Les industriels qui produisent des locomotives, des rames de train ou de tramway et des équipements ferroviaires anticipent une croissance du marché mondial de 3,2% par an d’ici 2031, a annoncé l’association européenne des constructeurs Unife mardi en ouverture du salon Innotrans à Berlin.
Cette prévision illustre le « moment spécial » que traverse l’industrie ferroviaire, a déclaré à la presse le président de l’Unife, Martin Sion, PDG du constructeur français Alstom.
Selon lui, après les trois grandes étapes qu’ont été la naissance du chemin de fer au début du 19e siècle en Grande-Bretagne, son électrification à la fin du 19e siècle en Allemagne, puis l’arrivée de la grande vitesse dans les années 60 au Japon et dans les années 80 en France, la « quatrième révolution » ne portera pas sur la vitesse.
Elle « va rendre le train plus intelligent » et rendre l’ensemble du système ferroviaire « plus efficace » a affirmé M. Sion lors d’une visite de presse de l’usine Alstom de Hennigsdorf lundi, à une vingtaine de kilomètres de Berlin.
Le constructeur s’est attaché à montrer à la presse ses dernières nouveautés, dont certaines sont déjà en exploitation commerciale, comme un train à batterie électrique d’une autonomie de 120 kilomètres, utilisé sur la ligne Leipzig-Chemnitz, dans l’ancienne Allemagne de l’Est, du même type que celui qui a été mis en test par la SNCF en région Sud et en région Occitanie cet été.
Il a également montré un train régional adapté aux grands froids et pouvant circuler dans 80 centimètres de neige destiné au réseau suédois, ainsi qu’un prototype de train entièrement téléguidable à distance, sans conducteur donc, destiné à permettre une manutention des trains plus facile à l’intérieur même des dépôts ferroviaires.
Ce train est issu de la flotte de la région de Munich qui se dit comme beaucoup d’autres confrontée à une raréfaction de la main d’oeuvre.
« Autour du monde, les défis sont différents, certains pays ont besoin de construire des infrastructures nouvelles », d’autres ont besoin de rendre plus efficaces « des infrastructures qui existent déjà », a détaillé M. Sion.
Selon l’Unife, le principal marché pour les trains reste la région Asie-Pacifique, avec une forte croissance attendue en Inde notamment, suivie par l’Europe de l’Ouest, mais les croissances les plus importantes sont enregistrées en Afrique et au Moyen-orient avec de grands projets annoncés, comme en Egypte, au Maroc ou en Arabie Saoudite.
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