire les formes graves, les complications et les décès associés ainsi que les hospitalisations.
Or ni les personnes âgées et vulnérables, ni les soignants ne se font suffisamment vacciner contre la grippe, une tendance aggravée par la crise née du Covid, a confirmé mi-septembre une étude de SpF.
– « Circulation modérée » –
La nouvelle campagne, qui s’achèvera fin janvier 2027, cible prioritairement les Français les plus à risques et les professionnels de santé souvent à leur contact. Pour les soignants, une obligation vaccinale annuelle se prépare aussi – les textes règlementaires sont annoncés pour la fin du premier trimestre 2027.
Cette saison, 15 millions de doses anti-grippe seront à disposition des médecins, pharmaciens, infirmiers ou sages-femmes, environ un million de plus que la précédente. Les vaccins restent au nombre de cinq, dont deux plus recommandés pour les seniors (Efluelda de Sanofi et Fluad de Seqirus).
Quant au Covid, le vaccin reste remboursé pour tout le monde, même au-delà des publics ciblés.
La vaccination commencera sans que l’épidémie de grippe ait débuté dans l’Hexagone. « Pour l’instant, la circulation est modérée », a noté jeudi Etienne Pot, directeur général par intérim de SpF. Et les variants à l’oeuvre sont mieux connus que la saison passée, mais cela peut évoluer.
En 2025-2026, l’épidémie de grippe a été encore très sévère, avec 12.700 morts, et a pesé fortement sur les hôpitaux, tandis que le Covid n’a eu qu’un faible impact.
Le Covid, à l’origine d’une vague épidémique fin août-début septembre « qui diminue d’année en année », « devient un virus avec une évolution moins importante » mais « circule toute l’année », a pointé Etienne Pot.
Cette année encore, les autorités sanitaires ont maintenu le couplage des vaccinations grippe et Covid, ne jugeant pas nécessaire d’avancer cette dernière.
– « Perte de confiance » –
Cet automne, les Français sont incités à se faire vacciner « le plus vite possible en octobre, car on ne sait pas quand les virus commenceront à circuler de manière active », a exhorté Grégory Emery.
Accès aux soins, perception des risques, adhésion à la vaccination: plusieurs éléments peuvent être des freins.
Parmi les leviers pour « multiplier les occasions de vaccination et renforcer la couverture des personnes les plus vulnérables », les médecins, infirmiers et sages-femmes libéraux, comme les centres de santé, pourront désormais avoir un stock de vaccins contre la grippe et le Covid, après achat des doses en officines.
L’Assurance maladie, qui a envoyé les bons d’invitation aux publics à risque, fera des relances, par mail et SMS, aux personnes non vaccinées quelques semaines après le démarrage.
Des téléconseillers appelleront aussi 250.000 assurés invités pour la première fois à se faire vacciner et en situation de fragilité, notamment des bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ou des personnes sans médecin traitant, a indiqué Catherine Grenier, médecin-conseil de la Cnam.
Dans un contexte parfois empreint de défiance, voire de désinformation, il faut aussi « créer les conditions de la confiance » dans la vaccination, avec « une information fiable, compréhensible et transparente », a jugé Grégory Emery.
« Les fausses informations, cela fait le jeu de la perte de confiance, et des vaccinations en moins, c’est des morts en plus », a-t-il lancé.
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