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Les eurodéputés prêts à approuver une nouvelle génération d’OGM

Posté le par AFP

Plus résistantes à la sécheresse ou aux maladies, moins gourmandes en pesticides, mais dénoncées par les petits exploitants: le Parlement européen s’apprête à autoriser des plantes issues de nouvelles techniques génomiques (NGT) dans l’agriculture en Europe.

Les eurodéputés ont donné leur premier feu vert à cette nouvelle génération d’OGM lundi soir en commission, avant un vote en séance plénière mercredi à Strasbourg, où un bras de fer est attendu sur l’obtention des brevets.

Ces nouvelles techniques permettent de modifier le génome d’une plante, mais sans introduire d’ADN étranger, contrairement aux OGM de première génération.

Les semences obtenues par NGT sont donc bien des organismes génétiquement modifiés mais ne sont pas « transgéniques ».

Les plus gros syndicats agricoles soutiennent ardemment ces biotechnologies pour faire face aux pénuries d’eau ou aux maladies, mais les agriculteurs bio s’y opposent, ainsi que des représentants de plus petites exploitations.

Symbole de ces divergences au sein du monde agricole, le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats, a salué lundi soir le vote en commission, qui « libérera l’innovation en Europe pour les agriculteurs ».

Mais la Confédération paysanne, troisième syndicat français, va de son côté manifester contre cette loi mardi devant le Parlement européen. Elle appelle les eurodéputés à s’y opposer ou à adopter a minima des mesures sur la traçabilité des semences et contre la concentration des brevets chez les plus grands semenciers.

Le socialiste français Christophe Clergeau porte des amendements sur le sujet afin d’éviter que les plus « grands acteurs internationaux » monopolisent des brevets onéreux, avec « des coûts supplémentaires et une dépendance » pour les agriculteurs.

Hormis sur ce volet des brevets, il n’y a guère de suspense quant à l’issue du vote. Les NGT sont largement soutenues dans l’hémicycle, de la droite au centre, qui estime avoir obtenu des garanties sur les techniques autorisées.

– « au cas par cas » –

Le compromis scellé avec les Etats membres assouplit les règles actuelles pour une partie des NGT, dites de catégorie 1 qui, sous réserve d’un nombre limité de mutations, seront considérées comme équivalentes aux variétés conventionnelles.

Les NGT résistantes aux herbicides ou produisant des insecticides ne seront pas autorisées sur le marché, au nom de la durabilité. Et dans l’agriculture biologique, aucune NGT ne sera autorisée.

L’autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) s’était montrée favorable à l’approche de Bruxelles visant à autoriser une partie des NGT.

Plus prudente, l’agence sanitaire française, l’Anses, avait quant à elle préconisé dans un avis de 2024 une évaluation « au cas par cas » des « risques sanitaires et environnementaux » avant toute mise sur le marché.

Le débat sur ces biotechnologies est tendu en Europe, où cette technique « d’édition » génomique était jusqu’ici classée dans la catégorie des OGM, tous interdits à la culture, à l’exception du maïs Monsanto 810, cultivé sur de petites surfaces en Espagne et au Portugal.

Entre la phase de test des nouvelles variétés et leur commercialisation, il faudra plusieurs années avant que des aliments produits avec des NGT arrivent dans les assiettes des Européens.

Mais des organisations environnementales s’alarment de l’absence d’étiquetage sur les produits finaux, le moment venu.

Car selon le texte, la présence de NGT de catégorie 1 devra figurer sur les sacs de semences achetés par les agriculteurs, mais pas dans l’étiquetage sur les étals.

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »


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