La politique favorable aux combustibles fossiles de Donald Trump va priver le secteur des énergies propres de 700 milliards de dollars d’investissements sur les dix ans à venir, tout en doublant l’empreinte climatique de l’électricité aux États-Unis, selon une étude publiée mardi.
Cette évaluation émane de l’organisation non gouvernementale Natural Resources Defense Council (NRDC), qui a mesuré l’impact cumulé des mesures prises par le président américain depuis son retour à la Maison Blanche.
Donald Trump avait fait campagne en promettant de réduire de moitié les factures d’électricité de ses concitoyens en un an et demi de mandat, mais celles-ci avaient en réalité augmenté de 16% en mai dernier, selon des statistiques fédérales.
L’étude du NRDC prend en compte la suppression des crédits d’impôt pour les énergies propres, dans le cadre du « One Big Beautiful Bill », la loi économique emblématique du président américain, et l’impact de la guerre commerciale déclenchée par ses droits de douane, qui a renchéri le coût des technologies de production d’électricité dans leur ensemble.
L’administration Trump a aussi obligé les compagnies d’électricité à maintenir en service d’anciennes centrales fossiles coûteuses au-delà de leur date de fermeture prévue, à redémarrer ou construire de nouvelles centrales au charbon, tout en bloquant les permis fédéraux pour les projets éoliens.
In fine, ces décisions vont avoir pour conséquence une perte estimée à 700 milliards de dollars d’investissements à l’horizon 2035, selon le NRDC.
L’ONG évalue entre 390 et 540 gigawatts la perte en nouvelles capacités éoliennes, solaires et de stockage d’énergie. À titre de comparaison, la capacité totale installée de l’Inde est actuellement d’environ 520 gigawatts, souligne-t-elle.
D’ici 2035, les consommateurs américains dépenseront jusqu’à 30 milliards de dollars de plus par an pour leur électricité, avec des factures pour les ménages susceptibles de grimper jusqu’à 25% dans certaines régions du pays, selon le rapport.
« L’administration Trump a déclaré la guerre aux énergies propres, détruisant de nouveaux investissements, tandis que les propriétaires de vieilles centrales au charbon polluantes reçoivent des subventions et bénéficient de passe-droits pour polluer », a déclaré Amanda Levin, directrice de l’analyse des politiques au NRDC.
« En conséquence, les factures d’électricité augmentent, les projets sont annulés, des emplois sont supprimés et une pollution accrue met en danger la santé de nos familles et le climat », a-t-elle dénoncé.
Le rapport conclut que les émissions de dioxyde de carbone du secteur de l’électricité pourraient doubler d’ici 2035, dépassant le milliard de tonnes.
La hausse de la pollution atmosphérique due au fonctionnement plus intense de vieilles centrales au charbon et au gaz entraînera sur la même période jusqu’à 69.000 décès prématurés supplémentaires, prédit l’étude.
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