Une fusée H3, fleuron du programme spatial japonais, a été lancée avec succès vendredi avec six petits satellites à bord, dont un français, selon des images diffusées en direct par l’agence spatiale japonaise (Jaxa).
« La combustion du deuxième étage, le contrôle (…) et la trajectoire sont tous normaux », a indiqué la Jaxa lors d’une retransmission en direct sur sa chaîne YouTube, environ six minutes après le décollage.
L’un des satellites ultracompacts qui doit être placé en orbite est le Bro-22, un appareil de surveillance maritime conçu par la start-up française Unseenlabs.
La société, installée à Rennes dans l’ouest de la France et fondée en 2015 par des frères, est spécialisée dans la surveillance maritime des navires par détection et géolocalisation de signaux de radiofréquence, depuis l’espace.
Elle développe une constellation de nanosatellites, qui peuvent repérer des navires sans triangulation, c’est-à-dire sans avoir recours à trois satellites.
Les six satellites transportés par H3 sont développés par des universités et des entreprises, et l’un d’eux, « Shiraito » de l’Université de Shizuoka, est conçu pour tester une technologie de capture des débris spatiaux, a indiqué la Jaxa.
Ce lancement de H3 est le premier depuis l’échec de décembre dernier: la fusée avait alors échoué à placer en orbite un satellite de géolocalisation, après l’arrêt prématuré de l’un de ses moteurs.
Le Japon, comme d’autres pays, tient à renforcer sa compétitivité dans le secteur de l’industrie spatiale en développant ses propres fusées.
« Ces dernières années, le secteur des lancements de satellites s’est développé très rapidement », a déclaré un responsable de la Jaxa lors de la diffusion en direct, justifiant l’importance de posséder des fusées fiables.
« Il y a également un besoin croissant de flexibilité, comme par exemple pouvoir lancer au moment souhaité… Avec H3, nous travaillons à augmenter la fréquence des lancements », avec un objectif pouvant aller jusqu’à huit lancements de fusées H3 par an, a-t-il ajouté.
En 2024, la Jaxa avait réussi à poser une sonde inhabitée sur la Lune – certes avec une inclinaison accidentée, mais faisant du Japon le cinquième pays à réaliser un « alunissage en douceur ».
Le module Slim (« Smart Lander for Investigating Moon ») a malgré tout continué à transmettre des signaux de façon intermittente pendant plusieurs mois.
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