L’évaluation de l’empreinte environnementale des modèles d’intelligence artificielle (IA) générative est limitée en raison « du manque de transparence » des entreprises qui les conçoivent, pointe l’Autorité française de régulation des infrastructures numériques (Arcep) dans un rapport publié jeudi.
« Faute de transparence des acteurs, les impacts environnementaux de l’IA sont aujourd’hui encore peu évalués sur l’ensemble de la chaîne de valeur, ce qui limite la capacité à anticiper et maîtriser ces impacts », rappelle l’Arcep dans ce document qui synthétise les connaissances en la matière.
Les géants de la tech et les entreprises d’IA, principalement américains, entretiennent en effet l’opacité sur le fonctionnement de ces programmes, leurs conditions de fabrication et leur consommation énergétique.
Ce déficit d’informations est d’autant plus problématique que l’usage de cette technologie connaît un essor fulgurant.
Près de la moitié des Français (48%) ont ainsi déclaré avoir utilisé l’IA générative en 2025, une adoption plus rapide que celle d’internet ou du smartphone, selon le Baromètre du numérique publié en février.
Les impacts environnementaux de la phase d’utilisation des modèles d’IA — appelée phase d’inférence –, moins documentés, pourraient donc « devenir un enjeu significatif en raison de la croissance des usages », d’après l’Arcep.
Au coeur de cette problématique, les centres de données, qui fournissent les énormes capacités de calcul requises pour le développement de l’IA, continuent à voir leur consommation électrique progresser en France avec une hausse de 12% en 2024, selon une étude distincte du régulateur.
La majeure partie de cette augmentation provient des centres de données nouvellement mis en service, entre 2021 et 2023, et reflète le changement d’échelle des capacités informatiques des nouveaux centres, précise l’étude.
« Alors que les centres ouverts en 2023 présentaient déjà une capacité informatique moyenne de 9 MW par centre, contre 3 MW pour les centres déjà installés, ceux mis en service en 2024 atteignent désormais 20 MW en moyenne », souligne l’Arcep.
Les émissions de gaz à effet de serre associées ont, elles, bondi de 23% en 2024.
Le régulateur a ainsi formulé plusieurs recommandations auprès de la Commission européenne pour garantir « un développement de l’IA compatible avec les limites planétaires ».
Parmi celles-ci: l’imposition d’une plus grande transparence environnementale aux fabricants de puces et aux grands fournisseurs de modèles et de services d’IA, l’utilisation de méthodologies internationales standardisées pour l’évaluation de cet impact environnemental ou l’intégration de l’écoconception de ces services dans la régulation européenne des fournisseurs.
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