La vénérable enseigne de chaussures André, fondée en 1896, ne baisse pas pavillon en 2026: malgré l’érosion de ses effectifs et boutiques au fil des ans, et les vents contraires, la marque rachetée en janvier prépare une « future phase d’expansion ».
Ses escarpins, bottines et mocassins paradent en vitrine depuis 130 ans. Pourtant, la marque André, née à la fin du XIXe siècle à Nancy, a, comme beaucoup d’enseignes du prêt-à-porter, été durement été chahutée par la conjoncture ces dernières années.
D’abord par la pandémie de Covid qui a contraint les magasins à fermer, puis par la guerre en Ukraine qui a fait flamber les cours des matières premières, enfin par la féroce concurrence de la mode ultra-éphémère dont Shein est le symbole ainsi que celle de la seconde main avec Vinted en figure de proue.
En 1983, la marque fêtait l’ouverture de son 500e magasin, avec ce nouveau slogan: « André tout va bien ». Depuis, l’enseigne historique est passée de main en main et aujourd’hui, il ne lui reste que 7 magasins et 2 corners, qu’un homme d’affaires belge va tenter de faire prospérer dans un contexte macroéconomique difficile.
– « Conjoncture en berne » –
André, qui appartenait à l’ancien fleuron du textile français Vivarte, a d’abord été rachetée en 2018 par le site de vente en ligne Spartoo. Puis en 2020, alors en redressement judiciaire, par l’entreprise 1Monde9 de François Feijoo, lui-même ancien PDG de l’enseigne.
M. Feijoo dernier avait divisé le nombre de magasins par plus de deux, ne gardant qu’une cinquantaine de magasins sur les 180 points de vente d’alors, et 13 affiliés.
Le « chausseur sachant chausser » avait été repris en 2023, à la suite d’un deuxième redressement judiciaire.
C’est une société belge, Optakare, dirigée par l’homme d’affaires Karim Redjal, qui avait misé sur l’enseigne, et sauvegardé 119 contrats de travail (sur 250) et 21 boutiques (sur 50).
Mais en avril 2025, nouvelle cessation de paiements pour la société, « confrontée à une conjoncture (…) en berne » et un « poids des loyers en hausse », selon l’offre de reprise consultée alors par l’AFP.
– « Challenge ambitieux » –
Deux candidats avaient manifesté leur intérêt pour reprendre l’entreprise. D’une part, le groupe breton de mode Beaumanoir, propriétaire de Sarenza, qui avait déjà par le passé repris Naf Naf, Jennyfer ou encore La Halle.
Et d’autre part, M. Redjal lui-même.
Fin janvier, le tribunal des activités économiques (TAE) de Paris a tranché en faveur de ce dernier, qui s’est engagé à reprendre 43 employés, dont 33 CDI, ainsi que 7 boutiques et 2 corners, selon la décision obtenue par l’AFP et consultée jeudi.
Le tribunal a noté que M. Redjal lui avait présenté « un challenge industriel audacieux et ambitieux » et avait loué sa connaissance du secteur ainsi que son attachement à « la marque qu’il entend moderniser ».
M. Redjal « projette de se recentrer sur les surfaces commerciales les plus rentables afin d’accroître leur performance et préparer une future phase d’expansion », ont détaillé les juges.
L’homme d’affaires a en outre proposé « de financer l’activité sur ses fonds propres, ce qui constitue une nouvelle prise de risque faisant suite à des investissements très importants déjà consentis par M. Redjal », a reconnu le TAE.
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